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Discours aux chrétiens · Charles G. Finney

Discours 20

La perfection chrétienne (second discours)

Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5,48)

En parlant précédemment sur ces paroles, j'ai suivi l'ordre que voici. 1. J'ai montré ce qu'implique le fait d'être parfait. 2. Ce qu'est la perfection chrétienne. 3. Que c'est un devoir. 4. Qu'on peut y parvenir dans cette vie. 5. J'ai répondu à quelques objections, puis j'ai donné quelques raisons pour lesquelles tant de gens ne sont pas parfaits. Ce soir, mon but est d'indiquer d'autres causes encore qui empêchent la grande masse des chrétiens de parvenir à une sanctification parfaite. C'est un fait, nous le savons : l'Église n'est pas sanctifiée, et nous devrions en connaître les raisons. Si le défaut est en Dieu, nous devrions le savoir. S'il n'a pas donné une révélation suffisante, ou si la puissance du Saint-Esprit ne suffit pas à sanctifier son peuple dans ce monde, nous devrions le comprendre, afin de ne pas nous tourmenter en efforts inutiles pour atteindre ce qui est hors d'atteinte. Et si la faute est en nous, nous devrions le savoir, et il faudrait en comprendre les vraies raisons, de peur d'en venir, de quelque manière que ce soit, à attribuer à Dieu quelque chose d'injuste, ne serait-ce qu'en pensée, en nous imaginant qu'il exige de nous ce qu'il ne nous a pas donné les moyens suffisants d'atteindre.

I. La première raison générale que je mentionnerai, pour expliquer que des gens ne soient pas sanctifiés, c'est qu'ils cherchent la sanctification « par les œuvres », et non « par la foi ».

La religion des œuvres prend une grande variété de formes ; et il est intéressant de voir les formes toujours changeantes et mouvantes qu'elle revêt :

1. L'une de ces formes, c'est quand des hommes s'efforcent de vivre de manière à rendre leur damnation injuste. Peu importe, dans ce cas, qu'ils se croient chrétiens ou non, s'ils cherchent en fait à vivre de telle sorte qu'il soit injuste de la part de Dieu de les envoyer en enfer. C'était la religion des anciens pharisiens. Et il n'en manque pas, de nos jours, dont la religion est purement de ce genre. Vous les trouverez souvent hors de l'Église, et peut-être tout prêts à avouer qu'ils ne sont jamais nés de nouveau. Mais ils parlent pourtant de leurs propres œuvres d'une manière qui montre bien qu'ils se croient beaucoup trop bons pour être damnés.

2. Une autre forme de la religion des œuvres, c'est quand des gens ne cherchent pas tant à rendre injuste de la part de Dieu leur damnation, mais cherchent plutôt, par leurs œuvres, à se recommander à la miséricorde de Dieu. Ils savent qu'ils méritent d'être damnés, et qu'ils le mériteront toujours. Mais ils savent aussi que Dieu est miséricordieux ; et ils pensent que s'ils mènent une vie honnête et font beaucoup de bien aux pauvres, cela les recommandera si bien à la miséricorde générale de Dieu qu'il ne leur imputera pas leurs iniquités, mais leur pardonnera leurs péchés et les sauvera. C'est la religion de la plupart des moralistes modernes. Vivant sous l'Évangile, ils savent qu'ils ne peuvent être sauvés par leurs œuvres, et pourtant ils pensent que s'ils vont au culte, s'ils contribuent à l'entretien du pasteur, et s'ils font ceci, cela et telle autre bonne œuvre, cela les recommandera suffisamment à la miséricorde de Dieu pour qu'ils soient sauvés. Autant que je comprenne le système religieux des unitariens modernes, ce doit être là leur système. Qu'ils le comprennent ainsi ou non, qu'ils l'admettent ou non, autant que je puisse en juger, c'est à cela que cela revient. Ils mettent de côté l'expiation de Christ et ne comptent pas être sauvés par la justice de Jésus-Christ ; et je ne vois pas sur quoi ils s'appuient, sinon sur cela. Ils semblent avoir une sorte de religion sentimentale, et c'est sur elle, jointe à leur moralité et à leur générosité, qu'ils comptent pour les recommander à la miséricorde de Dieu. C'est sur ce fondement qu'ils espèrent recevoir le pardon de leurs péchés et être sauvés.

3. Une autre forme de la religion des œuvres, c'est quand des gens s'efforcent de se préparer à accepter Christ.

Ils comprennent que le salut ne s'obtient que par Jésus-Christ. Ils savent qu'ils ne peuvent être sauvés ni par les œuvres, ni par la miséricorde générale de Dieu sans une expiation, et que le seul moyen d'être sauvé est la foi en Christ. Mais ils ont entendu d'autres personnes raconter leur expérience : elles ont passé par une longue période d'angoisse avant de se soumettre à Christ et de trouver la paix en croyant. Et ils pensent qu'une certaine préparation est nécessaire : qu'il leur faut faire un grand nombre de prières, courir de-ci de-là pour assister aux réunions, passer bien des nuits sans dormir, endurer une certaine dose d'angoisse, et peut-être tomber dans le désespoir, et qu'alors ils seront en état d'accepter Christ. C'est la situation de beaucoup de pécheurs convaincus de péché. Quand ils sont réveillés et qu'ils en viennent à découvrir qu'ils ne peuvent être sauvés par leurs propres œuvres, ils se mettent alors à se préparer à recevoir Christ. Peut-être certains d'entre vous, qui êtes ici ce soir, sont-ils exactement dans ce cas. Vous n'osez pas venir à Christ tel que vous êtes, alors que vous avez fait si peu de prières, assisté à si peu de réunions, ressenti si peu d'angoisse, que vous en avez fait si peu et vous êtes si peu engagé. Et ainsi, au lieu d'aller tout droit à Christ pour tout ce dont vous avez besoin, comme un pauvre pécheur perdu, en vous jetant sans réserve entre ses mains, vous vous mettez à fouetter votre esprit pour le pousser à plus de conviction et d'angoisse, afin de vous préparer à accepter Christ. Ces cas sont à peu près aussi communs que les pécheurs convaincus de péché eux-mêmes. Combien y en a-t-il qui abondent en œuvres de ce genre, et qui semblent résolus à ne pas tomber tout de suite aux pieds de Christ ! Il n'est pas nécessaire d'entrer ici dans une démonstration pour prouver que tout ce processus ne les rend en rien meilleurs. Il n'y a là ni amour pour Dieu, ni foi, ni religion. Tout cela n'est que moquerie envers Dieu, hypocrisie et péché. Il peut y avoir beaucoup d'émotion, mais elle ne sert à rien ; en fait, elle ne les rapproche pas de Christ ; et après tout, ils doivent faire, à la fin, exactement ce qu'ils auraient tout aussi bien pu faire au début.

Supposez maintenant qu'un homme se mette en tête que c'est là le moyen de devenir saint. Tout chrétien peut voir que c'est tout à fait absurde, et que, si nombreuses que soient les œuvres de ce genre qu'il multiplie, il ne commence même pas à s'approcher de la sainteté. Le premier acte de sainteté, c'est de croire, de saisir Christ par la foi. Et si un chrétien, réveillé au point de sentir le besoin de la sanctification, entreprend de passer par une préparation faite d'une angoisse qu'il se crée lui-même avant de s'adresser à Christ, c'est exactement aussi absurde que si un pécheur réveillé le faisait.

4. Une autre forme de la religion des œuvres, c'est quand des gens accomplissent des œuvres pour faire naître la foi et l'amour.

La dernière catégorie dont j'ai parlé était celle de gens qui se préparent à venir à Christ. Ici, nous les supposons venus à Christ : ils l'ont accepté et sont de vrais chrétiens ; mais, ayant rétrogradé, ils se mettent à accomplir beaucoup d'œuvres pour faire naître la foi et l'amour, ou pour faire naître et perfectionner en eux de justes dispositions de cœur. C'est l'une des formes les plus communes et les plus subtiles sous lesquelles se montre aujourd'hui la religion des œuvres.

Or c'est tout à fait absurde. C'est vouloir produire la sainteté par le péché. Car si les sentiments ne sont pas justes, l'acte est un péché. Si l'acte ne procède pas de la foi et de l'amour, quoi qu'ils fassent, c'est un péché. Quelle vanité de penser qu'on peut, en multipliant les péchés, faire naître la sainteté ! Et pourtant il est tout à fait courant que des gens pensent pouvoir faire naître la sainteté par une conduite purement pécheresse. Car il est certain que tout acte qui ne jaillit pas d'un amour déjà existant est un péché. L'homme n'agit pas sous l'impulsion de la foi qui est agissante par l'amour et qui purifie le cœur ; il agit sans foi ni amour, dans le dessein de faire naître ces affections par des actes de ce genre.

Il est vrai que, lorsque la foi et l'amour existent et qu'ils sont le motif qui pousse à agir, les mettre en œuvre tend à les accroître. Cela vient des lois connues de l'esprit, selon lesquelles toute puissance et toute faculté se fortifie par l'exercice. Mais le cas que nous supposons est celui de gens qui ont abandonné leur premier amour, si jamais ils en ont eu un, et qui se mettent alors, sans foi ni amour, à s'agiter en tous sens, à avertir les pécheurs, ou à faire d'autres choses semblables, dans l'idée que c'est là le moyen de se réveiller, ou de devenir saints, ou d'entrer dans l'état de cœur que Dieu exige. Il est vraiment contraire à toute saine philosophie, absurde et ruineux, de penser éveiller la foi dans l'âme, là où elle n'existe pas, en accomplissant des actes extérieurs par quelque autre motif. C'est se moquer de Dieu que de prétendre produire une disposition sainte en faisant des choses par de mauvais motifs. Tout à l'heure, je montrerai où est l'illusion, et comment il se fait que des gens puissent jamais imaginer un pareil moyen d'être sanctifiés. La chose est trop évidente pour qu'il faille la prouver : prétendre servir Dieu de cette manière, bien loin de tendre en rien à produire un bon esprit, c'est en fait attrister le Saint-Esprit et insulter Dieu.

Pour ce qui est de la philosophie de la chose, c'est exactement comme la conduite des pécheurs convaincus de péché. Mais il y a une différence : le pécheur, malgré toute sa méchanceté, peut finir par apprendre son impuissance, renoncer réellement à toutes ses propres œuvres, et sentir que son refus persistant de venir à Christ, bien loin d'être une préparation à y venir, ne fait qu'entasser contre Dieu autant de péchés. Mais il en va autrement de ceux qui se croient déjà chrétiens, comme je l'expliquerai tout à l'heure.

Des observateurs attentifs des choses de la religion l'ont souvent remarqué : beaucoup de gens qui abondent en actes religieux sont souvent les plus endurcis et les plus éloignés de tout sentiment spirituel. Si l'accomplissement des devoirs religieux était le moyen de produire le sentiment religieux, nous devrions nous attendre à ce que les pasteurs et les responsables de l'Église soient toujours les plus spirituels. Mais le fait est que, là où la foi et l'amour ne s'exercent pas, plus les gens abondent en actes extérieurs sans la vie intérieure, plus ils deviennent endurcis, froids et pleins d'iniquité. Ils ont pu être convertis, puis rétrograder ; et tant qu'ils chercheront la sanctification de cette manière, en multipliant leurs devoirs religieux, en courant d'une réunion prolongée à l'autre ou en avertissant les pécheurs, sans aucune vie spirituelle, ils ne la trouveront jamais, mais deviendront en fait plus endurcis et plus engourdis. Ou s'ils parviennent de cette manière à une certaine excitation, c'est un état d'esprit faux et superficiel qui n'a rien de saint.

II. Une autre raison pour laquelle tant de gens ne sont pas sanctifiés, c'est celle-ci : ils ne reçoivent pas Christ dans toutes ses relations, tel qu'il est offert dans l'Évangile.

La plupart des gens se trompent entièrement sur ce point, et ils n'avanceront jamais dans la sanctification tant qu'ils n'auront pas appris qu'il y a une erreur radicale dans la manière dont ils essaient d'y parvenir. Prenons un cas. Supposons un homme convaincu de péché. Il voit que Dieu pourrait en toute justice l'envoyer en enfer, et qu'il n'a aucun moyen d'offrir une satisfaction. Parlez-lui alors de l'expiation de Christ, montrez-lui comment Christ est mort pour offrir cette satisfaction, de sorte que Dieu peut être juste tout en justifiant ceux qui croient en Jésus : il voit que c'est juste et suffisant, et exactement ce dont il a besoin, et il se jette sur Christ, par la foi, pour être justifié. Il l'accepte comme sa justification, et c'est jusque-là que va son intelligence de l'Évangile. Il croit, il est justifié, et il sent le pardon de ses péchés. Or c'est précisément là que s'arrêtent la plupart des pécheurs convaincus de péché. Ils s'attachent à Christ sous le caractère où, en tant que pécheurs, ils sentent le plus le besoin d'un Sauveur, comme la propitiation pour leurs péchés, pour faire l'expiation et obtenir le pardon, et ils s'en tiennent là. Et après cela, il est souvent extrêmement difficile d'attirer leur attention sur ce que Christ offre au-delà. Dites tout ce que vous voudrez de Christ comme sagesse et justice du croyant, comme sa sanctification, et de toutes ses relations comme Sauveur du péché : ils ne sentent pas assez le besoin qu'ils ont de lui pour se jeter réellement sur lui dans ces relations-là. Le converti se sent en paix avec Dieu, la joie et la reconnaissance remplissent son cœur, il se réjouit d'avoir trouvé un Sauveur qui peut se tenir entre lui et son Juge ; il s'est peut-être réellement soumis, et pendant un temps il avance sur le chemin de l'obéissance aux commandements de Dieu. Mais, peu à peu, il découvre l'action du péché dans ses membres, un orgueil non dompté, son ancien caractère qui éclate de nouveau, et une multitude d'ennemis qui assaillent son âme, au-dedans et au-dehors ; et il n'est pas prêt à les affronter. Jusque-là, il s'est attaché à Christ et l'a considéré principalement sous une seule de ses relations, celle d'un Sauveur qui le sauve de l'enfer. Si je ne me trompe, la grande masse de ceux qui font profession d'être chrétiens perdent presque entièrement de vue bon nombre des relations les plus importantes que Christ soutient avec les croyants. Or, quand le converti se trouve ainsi livré à la puissance de la tentation et entraîné dans le péché, il a besoin de recevoir Christ dans une relation nouvelle, de mieux connaître l'étendue de ce qu'il a pourvu, de s'adresser de nouveau à lui, et de donner à son esprit un élan nouveau pour résister à la tentation. Beaucoup de chrétiens ne le comprennent pas pleinement. Ils ne considèrent jamais vraiment Christ sous son nom de Jésus, ce nom qu'il porte parce que c'est lui qui sauve son peuple de ses péchés. Ils ont besoin de le recevoir comme roi, pour qu'il prenne place sur le trône de leur cœur et règne sur eux avec une autorité absolue et parfaite, amenant toute faculté et toute pensée captive à son obéissance. Si le converti tombe ainsi sous la puissance de la tentation, c'est qu'il n'a pas soumis sa volonté à Christ, comme à un roi, en toutes choses, aussi parfaitement qu'il le devrait, mais qu'après tout il exerce encore sa propre volonté sur certains points.

De plus, il y a une multitude de ce qu'on appelle des péchés d'ignorance, qui n'ont pas lieu d'être. Des chrétiens se plaignent de ne pas comprendre la Bible, et il y a bien des choses sur lesquelles ils restent toujours dans le doute. Or ce dont ils ont besoin, c'est de recevoir Christ comme sagesse, de l'accepter dans sa relation de source de lumière et de connaissance. Qui de vous attache maintenant une idée pleine et précise au texte qui dit : « Nous sommes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption » ? Comment le comprenez-vous ? Il ne dit pas qu'il est celui qui justifie, celui qui enseigne, celui qui sanctifie et celui qui rachète ; mais qu'il est sagesse, justice, sanctification et rédemption. Qu'est-ce que cela veut dire ? Tant que les chrétiens n'auront pas découvert par expérience et compris ce que signifie ce passage de l'Écriture, comment l'Église pourrait-elle être sanctifiée ? L'Église est maintenant exactement comme un sarment arraché du cep : « Si vous ne demeurez en moi, vous ne pouvez porter de fruit. » Supposez qu'un sarment ait le pouvoir de se séparer volontairement du cep, et qu'il entreprenne ensuite de porter du fruit : qu'en penseriez-vous ? Il en est de même de l'Église : tant que les chrétiens ne voudront pas aller à la Source éternelle de la sanctification, de la sagesse et de la rédemption, elle ne deviendra jamais sainte. S'ils voulaient s'unir à lui, par la foi, d'une manière absolue, dans toutes les fonctions et toutes les relations sous lesquelles il est offert, ils sauraient ce qu'est la sanctification.

Je prendrai peut-être, une autre fois, ce texte pour sujet d'un discours à part, pour examiner ces points un par un et montrer ce qu'il signifie. Pour le moment, je dirai seulement ceci : il veut dire exactement ce qu'il dit, et il n'y a aucun besoin de lui ôter son sens à force d'explications, comme on ne l'a que trop souvent fait. Et quand l'Église saisira enfin Christ dans toutes ses relations, telles qu'elles sont présentées ici, elle saura ce que cela veut dire, et verra qu'il est la lumière et la vie du monde. Pour être sanctifiés par lui, les chrétiens doivent l'embrasser de telle manière qu'ils reçoivent de lui ces provisions de grâce et de connaissance qui seules peuvent purifier l'âme et donner la victoire complète sur le péché et sur Satan.

Je vais indiquer quelques raisons pour lesquelles les chrétiens ne reçoivent pas Christ dans toutes ses relations.

(1.) Il se peut qu'ils n'aient pas ces convictions particulières qui sont propres à leur faire sentir profondément la nécessité d'un Sauveur dans ces relations-là.

Si un homme n'est pas profondément convaincu de sa propre dépravation, s'il n'a pas appris à connaître intimement son propre état de péché, et s'il ne sait pas par expérience, comme un fait, qu'il a besoin de secours pour vaincre la puissance du péché, il ne recevra jamais Jésus-Christ dans son âme comme roi. Quand les hommes entreprennent de se tirer eux-mêmes du péché, et se sentent forts de leur propre force pour lutter contre leurs ennemis spirituels, ils ne reçoivent jamais pleinement Christ, et ne comptent pas sur lui seul pour les sauver du péché. Mais quand ils ont essayé de se garder par leur propre vigilance et leurs prières, en se liant par des résolutions et des serments à obéir à Dieu, et qu'ils découvrent qu'après tout, livrés à eux-mêmes, il n'y a rien en eux que dépravation, alors ils sentent leur impuissance et commencent à se demander ce qu'ils doivent faire. La Bible enseigne tout cela assez clairement, et si les gens voulaient croire la Bible, les convertis connaîtraient dès le départ leur impuissance et le besoin qu'ils ont d'un Sauveur qui les sauve du péché. Mais, en fait, ils ne reçoivent ni ne croient la Bible sur ce sujet avant de s'être mis à produire une justice qui leur soit propre, et d'avoir ainsi découvert par expérience qu'ils ne sont rien sans Christ. C'est pourquoi ils ne le reçoivent pas dans cette relation avant d'avoir passé, parfois, des années en efforts vains, inspirés par la propre justice, pour faire eux-mêmes l'œuvre de la sanctification. Après avoir commencé par l'Esprit, ils veulent maintenant finir par la chair.

(2.) D'autres, quand ils voient leur état, ne reçoivent pas Christ comme Sauveur du péché parce qu'après tout ils ne veulent pas abandonner tout péché.

Ils savent que s'ils se donnent entièrement à Christ, il faudra abandonner tout péché ; et ils ont quelque idole à laquelle ils ne veulent pas renoncer.

(3.) Parfois, quand des gens sont profondément convaincus et désireux de savoir ce qu'ils doivent faire pour se débarrasser du péché, ils ne s'adressent pas à Christ avec foi, parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils ont le droit d'attendre de lui.

Il y en a beaucoup qui semblent supposer qu'ils sont soumis à une nécessité fatale de pécher, qu'il n'y a pas de remède, et qu'il leur faut traîner ce fardeau de péché jusqu'à leur mort. Ils ne vont pas jusqu'à attribuer ouvertement à Dieu quelque chose d'injuste, en disant en propres termes qu'il n'a rien prévu pour un cas comme le leur. Mais ils semblent supposer que, l'expiation de Christ étant assez grande pour couvrir tous les péchés, et la miséricorde de Dieu étant si grande, s'ils continuent à pécher tous les jours de leur vie, comme ils s'y attendent, il pardonnera tout à la fin ; et qu'au bout du compte ce sera à peu près aussi bien que s'ils avaient été réellement sanctifiés. Ils ne voient pas que l'Évangile a pourvu suffisamment à nous délivrer pour toujours de la pratique de tout péché. Ils le regardent comme un simple système de pardon, qui laisse le pécheur traîner son fardeau de péché jusqu'à la porte même du ciel, au lieu d'y voir un système destiné à briser la puissance même du péché dans l'esprit. La conséquence, c'est qu'ils font très peu de cas des promesses. Oh ! que les chrétiens font peu usage de ces promesses, les plus grandes et les plus précieuses, que contient la Bible, et qui ont été données expressément dans ce but : afin que nous devenions participants de la nature divine ! Dieu a ici adapté ses promesses à nos besoins en vue de cette fin, et nous n'avons qu'à puiser en lui tout ce qu'il nous faut, et nous aurons tout ce dont nous avons besoin pour notre sanctification. Écoutez le Sauveur dire : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et vous le verrez s'accomplir. »

Le fait est que les chrétiens ne croient pas vraiment grand-chose de ce qui est dans la Bible. Supposez maintenant que vous rencontriez Dieu, que vous sachiez que c'est Dieu lui-même qui vous parle, et qu'il vous tende un livre qu'il tient à la main en vous disant de prendre ce livre ; que ce livre contient les plus grandes et les plus précieuses promesses touchant tout ce dont vous avez besoin, ou dont vous pourrez jamais avoir besoin, pour résister à la tentation, pour vaincre le péché, pour vous rendre parfaitement saint et vous préparer pour le ciel ; et qu'ensuite il vous dise que, chaque fois qu'il vous manquera quelque chose dans ce but, vous n'aurez qu'à prendre la promesse appropriée et la lui présenter, à n'importe quel moment, et qu'il le fera. Si vous receviez un tel livre directement de la main de Dieu, et si vous saviez que Dieu l'a écrit pour vous de sa propre main, ne le croiriez-vous pas ? Et ne le liriez-vous pas beaucoup plus que vous ne lisez maintenant la Bible ? Avec quelle ardeur vous chercheriez à connaître tout ce qu'il contient ! Et avec quel empressement vous en appliqueriez les promesses au moment du besoin ! Vous voudriez l'apprendre tout entier par cœur, et souvent le réciter d'un bout à l'autre, afin que votre esprit reste familier avec son contenu, et que vous soyez toujours prêt à appliquer les promesses que vous y lisez ! Or la vérité, c'est que la Bible est ce livre-là. Elle est écrite exactement ainsi, et remplie exactement de telles promesses ; de sorte que le chrétien, en saisissant la bonne promesse et en la faisant valoir, peut toujours trouver tout ce qu'il lui faut pour son bien spirituel.

Christ est un Sauveur complet. C'est en lui qu'est le oui de toutes les promesses de Dieu, et en lui leur Amen, à la gloire de Dieu le Père. C'est-à-dire que Dieu a fait ses promesses dans la seconde personne de la Trinité, en la personne de Jésus-Christ, et qu'il les a toutes rendues certaines par lui. Or ce qu'il faut, c'est que les chrétiens comprennent ces promesses, qu'ils les croient, et qu'en toute circonstance de besoin ils se les appliquent pour leur sanctification. Supposez qu'ils manquent de sagesse. Qu'ils aillent à Dieu et fassent valoir la promesse. Supposez qu'ils ne puissent comprendre les Écritures, ou que le chemin du devoir ne soit pas clair. La promesse est assez claire : qu'ils la prennent. Quoi qu'il leur manque de sagesse, de justice, de sanctification et de rédemption, qu'ils aillent seulement à Dieu avec foi et saisissent la promesse ; et, à moins que Dieu ne se montre menteur, ils recevront assurément tout ce dont ils ont besoin.

(4.) Une autre raison pour laquelle beaucoup ne reçoivent pas Christ dans toutes ses relations, c'est qu'ils sont trop orgueilleux pour renoncer à toute confiance en eux-mêmes, à tout appui sur leur propre sagesse et leur propre volonté.

Quelle grande chose c'est, pour le cœur orgueilleux de l'homme, que de livrer à Dieu sa propre sagesse, sa connaissance, sa volonté, et tout le reste ! J'ai trouvé que c'était la plus grande de toutes les difficultés. Sans doute tous la trouvent telle. L'argument habituel, c'est : « Notre raison nous a été donnée pour être exercée en religion ; mais à quoi sert-elle si nous ne pouvons pas nous appuyer sur elle ni la suivre ? » Mais il y a là une distinction importante à faire, que beaucoup négligent. Notre raison nous a été donnée pour que nous nous en servions en religion ; mais le rôle propre de la raison n'est pas de se demander si ce que Dieu dit est raisonnable : il est de nous montrer combien il est infiniment raisonnable de croire que tout ce que Dieu dit doit être vrai, que nous puissions ou non, dans notre ignorance et notre aveuglement, en voir le caractère raisonnable. Et si nous allons au-delà, nous sortons du domaine propre de la raison. Mais combien le cœur orgueilleux de l'homme répugne à mettre de côté toute sa vaine sagesse et à devenir comme un petit enfant sous l'enseignement de Dieu ! L'apôtre dit : « Si quelqu'un croit savoir quelque chose, il n'a pas encore connu comme il faut connaître. » Il y a dans ces mots un sens immense. Celui qui ne reçoit pas Christ seul comme sa sagesse ne sait rien qui vaille en religion. S'il n'est pas enseigné par Jésus-Christ, il n'a pas appris la première leçon du christianisme. De même encore : « Personne ne connaît le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Celui qui a appris cette leçon sent qu'il n'a pas un iota de connaissance en religion qui ait la moindre valeur, sinon dans la mesure où il est enseigné par Jésus-Christ. Car il est écrit : « Ils seront tous enseignés de Dieu. »

REMARQUES.

I. Vous voyez de quelle sorte de prédication l'Église a maintenant besoin.

L'Église a besoin d'être sondée à fond ; il faut montrer à ses membres leurs grands défauts, les amener sous la conviction de péché, puis leur indiquer où se trouve leur grande force. Avec leur éternel étalage d'œuvres mortes, ils ont besoin qu'on leur montre combien ils sont pauvres. « Tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. » Tant qu'on ne montrera pas aux chrétiens leur pauvreté, le vide infini et l'abominable méchanceté de leurs œuvres mortes, et qu'on ne leur montrera pas ensuite exactement où est leur secours, et que c'est par la foi seule, ils ne pourront jamais être sanctifiés ; l'Église s'éloignera de plus en plus de Dieu, jusqu'à n'avoir plus que l'apparence de la piété, en reniant ce qui en fait la force.

II. Quand vous voyez que le caractère chrétien de quelqu'un est défectueux sur un point quelconque, vous pouvez toujours savoir que cette personne a besoin de recevoir Christ plus pleinement dans la relation même qui est propre à combler ce défaut.

Le défaut, quel qu'il soit, dans le caractère d'un croyant, ne sera jamais corrigé tant qu'il ne verra pas la relation de Christ avec cette partie de son caractère, de manière à saisir Christ par la foi et à le faire intervenir pour remédier à ce défaut. Supposez qu'un homme soit naturellement avare et égoïste, et qu'il répugne à agir de façon désintéressée : il ne remédiera jamais à ce défaut tant qu'il ne recevra pas Christ comme son modèle, et que l'égoïsme ne sera pas chassé de son cœur parce que son âme même aura été pénétrée de la bienveillance infinie du Sauveur. Il en est de même de tout autre défaut : il ne le vaincra jamais, tant que vous ne lui aurez pas fait voir que la plénitude infinie de Christ répond à ce besoin même.

III. Vous voyez combien il est nécessaire que les pasteurs soient des hommes d'une profonde expérience en religion.

Il est facile, même pour un esprit charnel, de prêcher de manière à amener les pécheurs sous la conviction de péché. Mais tant que le niveau de sanctification ne se sera pas beaucoup élevé chez les pasteurs, il ne faut pas s'attendre à ce que la piété de l'Église s'élève beaucoup. Les chrétiens qui ont l'expérience de ces choses devraient donc prier beaucoup pour les pasteurs, afin que les fils de Lévi soient purifiés, que les conducteurs d'Israël saisissent Christ pour la sanctification de leur propre cœur ; et alors ils sauront quoi dire à l'Église au sujet de la sainteté.

IV. Beaucoup cherchent la sanctification par les œuvres sans savoir qu'ils la cherchent de cette manière.

Ils font profession de ne chercher la sanctification que par la foi. Ils vous disent qu'ils savent très bien qu'il est vain de la chercher par leurs propres forces. Et pourtant les résultats montrent, et de manière bien concluante, qu'ils la cherchent par les œuvres et non par la foi. Il est de la plus haute importance que vous sachiez si vous cherchez la sanctification par les œuvres ou par la foi ; car la chercher par les œuvres est toujours absurde, et ne conduira jamais à aucun bon résultat. Comment le saurez-vous ?

Prenez encore le cas d'un pécheur convaincu de péché. Pécheur ! comment cherchez-vous le salut ? Le pécheur répond : « Par la foi, bien sûr ; tout le monde sait qu'aucun pécheur ne peut être sauvé par les œuvres. » Je dis : Non, vous cherchez le salut par les œuvres. Comment le lui montrerai-je ? Pécheur ! croyez-vous en Christ ? « Oui. » Mais vous donne-t-il la paix avec Dieu ? « Oh ! non, pas encore ; mais j'essaie d'être plus convaincu de péché, de prier davantage, de chercher avec plus de sérieux, et j'espère qu'il me donnera la paix si je persévère. » Or tout chrétien voit du premier coup d'œil que, malgré toutes ses prétentions contraires, cet homme cherche le salut par les œuvres. Et le moyen de le lui prouver est extrêmement simple. Il est évident qu'il le cherche par les œuvres, puisqu'il compte sur certaines démarches et certaines étapes préparatoires à franchir avant d'exercer la foi qui sauve. Il n'est pas prêt maintenant à accepter Christ, il a conscience de ne pas l'être, mais il pense devoir se mettre dans un état d'esprit différent pour s'y préparer, et c'est à cela qu'il vise. Voilà les œuvres. Peu importe l'état d'esprit qu'il vise comme préparation pour venir à Christ : si c'est quelque chose qui doit précéder la foi, ou quelque processus préparatoire à la foi, et s'il essaie, sans la foi, de se mettre dans un état d'esprit convenable pour avoir la foi, tout cela, c'est la religion des œuvres.

Or combien cet état d'esprit est commun chez ces chrétiens qui font profession de chercher la sanctification ! Vous dites qu'il vous faut mortifier le péché ; mais la manière dont vous vous y prenez, c'est une préparation inspirée par la propre justice : vous cherchez à vous recommander à Christ comme dignes de recevoir la bénédiction, au lieu de venir tout droit à Christ, en mendiants indignes et ruinés, pour recevoir aussitôt, par la foi, la bénédiction même dont vous avez besoin. Aucun effort de votre part ne vous rendra meilleurs. Comme pour un homme tombé dans une fosse horrible, au fond de la boue, chacun de vos efforts vous enfonce plus profondément dans la boue. Vous n'avez nul besoin de tout cela, et tous vos efforts, au lieu de vous rapprocher le moins du monde de Christ, ne font que vous enfoncer dans la fange, toujours plus loin de Dieu. Ce n'est pas même un commencement de secours.

Le pécheur ne gagne rien par sa recherche préparatoire. Il est là, mort par ses offenses et par ses péchés, aussi éloigné de la vie spirituelle, ou de la sainteté, qu'un cadavre l'a jamais été de la vie naturelle ; jusqu'à ce qu'enfin, cessant ses propres œuvres, il arrive à la conviction qu'il n'y a rien qu'il puisse faire pour lui-même, sinon aller maintenant, tel qu'il est, et se soumettre à Christ. Tant qu'il pense devoir faire d'abord quelque chose, il ne sent jamais que c'est maintenant le temps du salut fixé par Dieu. Et tant que le chrétien cherche la sanctification par la voie des œuvres, il ne sent jamais que c'est maintenant le temps où Dieu veut lui donner la victoire sur le péché.

V. Une multitude de gens se trompent eux-mêmes sur ce point à cause de la manière dont ils ont vu se réveiller certaines Églises antinomiennes à l'ancienne mode, qui se traînaient dans la mort.

Quand on a trouvé une telle Église, dont les membres avaient été nourris de doctrine sèche au point d'être à peu près aussi insensibles que les bancs où ils étaient assis, la première chose a été de les secouer pour leur faire faire quelque chose ; et ce fait même amenait peut-être une telle Église sous la conviction de péché et la conduisait à la repentance. Ce n'est pas qu'il y ait la moindre religion dans ce que font des croyants de profession en pareil état ; mais cela leur montre leurs manques, et combien ils sont peu dignes d'être membres de l'Église, et cela réveille leur conscience. Il en est ainsi, parfois, quand on a fait prier un pécheur insouciant. Tout le monde sait qu'il n'y a aucune piété dans de telles prières, mais cela attire son attention sur la religion et donne au Saint-Esprit l'occasion de faire porter la vérité en plein sur sa conscience. Mais si vous prenez un homme qui a l'habitude de prier depuis son enfance, et que ses prières de pure forme ont rendu aussi froid qu'une pierre, la prière n'amènera jamais cet homme sous la conviction de péché, tant que vous ne lui aurez pas montré quel est le vrai caractère de ses prières, et que vous n'aurez pas fait cesser ses prières impies, qui sont un défi lancé au ciel.

Dans bien des cas, quand une Église était tombée dans la torpeur, on a trouvé que le moyen le plus efficace de la réveiller était de mettre ses membres à avertir les pécheurs du danger qu'ils couraient. Cela attirait l'attention de l'Église sur la religion, et amenait peut-être beaucoup de ses membres à la repentance. C'est pourquoi beaucoup en ont fait une règle générale : le moyen pour une Église de se réveiller, c'est toujours de se mettre au travail et d'avertir les pécheurs. Ils ne font pas ici la distinction entre les habitudes des différentes Églises et le traitement différent qu'elles exigent en conséquence. Or, si vous prenez ce qu'on appelle une « Église active », où l'on a l'habitude de connaître des réveils et de tenir des réunions prolongées, vous verrez qu'il n'est pas difficile de pousser l'Église à agir, à s'affairer et à faire du bruit. Mais, en règle générale, à moins qu'on ne fasse preuve de beaucoup de sagesse et de fidélité envers cette Église, chaque nouveau réveil rendra sa religion de plus en plus superficielle ; et ses membres, au lieu d'être convaincus de péché par leurs efforts, s'en trouveront plus endurcis. Dites à une telle Église qu'elle est pleine de propre justice, et qu'il n'y a pas de Saint-Esprit dans son agitation, et ses membres s'en offenseront et vous regarderont avec des yeux ronds : « Comment ! ne savez-vous pas que le moyen de se réveiller, c'est de se mettre au travail en religion ? » Or le fait même que l'activité soit devenue chez eux une habitude montre qu'ils ont besoin d'un traitement différent. Ils ont d'abord besoin d'être sondés et examinés à fond, de prendre conscience de leurs manques, et d'être amenés, humbles et croyants, au pied de la croix, pour leur sanctification.

Quand j'étais évangéliste, j'ai travaillé dans une Église qui avait connu bien des réveils, et c'était la chose la plus facile du monde d'obtenir de l'Église qu'elle aille chercher des pécheurs pour les amener aux réunions ; et les impénitents venaient écouter, mais il n'y avait dans l'Église ni sentiment profond ni foi. Le pasteur voyait que cette manière de procéder ruinait l'Église, que chaque réveil obtenu de cette façon rendait les convertis de plus en plus superficiels, et qu'à moins de marquer un arrêt et d'obtenir plus de sanctification dans l'Église, nous irions à l'encontre de notre but. Nous nous mîmes à prêcher dans cette intention, et les membres de l'Église se tordaient sous cette prédication. Elle allait si directement à l'encontre de toutes leurs idées antérieures sur la manière de faire avancer la religion, que certains d'entre eux se mirent fort en colère. Ils couraient çà et là et parlaient, mais ne faisaient rien d'autre. Mais, après une période terrible, beaucoup d'entre eux furent brisés et devinrent aussi humbles et aussi dociles que de petits enfants.

Or il y a dans les Églises une multitude de gens qui soutiennent que le moyen d'obtenir la sanctification, c'est de se mettre au travail ; et ils pensent pouvoir, à force de simple frottement, produire dans leur cœur l'amour ardent de Dieu. C'est tout à fait faux. On aura beau courir en tous sens, s'agiter et faire du bruit, cela ne produira jamais la sanctification. Et moins que jamais quand les gens sont habitués à cette manière de faire.

VI. Vous qui avez l'habitude d'accomplir beaucoup de devoirs religieux, et qui pourtant n'atteignez pas la sainteté, vous pouvez voir ce qui ne va pas.

La vérité, c'est que vous vous êtes mis au travail pour vous réveiller, au lieu de vous jeter tout de suite sur le Seigneur Jésus-Christ pour être sanctifiés, et de vous mettre ensuite au travail pour le servir. Vous avez travaillé pour obtenir la vie, au lieu de travailler sous l'impulsion d'un principe de vie intérieur qui vous pousse à l'œuvre du Seigneur. Vous avez entrepris d'obtenir la sainteté par un long processus, semblable à celui du pécheur convaincu de péché qui se prépare à venir à Christ. Mais le malheur, c'est que vous n'avez pas la moitié de la persévérance de ce pécheur. Le pécheur est poussé par la peur d'aller en enfer, et il se dépense dans la voie des œuvres jusqu'à ce que ses forces soient entièrement épuisées et toute sa propre justice usée ; et alors, se sentant impuissant et perdu, il se jette dans les bras de Christ. Mais vous n'avez pas autant de persévérance, parce que vous n'avez pas autant de peur. Vous pensez que vous êtes chrétien, et que, si loin que vous restiez de la sanctification, vous êtes pourtant à l'abri de l'enfer et pouvez aller au ciel sans elle. Et ainsi vous ne voulez pas persévérer et déployer vos efforts pour obtenir la sainteté par les œuvres jusqu'à avoir usé toute votre propre justice et être poussé vers Christ comme votre seule espérance de sanctification. Voilà pourquoi les chrétiens convaincus de péché restent si généralement en deçà de cette soumission à Christ pour la sainteté que le pécheur convaincu de péché exerce pour obtenir le pardon.

Vous dites au pécheur qui cherche le salut par les œuvres : « Pourquoi ne renoncez-vous pas à tous vos efforts de propre justice pour venir tout droit à Christ et être sauvé ? Il est prêt à vous recevoir maintenant ! » Et vous, pourquoi n'en faites-vous pas autant ? Quand apprendrez-vous la première leçon de la religion : que vous n'avez en vous-mêmes aucun secours sans Christ, et que tous vos efforts sans Christ pour être sanctifiés sont exactement aussi stériles que ceux du malheureux tombé dans la fosse horrible, au fond de la boue, qui se débat pour en sortir ?

VII. L'accroissement des œuvres dans l'Église n'est pas un signe certain de croissance dans la sainteté.

Si l'Église croît en sainteté, elle croîtra en œuvres. Mais il ne s'ensuit pas que l'accroissement des œuvres prouve toujours une croissance dans la sainteté. Il peut arriver que les œuvres religieuses augmentent beaucoup tandis que la puissance de la religion décline réellement et rapidement. Il arrive souvent dans une Église que, lorsqu'un réveil commence à perdre de sa puissance, l'Église soit disposée à faire encore plus qu'avant en fait d'œuvres ; mais cela n'arrêtera pas le déclin, à moins que ses membres ne soient brisés devant Dieu.

Je vois qu'il me faudra reprendre ce sujet. Oh ! si je pouvais convaincre toute l'Église qu'elle n'a besoin d'aucun autre secours que Christ, et que ses membres viennent tout de suite à Christ pour tout ce qui leur manque, et le reçoivent comme leur sagesse, leur justice, leur sanctification et leur rédemption ! Avec quelle promptitude tous leurs besoins seraient comblés par sa plénitude infinie !

Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), première en français. Source : Lectures to Professing Christians, Revell, 1878 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).

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