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Discours aux chrétiens · Charles G. Finney

Discours 23

L'amour est toute la religion

L'amour ne fait point de mal au prochain : l'amour est donc l'accomplissement de la loi. (Romains 13,10)

En vous parlant à partir de ces paroles, je me propose : I. De faire quelques remarques sur la nature de l'amour.

II. De montrer que l'amour est toute la religion.

III. D'indiquer quelques choses qui ne sont pas indispensables à l'amour parfait.

IV. Quelques choses qui lui sont indispensables.

V. Quelques-uns des effets de l'amour parfait.

I. Je dois faire quelques remarques sur la nature de l'amour.

1. La première remarque que j'ai à faire, c'est que l'amour peut exister sous diverses formes.

Les deux formes principales, pour ce qui concerne la religion, sont la bienveillance et la complaisance. La bienveillance est une affection de l'esprit, ou un acte de la volonté. C'est vouloir le bien de son objet, ou désirer faire son bonheur. La complaisance est l'estime, ou l'approbation du caractère de son objet. La bienveillance doit s'exercer envers tous les êtres, quel que soit leur caractère moral. La complaisance n'est due qu'à ceux qui sont bons et saints.

2. L'amour peut exister soit comme une affection, soit comme une émotion.

Quand l'amour est une affection, il est volontaire, c'est-à-dire qu'il consiste dans l'acte de la volonté. Quand il est une émotion, il est involontaire. Ce que nous appelons sentiments, ou émotions, est involontaire. Ils ne dépendent pas directement de la volonté, et un acte direct de la volonté ne les commande pas. La vertu de l'amour se trouve surtout dans l'amour sous la forme d'une affection. Le bonheur de l'amour se trouve surtout dans l'amour sous la forme d'une émotion. Si l'affection d'amour est très forte, elle produit un haut degré de bonheur ; mais l'émotion du saint amour est le bonheur même.

J'ai dit que l'émotion de l'amour est involontaire. Je ne veux pas dire que la volonté n'y est pour rien, mais qu'elle n'est pas le résultat d'un simple acte, d'un acte direct de la volonté. Personne ne peut éprouver l'émotion de l'amour simplement en la voulant. Et l'émotion peut souvent exister en dépit de la volonté. Il arrive souvent qu'on sente s'élever dans son esprit des émotions qu'on sait mauvaises ; on essaie de les chasser par un effort direct de la volonté, on n'y parvient pas, et l'on en conclut qu'on n'a aucun pouvoir sur ces émotions. Mais la volonté peut toujours les gouverner d'une manière indirecte. L'esprit peut faire naître toute sorte d'émotions, celles qu'il veut, en dirigeant suffisamment son attention vers l'objet qui convient. Elles ne manqueront pas de s'élever à mesure que l'attention s'y fixe, pourvu que la volonté soit droite à l'égard de l'objet considéré. Il en va de même des émotions mauvaises ou pénibles : l'esprit peut s'en débarrasser en détournant entièrement son attention de l'objet, et en ne permettant pas à ses pensées de s'y arrêter.

3. D'ordinaire, nous éprouvons des émotions d'amour envers Dieu quand nous exerçons envers lui l'amour sous la forme de l'affection.

Mais ce n'est pas toujours le cas. Nous pouvons vouloir du bien à un objet quelconque, et cependant ne ressentir par moments aucune émotion d'amour sensible. Il n'est pas certain que le Seigneur Jésus-Christ lui-même ait exercé l'amour envers Dieu, sous la forme de l'émotion, en tout temps. Pour autant que nous connaissons la nature de l'esprit, nous savons qu'une personne peut exercer une affection, se laisser guider et gouverner par elle constamment, dans toutes ses actions, sans éprouver sur le moment aucune émotion d'amour envers son objet. Ainsi un mari et père de famille peut être occupé à travailler pour le bien de sa famille, et sa vie même être gouvernée par l'affection qu'il lui porte, tandis que ses pensées ne sont pas assez occupées d'elle pour qu'il éprouve sur le moment une émotion d'amour sensible à son égard. Les choses dont il s'occupe peuvent tant absorber son esprit qu'il pense à peine aux siens, si bien qu'il n'éprouve peut-être aucune émotion sensible envers eux ; et pourtant il est sans cesse guidé et gouverné par l'affection qu'il leur porte. Remarquez ici que j'emploie le mot « affection » dans le sens du président Edwards, tel qu'il l'explique dans son célèbre Traité de la volonté. Dans ce traité, une affection est un acte de la volonté, une volition.

4. L'amour du prochain suppose naturellement l'existence de l'amour de Dieu, et l'amour de Dieu suppose naturellement l'amour du prochain.

La même chose est déclarée au verset 8 : « Ne devez rien à personne, si ce n'est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements : Tu ne commettras point d'adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne porteras point de faux témoignage, tu ne convoiteras point, et ceux qu'il peut encore y avoir, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » On tient ici pour acquis que l'amour du prochain suppose l'existence de l'amour de Dieu ; autrement on ne pourrait pas dire que « celui qui aime les autres a accompli la loi ». L'apôtre Jacques reconnaît le même principe quand il dit : « Si vous accomplissez la loi royale, selon l'Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. » L'amour du prochain y est présenté comme constituant l'obéissance à la loi tout entière. La bienveillance, c'est-à-dire le bien que l'on veut au prochain, suppose naturellement l'amour de Dieu. C'est l'amour du bonheur des êtres. De même, l'amour de complaisance envers les êtres saints suppose naturellement l'amour de Dieu, l'être d'une sainteté infinie.

II. Je dois montrer que l'amour est toute la religion.

En d'autres termes, tout ce que Dieu demande à l'homme consiste dans l'amour, sous ses diverses formes et dans ses divers fruits. L'amour est la somme de tout.

1. La première preuve que j'en donnerai, c'est que cette pensée est enseignée dans le texte et dans beaucoup d'autres passages de l'Écriture.

Les Écritures enseignent pleinement que l'amour est la somme de toutes les exigences, celles de la loi comme celles de l'Évangile. Notre Sauveur déclare que le grand commandement : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force, et ton prochain comme toi-même, est la somme de toute la loi et des prophètes ; autrement dit, qu'il suppose et renferme tout ce qu'exigent les Écritures entières, la loi et l'Évangile.

2. Dieu est amour ; aimer, c'est être semblable à Dieu, et être parfait dans l'amour, c'est être parfait comme Dieu est parfait.

Tous les attributs moraux de Dieu consistent dans l'amour, agissant dans certaines circonstances et en vue de certaines fins. La justice de Dieu qui punit les méchants, sa colère contre le péché, et le reste, ne sont que des manifestations de son amour pour le bonheur général de son royaume. Il en est de même chez l'homme. Tout ce qu'il y a de bon chez l'homme est une forme de l'amour. La haine du péché n'est que l'amour de la vertu, qui se manifeste en s'opposant à tout ce qui s'oppose à la vertu. De même, la vraie foi suppose et renferme l'amour ; et la foi où il n'y a pas d'amour, ou qui n'est pas agissante par l'amour, ne fait aucunement partie de la religion. La foi qui appartient à la religion est une confiance affectueuse en Dieu. Il existe une sorte de foi en Dieu où il n'y a pas d'amour. Le diable a cette sorte de foi. Le pécheur convaincu de péché l'a aussi. Mais il n'y a là aucune religion. La foi pourrait s'élever jusqu'à la foi qui fait des miracles, et pourtant, s'il n'y a pas d'amour en elle, elle ne vaut rien. L'apôtre Paul, au chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens, dit : « Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. »

Il en est exactement de même de la repentance. La repentance qui ne renferme pas l'amour n'est pas « la repentance envers Dieu ». La vraie repentance suppose l'obéissance à la loi d'amour, et par conséquent l'opposition au péché.

III. Je mentionnerai quelques choses qui ne sont pas indispensables à l'amour parfait.

1. Le plus haut degré d'émotion n'est pas indispensable à l'amour parfait.

Il est manifeste que le Seigneur Jésus-Christ a très rarement éprouvé le plus haut degré d'émotion d'amour, et pourtant il a toujours eu un amour parfait. Il manifestait en général très peu d'émotion, ou d'exaltation. L'exaltation est toujours proportionnée à la force des émotions, puisqu'elle consiste en elles. Le Sauveur paraissait en général remarquablement calme. Parfois son indignation était forte, ou sa tristesse devant la dureté du cœur des hommes ; et parfois nous lisons qu'il tressaillit de joie en son esprit. Mais il était d'ordinaire calme, et ne manifestait aucun haut degré d'émotion. Il n'est donc évidemment pas indispensable à l'amour parfait que l'émotion de l'amour existe à un haut degré.

2. L'amour parfait n'exclut pas l'idée d'un accroissement de l'amour ou d'une croissance dans la grâce.

Je suppose que la croissance de l'esprit dans la connaissance, durant toute l'éternité, entraîne naturellement une croissance dans l'amour durant toute l'éternité. Le Seigneur Jésus-Christ, dans sa nature humaine, croissait en stature, et en grâce devant Dieu et devant les hommes. Sans aucun doute, enfant, il croissait en connaissance, et à mesure qu'il croissait en connaissance, il croissait en amour envers Dieu, aussi bien qu'en grâce devant Dieu. Son amour était parfait quand il était enfant, mais il était plus grand quand il fut devenu homme. En tant qu'être humain, il a probablement continué à croître en amour pour Dieu aussi longtemps qu'il a vécu. D'après la nature de l'esprit, nous voyons qu'il peut en être ainsi de tous les saints dans la gloire : leur amour augmentera durant toute l'éternité, et pourtant ce sera toujours un amour parfait.

3. Il n'est pas indispensable à l'amour parfait que l'amour s'exerce toujours également envers tous les individus.

Nous ne pouvons pas penser à tous les individus à la fois. Vous ne pouvez même pas penser à la fois à chacune des personnes que vous connaissez. Le degré d'amour envers un individu dépend du fait que cet individu est présent à la pensée.

4. Il n'est pas indispensable à l'amour parfait qu'on ait le même degré d'esprit de prière pour chaque individu, ou pour le même individu en tout temps.

L'esprit de prière n'est pas toujours indispensable à un amour pur et parfait. Les saints dans le ciel ont un amour pur et parfait pour tous les êtres, et pourtant nous ne savons pas qu'ils aient l'esprit de prière pour qui que ce soit. Vous pouvez aimer quelqu'un d'un amour très fort, et pourtant ne pas avoir l'esprit de prière pour lui. C'est-à-dire que l'Esprit de Dieu peut ne pas vous porter à prier pour son salut. Vous ne priez pas pour les méchants qui sont en enfer. L'esprit de prière dépend des influences du Saint-Esprit, qui porte l'âme à prier pour des choses conformes à la volonté de Dieu. Vous ne pouvez pas prier par l'Esprit, avec le même degré de ferveur et de foi, pour tout le genre humain. Jésus-Christ a dit expressément qu'il ne priait pas pour tout le genre humain : « Je ne prie pas pour le monde. » On s'est grandement trompé à ce sujet, au sujet de l'esprit de prière. Certains supposent que les chrétiens n'ont pas fait tout leur devoir tant qu'ils n'ont pas prié avec foi pour chaque individu, aussi longtemps qu'il reste un pécheur sur la terre. Alors Jésus-Christ n'a jamais fait tout son devoir, car il ne l'a jamais fait. Dieu ne nous a jamais dit qu'il sauvera tout le genre humain, et ne nous a jamais donné aucune raison de croire qu'il le fera. Comment donc pouvons-nous prier avec foi pour le salut de tous ? Sur quoi cette foi s'appuierait-elle ?

5. L'amour parfait n'est pas incompatible avec ces sentiments de langueur ou de faiblesse physique qui sont la conséquence nécessaire de l'épuisement ou de la maladie.

Nous sommes ainsi faits que l'exaltation épuise naturellement et nécessairement nos forces. Mais l'amour peut néanmoins être parfait. On peut se sentir plus disposé à se coucher et à dormir qu'à prier, et pourtant avoir un amour parfait. Le Seigneur Jésus-Christ a souvent éprouvé cette lassitude et cet épuisement, alors que l'esprit était toujours bien disposé, mais que la chair était faible.

IV. Ce qui est indispensable à l'amour parfait.

1. Il suppose qu'il n'y ait rien dans l'esprit qui soit incompatible avec l'amour.

Point de haine, de malice, de colère, d'envie, ni d'aucune autre émotion malveillante incompatible avec un amour pur et parfait.

2. Qu'il n'y ait rien dans la vie qui soit incompatible avec l'amour.

Que toutes les actions, les paroles et les pensées soient continuellement sous l'empire entier et parfait de l'amour.

3. Que l'amour pour Dieu soit suprême.

L'amour pour Dieu est complètement suprême, et tellement au-dessus de tous les autres objets que rien d'autre n'est aimé en comparaison de Dieu.

4. Que l'amour pour Dieu soit désintéressé.

Dieu est aimé pour ce qu'il est ; non pour ce qu'il est par rapport à nous, mais pour l'excellence de son caractère.

5. Que l'amour du prochain soit égal, c'est-à-dire que nous accordions à son intérêt et à son bonheur la même valeur qu'aux nôtres, et que nous le traitions, lui et ses intérêts, en conséquence.

V. Je dois mentionner quelques-uns des effets de l'amour parfait.

1. L'un des effets de l'amour parfait envers Dieu et envers les hommes sera certainement de trouver ses délices dans le renoncement à soi-même, pour faire avancer les intérêts du royaume de Dieu et le salut des pécheurs.

Voyez des parents affectueux, comme ils trouvent leurs délices à se renoncer eux-mêmes pour faire le bonheur de leurs enfants. Voici un père ; il se livre à un travail épuisant, jour après jour, d'année en année, durant toute une longue vie, se levant de bonne heure et mangeant continuellement le pain de l'inquiétude, pour assurer le bien-être de sa famille. Et tout ce renoncement, tout ce labeur, il ne les compte pas comme un chagrin ou un fardeau, mais comme une joie, à cause de l'amour qu'il porte à sa famille.

Voyez cette mère ; elle souhaite faire instruire son fils au collège. Et maintenant, au lieu de trouver pénible de veiller tard et de travailler sans relâche pour l'aider, elle y trouve sa joie. C'est qu'elle aime vraiment son fils. De tels parents ont plus de joie à faire des dons à leurs enfants qu'ils n'en auraient à jouir eux-mêmes des mêmes choses. Quel père ne savoure pas mieux un fruit en le donnant à son petit enfant qu'en le mangeant lui-même ? Le Seigneur Jésus-Christ a goûté une satisfaction plus solide à accomplir le salut des hommes qu'aucun de ses saints ne pourra jamais en goûter à recevoir de sa main des faveurs. Il a attesté qu'il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. C'était là la joie qui lui était réservée, en vue de laquelle il a souffert la croix et méprisé l'ignominie. Son amour pour les hommes était si grand qu'il l'a pressé d'entreprendre cette œuvre, et l'a soutenu triomphalement jusqu'au bout. L'apôtre Paul ne comptait pas comme un chagrin et une épreuve d'être pourchassé de lieu en lieu, emprisonné, battu de verges, lapidé, et regardé comme le rebut de tous, pour répandre l'Évangile et sauver des âmes. C'était sa joie. L'amour de Christ le pressait tellement, il avait un tel désir de faire le bien, que sa plus grande joie était de se coucher sur cet autel en sacrifice pour la cause. D'autres ont eu les mêmes sentiments que l'apôtre. On en a connu qui auraient volontiers vécu mille ans, ou jusqu'à la fin des temps, s'ils pouvaient être employés à faire le bien, à faire avancer le royaume de Dieu et à sauver les âmes des hommes, et qui renonçaient volontiers même au sommeil et à la nourriture pour le bien de ceux qu'ils aimaient si profondément.

2. Il délivre l'âme de la puissance des motifs légaux.

L'amour parfait amène une personne à obéir à Dieu, non parce qu'elle craint la colère de Dieu, ou qu'elle espère être récompensée pour avoir fait ceci ou cela, mais parce qu'elle aime Dieu et qu'elle aime faire la volonté de Dieu. Il y a deux extrêmes sur ce sujet. Les uns font consister la vertu à faire ce qui est bien, simplement parce que c'est bien, sans aucun rapport avec la volonté de Dieu, et sans aucune influence venant de Dieu. Les autres font consister la vertu à agir par amour pour la tâche elle-même, mais sans égard à l'autorité de Dieu comme Souverain et Législateur. Les uns et les autres sont dans l'erreur. Faire une chose simplement parce qu'on la juge bonne, et non par amour pour Dieu, ce n'est pas la vertu. Ce n'est pas non plus la vertu que de faire une chose parce qu'on aime la faire, sans égard à la volonté de Dieu. Une femme pourrait faire certaines choses parce qu'elle sait qu'elles plairont à son mari ; mais si elle faisait la même chose simplement parce qu'elle aime la faire, et sans égard à son mari, ce ne serait pas une vertu en ce qui concerne son mari. Si quelqu'un aime Dieu, dès qu'il sait quelle est la volonté de Dieu, il la fera parce que c'est la volonté de Dieu. L'amour parfait conduira à une obéissance universelle, à faire en toutes choses la volonté de Dieu, parce que c'est la volonté de Dieu.

3. Celui qui exerce l'amour parfait sera mort au monde.

J'entends par là qu'il sera détaché de l'influence des considérations mondaines. L'amour parfait anéantira tellement l'égoïsme qu'il n'aura d'autre volonté que la volonté de Dieu, et d'autre intérêt que la gloire de Dieu. Il ne se laissera pas influencer par l'opinion publique, ni par ce que tel ou tel dira ou pensera. Voyez cette femme ! Que ne ferait-elle pas, par affection naturelle pour son mari ? Elle est prête à rompre avec tous ses amis, comme si elle était morte pour eux, à ne pas faire le moindre cas de ce qu'ils disent, et à laisser toutes les richesses, les honneurs et les plaisirs qu'ils peuvent lui offrir, pour s'unir à celui qu'elle aime et vivre avec lui dans la pauvreté, dans la disgrâce et en exil. Son affection est si grande qu'elle le fait avec joie, et qu'elle est prête à passer d'un palais à n'importe quelle chaumière ou caverne de la terre, et à y être parfaitement heureuse. Et tout ce que ses amis peuvent dire contre l'homme qu'elle aime n'a pas la moindre influence sur son esprit, sinon de la faire s'attacher plus étroitement à lui. Cette unique affection, qui absorbe tout, a véritablement tué toutes les influences qui agissaient autrefois sur elle. Il est vain d'essayer de l'influencer par de telles choses. Il n'y a qu'une seule voie d'accès à son esprit, une seule sorte de motifs qui la fassent agir, et elle passe par l'objet de son affection.

Pour ce qui est de la nature de l'esprit, l'amour parfait pour Dieu agit de la même manière. L'esprit rempli d'amour parfait, il est impossible de le détourner de Dieu tant que cet amour reste en exercice. Ôtez à cet homme ses biens de ce monde, ses amis, sa réputation, ses enfants ; envoyez-le en prison, frappez-le de verges, attachez-le au poteau, couvrez-lui le corps d'éclats de pin résineux et mettez-y le feu ; laissez-lui ensuite son Dieu, et il est heureux. Sa forte affection peut le rendre insensible à tout le reste. Il est comme mort à tout le monde, sauf à son Dieu. On a connu des cas de martyrs qui, tandis que leur corps grillait sur le bûcher, étaient si parfaitement heureux en Dieu qu'ils en perdaient le sentiment de la douleur. Mettez un tel homme en enfer, dans l'étang de feu et de soufre : aussi longtemps qu'il jouit de Dieu et que l'amour de Dieu remplit son âme, il est heureux.

Qui n'a pas vu, ou entendu raconter, des cas d'affection approchant de ce que je viens de décrire, où une personne est réellement morte à toute autre chose et ne vit que pour l'objet aimé ? Que de fois voyez-vous des parents passionnés, qui vivent pour un enfant unique, et qui, quand cet enfant meurt, souhaitent mourir eux-mêmes ! Parfois un mari et une femme ont l'un pour l'autre une affection si absorbante qu'ils ne vivent pour rien d'autre ; et si le mari meurt, la femme dépérit et meurt aussi. L'objet qui absorbait son âme, celui pour qui elle vivait, n'est plus : pourquoi vivrait-elle plus longtemps ? De même, quand un homme est rempli de l'amour parfait de Dieu, il ne souhaite vivre que pour aimer et servir Dieu ; il est mort au monde, mort à sa propre réputation, et n'a aucun désir de vivre pour une autre raison, ici-bas, au ciel ou n'importe où ailleurs dans l'univers, que pour glorifier Dieu. Il est prêt à vivre, ici ou n'importe où ailleurs, et à souffrir et à travailler mille ans, ou durant toute l'éternité, si cela doit glorifier Dieu.

Je me souviens d'avoir souvent entendu un ami dire : « Je ne crois pas avoir une seule pensée de vivre un seul instant dans un autre but que de glorifier Dieu, pas plus que je ne penserais à sauter tout droit en enfer. » Il le disait sobrement et de propos délibéré, et toute la vie de cet homme répondait à cette déclaration. Il était intelligent, d'esprit pondéré, honnête, et je ne doute pas qu'il exprimait ce qui était depuis des années la conviction la plus entière de son esprit. Qu'était-ce là, sinon l'amour parfait ? Que fait de plus un ange dans le ciel ? Son amour peut être plus grand en degré, parce que sa force est plus grande. Mais le plus élevé des anges ne pourrait pas aimer plus parfaitement qu'en pouvant dire en toute sincérité : « J'aurais aussi vite l'idée de sauter en enfer que celle de vivre un seul instant dans un autre but que de glorifier Dieu. » Qu'est-ce que Jésus-Christ lui-même pourrait dire de plus ?

4. Il n'est guère besoin de dire qu'une joie et une paix parfaites sont les fruits naturels de l'amour parfait.

Mais je veux ici attirer votre attention sur ce que dit l'apôtre au chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens, en parlant de la charité, c'est-à-dire de l'amour. Vous remarquerez que le mot traduit ici par « charité » est le même qui, ailleurs, est rendu par « amour ». Il signifie l'amour. « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. » Un homme pourrait avoir même la foi qui fait des miracles, assez forte pour arracher les montagnes à leurs fondements éternels, et pourtant n'avoir pas d'amour. « Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. » Vous voyez jusqu'où l'apôtre suppose qu'un homme peut aller sans amour. « La charité est patiente. » La patience, c'est la douceur devant l'opposition ou l'offense. C'est l'un des effets de l'amour : supporter de grandes provocations sans user de représailles ni rendre injure pour injure. L'amour est « plein de bonté », c'est-à-dire affectueux dans toutes ses relations avec les autres, jamais dur ni grossier, ne causant jamais de peine sans nécessité à personne. L'amour « n'est point envieux » : il ne prend jamais personne en grippe parce qu'on fait plus de cas de lui ou qu'on le remarque davantage, parce qu'il est plus honoré ou plus utile, ou qu'il fait de plus grands progrès dans la connaissance, le bonheur ou la piété. Il « ne s'enfle point d'orgueil », mais il est toujours humble et modeste. Il « ne fait rien de malhonnête », mais produit naturellement une conduite agréable et courtoise envers tous. Si peu habitué que soit aux usages du monde l'homme animé d'un amour parfait, il fait toujours bonne figure : il lui est naturel d'être si bon, si doux et si courtois. Il « ne cherche point son intérêt », c'est-à-dire qu'il n'a aucun égoïsme. Il « ne s'irrite point ». C'est toujours l'effet de l'amour. Voyez cette mère, avec quelle patience elle supporte ses enfants, parce qu'elle les aime. Si vous voyez quelqu'un de susceptible ou de revêche, qui s'emporte facilement quand quelque chose va de travers, il n'est nullement parfait dans l'amour, s'il a même de l'amour. S'irriter facilement est toujours un signe d'orgueil. Si quelqu'un est plein d'amour, il est impossible de lui faire éprouver une colère coupable tant que cet amour dure. Il éprouve une indignation semblable à celle de Dieu et à celle des saints anges devant ce qui est bas et mauvais, mais il ne s'en irritera pas. Il « ne soupçonne point le mal ». Montrez-moi un homme qui suspecte toujours les intentions des autres, et qui donne sans cesse la pire interprétation aux paroles et aux actions de ses semblables, et je vous montrerai un homme qui a en lui le diable, et non le Saint-Esprit. Il a dans son propre cœur ce qui le fait penser du mal des autres. Si quelqu'un est lui-même honnête et simple de cœur, il sera le dernier à penser du mal des autres. Il ne sera pas toujours à flairer l'hérésie ou la malice chez les autres. Au contraire, de telles personnes sont souvent exposées à être dupées par des gens habiles, non par manque de bon sens, mais par l'effet de l'amour. Elles ne soupçonnent pas le mal là où les dehors paraissent honnêtes, ni sans les preuves les plus fortes. L'amour « ne se réjouit point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité ». Voyez un homme qui triomphe de la chute de son prochain, ou qui s'écrie : « Je vous l'avais bien dit ! » ; eh bien, je vous le dis, cet homme est bien loin d'être parfait dans l'amour. Il « excuse tout », toutes les provocations et les offenses, sans vengeance. Il « croit tout » : au lieu d'être difficile à convaincre de ce qui est à l'avantage des autres, il est toujours prêt à croire le bien partout où il en existe le moindre indice. Il « espère tout » : même là où il y a lieu de soupçonner le mal, tant qu'il reste place pour l'espérance, il donne à la chose la meilleure interprétation qu'elle puisse supporter. Quand vous voyez quelqu'un qui n'a pas cet esprit, soyez assurés qu'il n'est nullement sincère dans l'amour. Que dis-je ? il n'a pas d'amour du tout.

Je pourrais poursuivre plus loin ce raisonnement, mais je n'en ai pas le temps. « L'amour ne fait point de mal au prochain. » Remarquez-le : aucun mal ! L'amour parfait ne trompe jamais, ne fraude jamais, n'opprime jamais, ne fait jamais aucun mal au prochain. Un homme sous l'influence de l'amour parfait vendrait-il du rhum à son prochain ? Jamais. Un homme qui aimerait Dieu de tout son cœur, parfaitement, tiendrait-il son prochain en esclavage ? L'amour ne fait point de mal au prochain ; l'esclavage lui refuse le salaire qu'il a gagné, peut-être le vend, l'arrache à sa famille, le prive de la Bible, et s'efforce autant que possible d'en faire une brute. Il ne peut y avoir de plus grand mensonge et de plus grande hypocrisie que, pour un homme qui fait cela, de prétendre aimer Dieu, maintenant que la lumière a été faite sur ce sujet et que l'attention des hommes s'est portée sur lui. Un homme haïra-t-il sa propre chair ? Comment celui qui hait son prochain ou lui fait du tort peut-il aimer Dieu ?

Je voulais faire une remarque sur un autre effet de l'amour parfait. Il se montre invariablement par de grands efforts pour la sanctification de l'Église et le salut des âmes. Quand une personne est négligente ou en défaut sur l'un ou l'autre de ces points, elle n'est nullement parfaite dans l'amour, quelles que soient ses prétentions.

REMARQUES.

I. Vous voyez pourquoi est vrai ce que dit l'apôtre Jacques : « Si quelqu'un croit être religieux, sans tenir sa langue en bride, mais en trompant son cœur, la religion de cet homme est vaine. »

L'homme qui fait profession d'être religieux, et qui se permet pourtant de parler contre son prochain d'une langue sans bride, de lui nuire, se trompe lui-même s'il pense aimer son prochain comme lui-même. Étrange amour !

II. Il peut y avoir beaucoup de lumière dans l'esprit au sujet de la religion, sans amour.

Vous voyez souvent des gens qui comprennent beaucoup de choses, intellectuellement, sur la religion, et qui savent les exposer aux autres, alors qu'il est évident qu'ils ne sont pas animés de l'esprit d'amour. Ils n'ont pas sur les lèvres la loi de la bonté.

III. Les gens qui ont beaucoup de connaissance religieuse et de zèle, sans amour, sont les personnes les moins aimables et les plus dangereuses.

Ils sont toujours censeurs, orgueilleux, emportés, enflés d'orgueil. Ils peuvent faire une forte impression, mais ils ne produisent pas la vraie religion. Ils ont pour vous du zèle, mais ce zèle n'est pas pur.

IV. La direction que prend le zèle d'un homme déterminera le caractère de sa religion.

Elle montrera si la lumière de son esprit est accompagnée d'amour. Si elle l'est, son zèle n'aura pas un caractère sectaire. Montrez-moi un homme plein de jalousie envers tous ceux qui n'appartiennent pas à sa secte ou à son parti, et voilà un homme bien loin de l'amour parfait.

Le véritable amour n'est jamais accusateur ni dur. S'il a l'oc- casion de parler des fautes des autres, il le fait avec bonté et avec tristesse. L'amour parfait ne peut pas parler d'une manière rude ou injurieuse, ni aux autres, ni des autres. Il n'attachera pas une grande importance aux simples accessoires de la religion, et ne sera pas pointilleux sur telle ou telle méthode ou forme. Beaucoup lutteront âprement pour ou contre certaines choses, par exemple pour ou contre les mesures nouvelles ; mais s'ils étaient pleins d'amour, ils ne le feraient pas. Le zèle que gouverne l'amour parfait ne se dépensera pas à lutter pour ou contre des formes en religion, et ne s'en prendra pas aux erreurs et aux maux secondaires. L'amour porte à mettre l'accent sur l'essentiel de la religion. Il s'attache aux chrétiens au cœur chaud, de quelque dénomination qu'ils soient ; il les aime et se plaît dans leur compagnie.

Ce zèle n'est jamais querelleur, ni porté à la controverse. Trouvez un homme qui aime assister aux assemblées ecclésiastiques et qui se jette dans toutes les chamailleries du jour : cet homme n'est pas plein d'amour. Pour une âme remplie d'un saint amour, il est extrêmement pénible d'aller à de telles assemblées et de voir des pasteurs se diviser en partis, manœuvrer, tenir des conciliabules, chicaner comme des avocats de bas étage, et lutter pour avoir le dessus. Trouvez quelqu'un qui aime la controverse dans les journaux : il n'est pas plein d'amour. S'il l'était, il aimerait mieux être maltraité, injurié et calomnié, en personne ou dans les journaux, que de se détourner pour se défendre ou pour répondre. Il ne rendrait jamais injure pour injure, mais au contraire il bénirait. Et autant que possible, il serait en paix avec tous les hommes.

V. Combien de ce qu'on appelle religion est sans amour !

Combien de ce qui passe pour œuvres de religion est imposé par des causes et des influences extérieures, et non par la puissance intérieure de l'amour ! On devrait mieux comprendre qu'on ne le fait que, si l'amour n'en est pas le ressort principal, quelle que soit l'action extérieure, prière, louange, don ou quoi que ce soit d'autre, il n'y a là aucune religion.

Combien d'agitation qui passe pour de la religion est sans amour ! Combien de zèle sans aucune religion ! Voyez cet homme toujours plein d'un zèle amer, et qui, si on l'en reprend, se réfugie derrière l'exemple de Paul quand il a dit : « Fils du diable ! » S'il était sous l'influence de l'amour parfait, il verrait que sa situation est si différente qu'elle ne justifie pas un tel esprit.

VI. Les agitations religieuses qui ne consistent pas dans l'esprit d'amour ne sont pas des réveils religieux.

L'Église peut être très agitée, s'affairer avec une grande démonstration de zèle et un bruit tapageur, sans aucune tendresse d'esprit. Ceux qui vont de maison en maison peuvent montrer un esprit d'insolence et de grossièreté, et chercher querelle à chaque famille qu'ils visitent. J'ai connu un jeune homme qui reconnaissait chercher à mettre les gens en colère, et la raison qu'il en donnait, c'est que cela les amenait souvent à être convaincus de péché, et aboutissait ainsi à leur conversion. Et cela pourrait arriver aussi s'il entrait chez eux et proférait en leur présence d'horribles blasphèmes, jusqu'à ce que, effrayés, ils en viennent à considérer leur propre caractère. Mais qui défendrait une telle conduite sous prétexte qu'elle a de temps en temps ce résultat ? Et si tel est le caractère de l'agitation, ce peut être un réveil de la colère, de la malice et de toute absence de charité, mais ce n'est pas un réveil de la religion. Je ne veux pas dire que, lorsque quelques-uns, ou beaucoup, sont remplis de colère, ce soit une preuve certaine qu'il n'y a pas de réveil religieux ; mais que, lorsque l'agitation a ce caractère dominant, ce n'est pas un vrai réveil religieux. Quelques-uns, parmi eux, peuvent avoir l'esprit d'amour ; mais assurément ceux qui sont remplis d'un zèle amer et querelleur ne sont pas vraiment religieux. La religion peut se réveiller chez quelques personnes, mais dans l'ensemble, en pareil cas, c'est un réveil de l'irréligion.

VII. Quand des gens font profession d'être convertis, si l'amour n'est pas le trait dominant de leur caractère, ils ne sont pas vraiment convertis.

Quelque bonne figure qu'ils fassent à d'autres égards, si claires que soient leurs vues et si profonds leurs sentiments, s'ils n'ont pas l'esprit d'amour envers Dieu et envers les hommes, ils se trompent. Qu'on ne se fie à aucun de ces convertis-là.

VIII. Voyez ce que sera le monde quand les hommes seront universellement animés d'un esprit d'amour.

Nous apprenons que le temps viendra où il ne se fera plus ni tort ni dommage, et où l'esprit d'amour régnera universellement. Quel changement dans la société ! Quel changement dans toutes les manières de faire des affaires, et dans toutes les relations entre les hommes, quand chacun aimera son prochain comme lui-même, et cherchera le bien des autres comme le sien ! Si l'un des saints d'aujourd'hui pouvait revenir sur la terre à cette époque, il ne reconnaîtrait pas le monde où il a vécu, tant toutes choses seraient changées. « Est-il possible, s'écrierait-il, que ce soit là la terre, cette même terre qui était autrefois si pleine de querelles, d'oppression et de fraude ? »

IX. Ce à quoi le Seigneur Jésus-Christ s'applique de toutes ses forces, c'est d'amener tous les hommes sous l'influence de l'amour.

N'est-ce pas un but digne de lui ? Il est venu pour détruire les œuvres du diable ; et voilà le moyen de le faire. Supposez que le monde soit rempli d'hommes tels que Jésus-Christ l'était dans sa nature humaine, et comparez-le avec ce qu'il est aujourd'hui. Un tel changement ne serait-il pas digne du Fils de Dieu ? Quel but glorieux : remplir la terre d'amour !

X. Il est facile de voir ce qui fait le ciel.

C'est l'amour, l'amour parfait. Et il est facile de voir ce qui fait que le ciel commence sur la terre chez ceux qui sont pleins d'amour. Quelle douceur de caractère ! Quels délicieux compagnons ! Quel bonheur de vivre près d'eux ! si pleins de franchise, si bons, si doux, si attentifs à ne blesser personne, si divinement aimables en toutes choses !

Et peut-on atteindre cela ? Pouvons-nous, dans ce monde, aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force et de toute notre pensée ? Est-ce notre privilège et notre devoir de posséder l'Esprit de Christ, et allons-nous montrer l'esprit du diable ? Bien-aimés, que nos cœurs soient fixés sur l'amour parfait, et ne laissons à Dieu aucun repos jusqu'à ce que nous sentions nos cœurs pleins d'amour, et que toutes nos pensées et toute notre vie soient pleines d'amour pour Dieu et d'amour pour les hommes. Oh ! quand l'Église s'élèvera-t-elle jusque-là ? Que seulement l'Église soit pleine d'amour, et elle sera belle comme la lune, pure comme le soleil, et terrible à toute méchanceté, dans les hauts lieux comme dans les bas lieux, comme des troupes sous leurs bannières.

Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), première en français. Source : Lectures to Professing Christians, Revell, 1878 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).

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