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Discours aux chrétiens · Charles G. Finney

Discours 14

L'égoïsme n'est pas la vraie religion

Elle ne cherche point son intérêt. (1 Corinthiens 13,5)

C'est-à-dire : la charité, ou l'amour chrétien, ne cherche point son intérêt.

La proposition que j'ai l'intention d'établir ce soir est la suivante :

Faire de notre propre bonheur notre souci suprême est incompatible avec la vraie religion.

Cette proposition est naturellement la première de la série que je me suis efforcé d'éclairer dans les présents discours, et c'est par elle que j'aurais commencé si j'avais su qu'un nombre important de croyants de profession la mettaient sérieusement en doute. Mais je puis dire en toute honnêteté que, lorsque j'ai commencé ces discours, je ne m'attendais à rencontrer ici aucune difficulté sérieuse ; j'ai donc tenu pour acquis, dans une large mesure, que l'égoïsme n'est pas la religion. Voilà pourquoi j'ai passé sur ce point en ne faisant qu'un léger effort pour le prouver. Mais depuis, j'apprends qu'il y a beaucoup de croyants de profession qui soutiennent que le souci suprême de notre propre bonheur est la vraie religion ; je crois donc nécessaire d'examiner la question plus attentivement, et de vous donner les arguments en faveur de ce que je tiens pour la vérité. Pour établir ma proposition, je veux distinguer les choses qui diffèrent ; je vais donc :

I. Montrer ce que l'on n'entend pas par cette proposition : le souci suprême de notre propre bonheur n'est pas la religion.

II. Montrer ce que l'on entend par là.

III. Essayer de la prouver.

I. Je dois d'abord expliquer ce que l'on n'entend pas par cette proposition. 1. La question débattue n'est pas de savoir s'il est permis d'avoir quelque égard pour notre propre bonheur. Au contraire, on admet et l'on soutient que c'est une partie de notre devoir d'avoir pour notre propre bonheur l'égard qui lui est dû, selon sa valeur réelle, mis dans la balance avec les autres intérêts. Dieu nous a commandé d'aimer notre prochain comme nous-mêmes. Cela fait clairement un devoir de nous aimer nous-mêmes, c'est-à-dire d'avoir égard à notre propre bonheur, selon la même règle que nous appliquons au bonheur des autres.

2. La proposition n'est pas que nous ne devrions avoir aucun égard aux promesses et aux menaces de Dieu, en tant qu'elles nous concernent. Il est évidemment juste d'avoir égard aux promesses de Dieu et à ses menaces de malheur, en tant qu'elles nous concernent, selon la valeur relative de nos propres intérêts. Mais qui ne voit qu'une menace dirigée contre nous n'est pas aussi importante qu'une menace dirigée contre un grand nombre de personnes ? Supposez une menace de malheur dirigée contre vous seul, en tant qu'individu. Elle n'est évidemment pas aussi importante que si elle englobait votre famille. Supposez ensuite qu'elle s'étende à toute l'assemblée, ou à l'État, ou à la nation entière, ou au monde. Ici, il est facile de voir que le bonheur d'un individu, si grand soit-il, ne doit pas être considéré comme suprême.

Je suis pasteur. Supposez que Dieu me dise : « Si tu ne fais pas ton devoir, tu seras envoyé en enfer. » C'est un grand malheur, et je dois l'éviter. Mais supposez qu'il me dise : « Si ton peuple ne fait pas son devoir, ils seront tous envoyés en enfer ; mais si tu fais fidèlement ton devoir, tu sauveras probablement toute l'assemblée. » Est-il juste que je sois autant influencé par la crainte d'un malheur pour moi-même que par la crainte de voir toute une assemblée envoyée en enfer ? Évidemment pas.

3. La question n'est pas de savoir si nos intérêts éternels et intérieurs doivent être recherchés de préférence à nos intérêts temporels. Je soutiens expressément, et la Bible le soutient aussi, que nous sommes tenus de considérer nos intérêts éternels comme beaucoup plus importants que nos intérêts temporels.

Ainsi la Bible nous dit : « Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle. » Cela nous enseigne que nous ne devons pas du tout considérer ni estimer nos intérêts temporels en comparaison de la vie éternelle.

De même, quand notre Sauveur dit : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. » Ici est prescrit le même devoir : préférer les intérêts éternels aux intérêts temporels.

Il y a un autre passage. Quand Christ envoya ses disciples deux à deux pour prêcher et faire des miracles, ils revinrent pleins de joie et d'allégresse, parce qu'ils avaient vu les démons eux-mêmes céder à leur pouvoir : « Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis. » Jésus leur dit : « Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. » Il enseigne ici que c'est un plus grand bien d'avoir nos noms écrits dans les cieux que de jouir du plus grand pouvoir temporel, et même d'avoir autorité sur les démons eux-mêmes.

La Bible enseigne partout que, dans toute notre conduite, le bien éternel doit être préféré au bien temporel. Mais c'est tout autre chose que de soutenir que notre propre intérêt éternel, en tant qu'individus, doit être visé comme l'objet suprême de notre attention.

4. La proposition n'est pas que l'espérance et la crainte ne doivent pas influencer notre conduite. Tout ce qu'elle implique, c'est que, lorsque nous sommes influencés par l'espérance et la crainte, les choses que nous espérons ou que nous craignons doivent être mises dans la balance selon leur valeur réelle, en comparaison avec les autres intérêts.

5. La question n'est pas de savoir si ont bien agi les personnes dont la Bible dit qu'elles ont été, au moins dans une certaine mesure, influencées par l'espérance et la crainte, qu'elles avaient les yeux fixés sur la rémunération, ou sur la joie qui leur était réservée. On l'admet. Noé, saisi de crainte, construisit l'arche. Mais était-ce la crainte d'être noyé lui-même, ou la crainte pour sa propre sécurité personnelle, qui le fit agir avant tout ? La Bible ne le dit pas. Il craignait pour la sécurité de sa famille ; bien plus, il redoutait la destruction de toute la race humaine, avec tous les intérêts qui en dépendaient.

Chaque fois qu'il est dit que des hommes de bien ont été influencés par l'espérance et la crainte, on l'admet. Mais pour que cela touche à notre sujet, il faudrait montrer que cette espérance ou cette crainte concernant leur propre intérêt personnel était le motif dominant. Or, cela n'est affirmé nulle part dans la Bible. Il était juste qu'ils soient influencés par des promesses et des menaces. Sinon, ils n'auraient pas pu obéir à la seconde partie de la loi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

II. Je dois montrer ce que l'on entend par cette proposition : le souci suprême de notre propre intérêt est incompatible avec la vraie religion.

La question est de savoir si le souci suprême de notre propre bonheur est la religion. Il s'agit de savoir si nous devons craindre notre propre damnation plus que la damnation de tous les autres hommes et le déshonneur qui en résulterait pour Dieu. Et si nous devons viser à assurer notre propre bonheur plus que le bonheur de tous les autres hommes et la gloire de Dieu. Et si, en faisant cela, nous agissons selon les exigences de la vraie religion, ou d'une manière incompatible avec elle. Voilà le vrai point de la recherche, et je souhaite que vous le gardiez constamment à l'esprit, sans le confondre avec aucun des autres points dont j'ai parlé.

III. La preuve de la proposition.

Avant d'en venir à la preuve de cette proposition, que le souci suprême de notre propre bonheur est incompatible avec la vraie religion, je ferai observer que toute vraie religion consiste à être semblable à Dieu : à agir selon les mêmes principes et pour les mêmes raisons que lui, et à avoir les mêmes sentiments que lui envers les différents objets. Je suppose que cela ne sera pas contesté. À vrai dire, aucun esprit sain ne peut le contester. Je fais donc observer, comme première preuve de la proposition :

1. Que le souci suprême de notre propre bonheur n'est pas conforme à l'exemple de Dieu, mais revient à lui être totalement dissemblable.

La Bible nous dit que « Dieu est amour ». C'est-à-dire que la bienveillance est la somme totale de son caractère. Tous ses autres attributs moraux, comme la justice, la miséricorde, et les autres, ne sont que des formes particulières de sa bienveillance. Son amour se manifeste sous deux formes. L'une est celle de la bienveillance, qui veut le bien des autres et désire leur bonheur. L'autre est la complaisance, qui approuve le caractère de ceux qui sont saints. La bienveillance de Dieu s'étend à tous les êtres capables de bonheur : elle est universelle. Envers tous les êtres saints, il exerce l'amour de complaisance. En d'autres termes, Dieu aime son prochain comme lui-même. Il a égard aux intérêts de tous les êtres, selon leur valeur relative, autant qu'aux siens. Il recherche son propre bonheur, ou sa gloire, comme le bien suprême. Non pas parce que c'est le sien, mais parce que c'est le bien suprême. La somme totale de son bonheur, en tant qu'Être infini, est infiniment plus grande que la somme totale du bonheur de tous les autres êtres, ou d'un nombre quelconque de créatures finies.

Prenons un exemple très familier. Voici un homme qui est bon envers les bêtes. Cet homme et son cheval tombent dans la rivière. La vraie bienveillance exige-t-elle que l'homme se noie pour tirer son cheval d'affaire ? Non. Ce serait de sa part une vraie bienveillance désintéressée de se sauver lui-même et, s'il le faut, de laisser périr son cheval, parce que son bonheur à lui a beaucoup plus de valeur que celui du cheval. Vous le voyez d'un coup d'œil. Mais la différence entre Dieu et tous les êtres créés est infiniment plus grande que celle qui sépare un homme d'un cheval, ou le plus élevé des anges du plus vil des insectes.

Dieu a donc égard au bonheur de toutes les créatures exactement selon sa valeur réelle. Et à moins que nous ne fassions de même, nous ne sommes pas semblables à Dieu. Si nous sommes semblables à Dieu, nous devons considérer le bonheur et la gloire de Dieu sous le même jour que lui, c'est-à-dire comme le bien suprême, au-dessus de toute autre chose dans l'univers. Et si nous désirons notre propre bonheur plus que le bonheur de Dieu, nous sommes infiniment dissemblables à Dieu.

2. Viser avant tout notre propre bonheur est incompatible avec la vraie religion, parce que c'est contraire à l'esprit de Christ.

Il nous est dit que « si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas ». Et il est dit à plusieurs reprises de lui, en tant qu'homme, qu'il ne cherchait pas son intérêt, qu'il ne cherchait pas sa propre gloire, et d'autres choses semblables. Que cherchait-il ? Était-ce son propre salut personnel ? Non. Était-ce son propre bonheur personnel ? Non. C'était la gloire de son Père, et le bien de l'univers par le salut des hommes. Il est venu pour une mission de pure bienveillance, pour faire du bien au royaume de Dieu, non pour se faire du bien à lui-même. C'était là « la joie qui lui était réservée », en vue de laquelle il « a souffert la croix, méprisé l'ignominie ». C'était le grand bien qu'il pouvait faire en se dépensant ainsi pour travailler et souffrir en vue du salut des hommes.

3. Considérer notre propre bonheur comme l'objet suprême de nos efforts est contraire à la loi de Dieu.

Je l'ai déjà mentionné, mais j'y reviens pour que ma démonstration présente soit complète. Le résumé de cette loi est celui-ci : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force ; et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Voilà la grande chose qui est exigée : la bienveillance envers Dieu et envers l'homme. La première chose est d'aimer réellement le bonheur et la gloire de Dieu, par-dessus toutes les autres choses, parce qu'ils sont infiniment aimables et désirables, et qu'ils sont proprement le bien suprême. Certains ont objecté que ce n'est pas notre devoir de rechercher le bonheur de Dieu, parce que son bonheur est déjà assuré. Supposez maintenant que le roi d'Angleterre soit parfaitement indépendant de moi, et que son bonheur soit assuré sans moi : est-ce que mon devoir de lui vouloir du bien, de désirer son bonheur et de m'en réjouir en est le moins du monde diminué ? Parce que Dieu est heureux en lui-même, indépendamment de ses créatures, est-ce une raison pour que nous n'aimions pas son bonheur et ne nous en réjouissions pas ? Étrange raisonnement.

De plus, nous sommes tenus, aux termes de la loi de Dieu, d'exercer envers Dieu l'amour de complaisance, parce qu'il est saint, infiniment saint.

De plus, cette loi nous oblige à exercer envers les autres la même bonne volonté, ou la même bienveillance, qu'envers nous-mêmes ; c'est-à-dire à rechercher à la fois leurs intérêts et les nôtres, selon leur valeur relative. Qui d'entre vous le fait ? Et nous sommes tenus d'exercer l'amour de complaisance envers ceux qui sont bons et saints.

Nous voyons donc que le résumé de la loi de Dieu est d'exercer la bienveillance envers Dieu et envers tous les êtres, selon leur valeur relative, et la complaisance envers tous ceux qui sont saints. Or, je dis que considérer notre propre bonheur comme suprême, ou le rechercher comme notre fin suprême, est contraire à cette loi, à sa lettre et à son esprit. Et, 4. C'est aussi contraire à l'Évangile qu'à la loi.

Dans le chapitre d'où est tiré notre texte, l'apôtre commence ainsi : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. » La charité signifie ici l'amour. Dans l'original, c'est le même mot que celui qui est traduit par amour. « Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. »

Remarquez bien ! Il n'aurait pu exprimer en termes plus forts l'idée que la charité, ou la bienveillance, est essentielle à la vraie religion. Voyez comme il pose des garde-fous de tous côtés, de sorte qu'il est impossible de se méprendre sur sa pensée. Si quelqu'un n'a pas la vraie charité, il n'est rien. Il poursuit ensuite et montre quels sont les traits de cette vraie charité. « La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n'est point envieuse ; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. » Vous voyez ici que l'un des traits principaux de cet amour, c'est que la charité « ne cherche point son intérêt ». Remarquez-le bien. Si c'est là la vraie religion, et que sans elle il n'y a pas de religion, alors l'un des traits de la vraie religion, c'est qu'elle « ne cherche point son intérêt ».

Ceux d'entre vous qui ont des Bibles avec des références en marge peuvent suivre ces références et trouver une multitude de passages qui enseignent clairement la même chose. Rappelez-vous les passages que j'ai cités dans le dernier discours. Je n'en rappellerai qu'un seul : « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra. » Vous voyez ici posé comme un principe établi du gouvernement de Dieu que, si quelqu'un vise avant tout son propre intérêt, il perdra son propre intérêt.

La même chose est enseignée au dixième chapitre de cette épître, au verset 24 : « Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche la richesse d'autrui. » Si vous regardez le passage, vous verrez que le mot « richesse » est imprimé en italique, pour montrer que c'est un mot ajouté par les traducteurs, qui n'est pas dans le grec. Ils auraient pu tout aussi bien employer le mot bonheur, ou bien-être, que le mot richesse. De même au verset 33 : « De la même manière que moi aussi je m'efforce en toutes choses de complaire à tous, cherchant, non mon avantage, mais celui du plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés. »

Je dis donc que faire de notre propre intérêt l'objet suprême de nos efforts est aussi contraire à l'Évangile qu'à la loi.

5. C'est contraire à la conscience.

La conscience universelle du genre humain a décidé que le souci suprême de notre propre bonheur n'est pas la vertu. Les hommes ont toujours su que servir Dieu et faire du bien à leurs semblables, voilà ce qui est juste, et que rechercher avant tout leur propre intérêt personnel n'est pas juste. Ils ont toujours jugé bas et méprisable que des individus recherchent leur propre bonheur comme l'objet suprême ; aussi voyons-nous combien les hommes se donnent de peine pour cacher leur égoïsme et paraître bienveillants. Il est impossible à un homme, à moins que sa conscience ne soit étrangement émoussée par le péché ou faussée par un mauvais enseignement, de ne pas voir que c'est un péché de placer son propre bonheur au-dessus d'autres intérêts plus importants.

6. C'est contraire à la droite raison.

La droite raison nous enseigne à considérer toutes choses selon leur valeur réelle. Dieu le fait, et nous devons faire de même. Dieu nous a donné la raison précisément dans ce but : peser et comparer la valeur relative des choses. C'est se moquer de la raison que de nier qu'elle nous enseigne à considérer les choses selon leur valeur réelle. Et s'il en est ainsi, viser notre propre intérêt et le préférer à tout comme notre fin suprême est contraire à la raison.

7. C'est contraire au bon sens.

Qu'a décidé sur ce point le bon sens du genre humain ? Voyez ce que le bon sens des hommes pense de ce qu'on appelle le patriotisme. Jamais on n'a tenu pour un vrai patriote celui qui combattait pour son pays si son but était de servir son propre intérêt. Supposez qu'il apparaisse que son but, en combattant, était de se faire couronner roi : quelqu'un lui reconnaîtrait-il du patriotisme ? Non. Tous les hommes s'accordent à dire qu'il y a patriotisme quand un homme est désintéressé, comme Washington, et qu'il combat pour son pays, pour l'amour de son pays. Le bon sens des hommes a marqué du sceau de la réprobation l'esprit qui cherche son propre intérêt et le préfère aux intérêts plus grands des autres. Il est évident que tous les hommes le considèrent ainsi. Sinon, comment se fait-il que chacun tienne tant à paraître désintéressé ?

8. C'est contraire à la constitution de l'esprit humain.

Je ne veux pas dire par là que notre constitution même nous rende impossible de rechercher notre propre bonheur comme objet suprême. Mais nous sommes ainsi faits que, si nous le faisons, nous ne pouvons jamais l'atteindre. Comme je l'ai dit dans un précédent discours, le bonheur est la satisfaction du désir. Il faut que nous désirions quelque chose, et que nous obtenions l'objet que nous désirons. Or, supposez qu'un homme désire son propre bonheur : l'objet de son désir restera toujours exactement à la même distance devant lui, comme son ombre, et plus il le poursuit vite, plus vite il fuit. Le bonheur est inséparablement attaché à l'obtention de l'objet désiré. Supposez que je désire mille dollars. C'est sur cette chose que mon désir se fixe, et quand je l'obtiens, ce désir est satisfait, et je suis heureux, dans la mesure où la satisfaction de ce désir contribue à me rendre heureux. Mais si je désire les mille dollars pour me procurer une montre, un habit et d'autres choses de ce genre, le désir n'est pas satisfait tant que je n'ai pas obtenu ces choses. Mais supposez maintenant que la chose que je désirais était mon propre bonheur. Obtenir les mille dollars ne me rend pas heureux, parce que ce n'est pas sur cela que mon désir était fixé. Et de même, obtenir la montre, l'habit et les autres choses ne me rend pas heureux, car cela ne satisfait pas mon désir. Dieu a constitué les choses de telle façon, et a donné à l'esprit de telles lois, que l'homme ne peut jamais obtenir le bonheur en le poursuivant. Cette constitution même indique clairement le devoir de la bienveillance désintéressée. En fait, il a rendu impossible aux hommes d'être heureux, sinon dans la mesure où ils sont désintéressés.

Voici deux hommes qui marchent ensemble dans la rue.

Ils trouvent un homme qui vient d'être renversé par une charrette et qui gît baigné dans son sang. Ils le relèvent, le portent chez le chirurgien et le font soigner. Or il est évident que leur satisfaction est en proportion de l'intensité de leur désir de le voir soulagé. Si l'un d'eux n'éprouvait que peu de chose et se souciait peu des souffrances du pauvre homme, il n'en tirera que peu de satisfaction. Mais si son désir de voir l'homme soulagé allait jusqu'à l'angoisse, sa satisfaction serait à la mesure de ce désir. Supposez maintenant un troisième individu qui n'avait aucun désir de secourir le malheureux : assurément, le secourir ne pouvait lui procurer aucune satisfaction. Il aurait pu passer tout près de lui et le regarder mourir. Il n'éprouve donc aucune satisfaction. Vous voyez donc que le bonheur est exactement proportionné à la satisfaction des désirs par l'obtention des choses désirées.

Remarquez ici que, pour que le bonheur du désir satisfait soit complet, il faut que le désir lui-même soit vertueux. Autrement, si le désir est égoïste, la satisfaction sera mêlée de douleur, à cause du conflit intérieur de l'esprit.

Que tout cela soit vrai, c'est une affaire de conscience intime, et nous en avons pour preuve le plus haut témoignage que nous puissions avoir. Et le nier, c'est accuser Dieu de folie, comme s'il nous avait donné une constitution qui ne nous permettrait pas d'être heureux en lui obéissant.

9. Faire de notre propre intérêt l'objet suprême est également incompatible avec notre propre bonheur. Cela découle de ce que je viens de dire. Les hommes peuvent goûter une certaine sorte de plaisir, mais non le vrai bonheur. Le plaisir qui ne naît pas de la satisfaction d'un désir vertueux n'est qu'une illusion trompeuse. La raison pour laquelle tous les hommes ne trouvent pas le bonheur, alors qu'ils le désirent tous si ardemment, c'est qu'ils le recherchent. S'ils recherchaient la gloire de Dieu et le bien de l'univers comme leur fin suprême, c'est le bonheur qui les poursuivrait.

10. C'est incompatible avec le bonheur public. Si chaque individu doit viser son propre bonheur comme sa fin principale, ces intérêts vont inévitablement se heurter et entrer en collision, et la guerre et la confusion universelles suivront à la traîne de l'égoïsme universel.

11. Soutenir que le souci suprême de notre propre intérêt est la vraie religion, c'est contredire l'expérience de tous les vrais saints. J'affirme que tout vrai saint sait que son bonheur suprême consiste à sortir de lui-même, et à avoir égard à la gloire de Dieu et au bien des autres. S'il ne le sait pas, ce n'est pas un saint.

12. C'est également incompatible avec l'expérience de tous ceux qui ont eu une religion égoïste, qui ont découvert leur erreur et qui ont trouvé la vraie religion. Cela arrive couramment. Je suppose que j'en ai connu des centaines de cas. Certains membres de cette Église ont récemment fait cette découverte ; et ils peuvent tous témoigner qu'ils savent maintenant, par expérience, que la bienveillance est la vraie religion.

13. C'est contraire à l'expérience de tous les impénitents. Tout pécheur impénitent sait qu'il vise avant tout à faire avancer son propre intérêt, et il sait qu'il n'a pas la vraie religion. Ce que sa conscience lui reproche, c'est précisément ceci : il a égard à son propre intérêt au lieu de la gloire de Dieu.

Maintenant, tournez la page un instant, admettez que le souci suprême de notre propre bonheur est la vraie religion, et voyez ce qui s'ensuivra.

1. Il s'ensuivra alors que Dieu n'est pas saint. C'est-à-dire que si le souci suprême de notre propre intérêt, parce que c'est le nôtre, est la vraie religion, il s'ensuivra que Dieu n'est pas saint. Dieu a égard à son propre bonheur, mais c'est parce que c'est le plus grand bien, non parce que c'est le sien. Or, il est amour, ou bienveillance ; et si la bienveillance n'est pas la vraie religion, la nature de Dieu doit être changée.

2. La loi de Dieu doit être modifiée. Si le souci suprême de notre propre bonheur est la religion, alors la loi devrait dire : « Tu t'aimeras toi-même de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force, et tu aimeras Dieu et ton prochain infiniment moins que toi-même. »

3. L'Évangile doit être renversé. Au lieu de dire : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu », il devrait dire : « Faites tout pour votre propre bonheur. » Au lieu de : « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra », nous devrions y lire : « Celui qui met un soin suprême à sauver sa propre vie la sauvera ; mais celui qui est bienveillant, et qui consent à perdre sa vie pour le bien des autres, la perdra. »

4. Les consciences des hommes devraient être changées, de façon à témoigner en faveur de l'égoïsme, et à condamner et réprouver tout ce qui ressemble à de la bienveillance désintéressée.

5. Il faudrait que la droite raison cesse de peser les choses selon leur valeur relative, et qu'elle juge notre petit intérêt personnel plus précieux que les plus grands intérêts de Dieu et de l'univers.

6. Le bon sens devra décider que le vrai patriotisme consiste en ce que chacun recherche son propre intérêt au lieu du bien public, et cherche à s'élever lui-même aussi haut qu'il le peut.

7. La constitution humaine doit être renversée. Si l'égoïsme suprême est la vertu, la constitution humaine a été mal faite. Elle est ainsi faite que l'homme ne peut être heureux qu'en étant bienveillant. Et si cette doctrine est vraie, que la religion consiste à rechercher notre propre bonheur comme bien suprême, alors plus un homme a de religion, plus il est malheureux.

8. Et toute la charpente de la société devra être changée. Actuellement, les choses sont ainsi faites que le bien de la communauté dépend de la mesure dans laquelle chacun a égard à l'intérêt public. Et si cette doctrine tient, il faut que cela change, de sorte que le bien public soit le mieux servi quand chacun se bat pour son propre intérêt sans égard aux intérêts des autres.

9. L'expérience des saints devra être renversée. Au lieu de trouver, comme ils le font maintenant, que plus ils ont de bienveillance, plus ils ont de religion et de bonheur, ils devraient témoigner que plus ils visent leur propre bien, plus ils jouissent de la religion et de la faveur de Dieu.

10. Il faudrait que les impénitents témoignent qu'ils sont suprêmement heureux dans un égoïsme suprême, et qu'ils y trouvent le vrai bonheur.

Je ne pousserai pas cette preuve plus loin : cela ressemblerait à un jeu. S'il existe une chose telle qu'une preuve, il est pleinement prouvé que viser avant tout notre propre bonheur est incompatible avec la vraie religion.

REMARQUES

I. Nous voyons pourquoi, alors que tous poursuivent le bonheur, si peu le trouvent.

Le fait est évident. En voici la raison : la plus grande partie des hommes ne savent pas en quoi consiste le vrai bonheur, et ils le cherchent dans ce qui ne pourra jamais le donner. Ils ne le trouvent pas parce qu'ils le poursuivent. S'ils se retournaient pour poursuivre la sainteté, c'est le bonheur qui les poursuivrait. S'ils devenaient désintéressés et se consacraient à faire le bien, ils ne pourraient pas ne pas être heureux. S'ils choisissent le bonheur comme fin, il fuit devant eux. Le vrai bonheur consiste dans la satisfaction de désirs vertueux ; et s'ils s'appliquaient à glorifier Dieu et à faire le bien, ils le trouveraient. La seule catégorie de personnes qui ne le trouvent jamais, ni dans ce monde ni dans le monde à venir, ce sont ceux qui le recherchent comme une fin.

II. La constitution de l'esprit humain et de l'univers offre une belle illustration de l'économie de Dieu.

Supposez que l'homme ne puisse trouver le bonheur qu'en poursuivant son propre bonheur. Alors chaque individu n'aurait que le bonheur qu'il aurait lui-même acquis, et tout le bonheur de l'univers ne serait que la somme totale de ce que les individus auraient acquis, moins toute la douleur et toute la misère produites par les intérêts en conflit. Or, remarquez bien ! Dieu a constitué les choses de telle sorte que, pendant que chacun se dépense pour procurer le bonheur des autres, son propre bonheur est assuré et rendu complet. Combien la somme de bonheur dans l'univers est donc plus grande qu'elle ne l'aurait été si l'égoïsme avait été la loi du royaume de l'Éternel ! Car chacun de ceux qui obéissent à la loi de Dieu assure pleinement son propre bonheur par sa bienveillance, et le bonheur de l'ensemble s'accroît de tout ce que chacun reçoit de tous les autres.

Beaucoup disent : « Qui prendra soin de mon bonheur, si je ne le fais pas ? Si je ne dois m'occuper que de l'intérêt de mon prochain et négliger le mien, aucun de nous ne sera heureux. » Ce serait vrai si le soin que vous prenez du bonheur de votre prochain retranchait quelque chose au vôtre. Mais si votre bonheur consiste à faire le bien et à procurer le bonheur des autres, plus vous faites pour les autres, plus vous procurez votre propre bonheur.

III. Quand j'ai annoncé le sujet de ce discours, j'ai évité d'employer le mot « égoïsme », de peur qu'on ne le trouve blessant. Mais maintenant j'affirme que le souci suprême de notre propre intérêt est de l'égoïsme, et rien d'autre. Ce serait de l'égoïsme en Dieu s'il avait égard à son propre intérêt par-dessus tout parce que c'est le sien. Et c'est de l'égoïsme chez l'homme. Et quiconque soutient que le souci suprême de notre propre intérêt est la vraie religion soutient que l'égoïsme est la vraie religion.

IV. Si l'égoïsme est la vertu, alors la bienveillance est un péché. Ce sont deux contraires directs, et ils ne peuvent être vertu l'un et l'autre. Qu'un homme place son propre intérêt au-dessus de celui de Dieu, en lui donnant la préférence et en l'opposant à l'intérêt de Dieu, c'est de l'égoïsme. Et si c'est là la vertu, alors Jésus-Christ, en recherchant comme il l'a fait le bien des hommes, s'est écarté des principes de la vertu. Qui osera le prétendre ?

V. Ceux qui considèrent leur propre intérêt comme suprême, et qui pensent pourtant avoir la vraie religion, se trompent. Je le dis solennellement, parce que je crois que c'est vrai, et je le dirais si c'était la dernière parole que je devais prononcer avant d'aller au jugement. Cher auditeur, qui que vous soyez, si vous faites cela, vous n'êtes pas chrétien. N'appelez pas cela un esprit de censure. Je ne suis pas censeur. Je ne voudrais condamner personne. Mais, aussi vrai que Dieu est vrai, et que votre âme s'en va au jugement, vous n'avez pas la religion de la Bible.

VI. Certains demanderont ici : « Quoi ! nous ne devons avoir aucun égard pour notre bonheur ? Et s'il en est ainsi, comment décider s'il est suprême ou non ? » Je ne dis pas cela. Je dis que vous pouvez y avoir égard selon sa valeur relative. Et maintenant je vous le demande : y a-t-il ici une réelle difficulté pratique ? J'en appelle à votre conscience intime. Vous ne pouvez pas ne pas savoir, si vous êtes honnêtes, ce que vous considérez comme suprême. Ces intérêts, votre propre intérêt d'un côté, et la gloire de Dieu et le bien de l'univers de l'autre, sont-ils si exactement en équilibre dans votre esprit que vous ne puissiez dire lequel vous préférez ? C'est impossible ! Si vous n'avez pas conscience de préférer la gloire de Dieu à votre propre intérêt aussi nettement que vous avez conscience d'exister, vous pouvez tenir pour certain que vous êtes complètement dans l'erreur.

VII. Vous voyez pourquoi la joie de tant de croyants de profession dépend de leurs preuves. Ces gens sont sans cesse à la chasse aux preuves ; et selon que celles-ci varient, leurs joies croissent et décroissent. Or, remarquez bien ! S'ils avaient réellement égard à la gloire de Dieu et au bien des hommes, leur joie ne dépendrait pas de leurs preuves. Ceux qui sont purement égoïstes peuvent goûter beaucoup de joie dans la religion, mais c'est par anticipation. L'idée d'aller au ciel leur plaît. Mais ceux qui sortent d'eux-mêmes et qui sont purement bienveillants ont un ciel présent dans leur cœur.

VIII. Vous voyez ici que tous ceux d'entre vous qui n'avaient ni paix ni joie dans la religion avant d'avoir une espérance se trompent. Je peux peut-être retracer à grands traits votre expérience. Vous avez été réveillés, et vous avez été dans l'angoisse, comme vous aviez lieu de l'être, par la crainte d'aller en enfer. Au bout d'un certain temps, peut-être pendant que vous priiez, ou pendant que quelqu'un s'entretenait avec vous, votre angoisse vous a quittés. Vous avez pensé que vos péchés étaient pardonnés. Un éclair de joie a traversé votre esprit et a réchauffé votre cœur jusqu'à le faire brûler ; vous avez pris cela pour une preuve, et cela a encore augmenté votre joie. Combien l'expérience d'un vrai chrétien est différente ! Sa paix ne dépend pas de son espérance ; mais la vraie soumission et la bienveillance produisent la paix et la joie, indépendamment de son espérance.

Prenez le cas d'un homme en prison, condamné à être pendu le lendemain. Il est dans une grande angoisse, il arpente sa cellule et attend le jour. Au bout d'un moment, un messager arrive avec une grâce. Il saisit le papier, le tourne vers la faible lumière qui passe à travers sa grille, lit le mot « grâce », manque de s'évanouir d'émotion et bondit de joie. Il suppose que le papier est authentique. Supposez maintenant qu'il se révèle que le papier est un faux. Soudain toute sa joie s'en va. Il en est ainsi de celui qui se trompe lui-même. Il avait peur d'aller en enfer, et naturellement il se réjouit s'il croit qu'il est pardonné. Si le diable le lui disait et qu'il le crût, sa joie serait tout aussi grande, tant que durerait cette croyance, que si c'était une réalité. La vraie joie chrétienne ne dépend pas des preuves. Le chrétien se remet entre les mains de Dieu avec une telle confiance que cet acte même lui donne la paix. Il avait soutenu contre Dieu une lutte terrible, mais tout d'un coup il abandonne la contestation et dit : « Dieu fera ce qui est juste ; que la volonté de Dieu soit faite. » Alors il commence à prier, il est dompté, il fond devant Dieu, et cet acte même lui procure une joie douce, calme et céleste. Peut-être n'a-t-il pas pensé à une espérance. Peut-être restera-t-il des heures, ou même un jour ou deux, rempli de joie en Dieu, sans penser à son propre salut. Demandez-lui s'il a une espérance : il n'y a jamais pensé. Sa joie ne dépend pas de la croyance qu'il est pardonné, mais elle consiste dans un état d'esprit qui acquiesce au gouvernement de Dieu. Dans un tel état d'esprit, il ne pourrait pas ne pas être heureux.

Maintenant, permettez-moi de vous demander : laquelle de ces religions avez-vous ? Si vous pratiquez la vraie religion, supposez que Dieu vous mette en enfer et vous y laisse exercer un amour suprême pour Dieu, et pour votre prochain le même amour que pour vous-mêmes : cela même est un état d'esprit incompatible avec le malheur.

Je désire que ceci soit bien compris. Ces chercheurs d'espérance seront toujours déçus. Si vous courez après l'espérance, vous n'aurez jamais une espérance qui vaille quelque chose. Mais si vous poursuivez la sainteté, l'espérance, la paix et la joie viendront d'elles-mêmes. Votre religion est-elle l'amour de la sainteté, l'amour de Dieu et des âmes ? Ou n'est-elle qu'une espérance ?

IX. Vous voyez pourquoi les pécheurs inquiets ne trouvent pas la paix.

Ils regardent leur propre culpabilité et leur danger. Ils voient Dieu comme un vengeur, et ils reculent devant ses terreurs. Cela leur rendra impossible de jamais parvenir à la paix. Tant qu'ils regardent la colère de Dieu, qui les fait se dessécher et trembler, ils ne peuvent pas l'aimer : ils se cachent de lui. Pécheurs inquiets, laissez-moi vous dire un secret. Si vous continuez à regarder ce trait-là du caractère de Dieu, il vous poussera au désespoir, et le désespoir est incompatible avec la vraie soumission. Vous devriez regarder son caractère tout entier, et voir les raisons pour lesquelles vous devriez l'aimer et vous jeter sur lui sans réserve et sans défiance ; et au lieu de reculer devant lui, venez droit à lui et dites : « Ô Père qui es dans les cieux, tu n'es pas inexorable ; tu es souverain, mais tu es bon ; je me soumets à ton gouvernement, et je me donne à toi, avec tout ce que j'ai et tout ce que je suis, corps et âme, pour le temps et pour l'éternité. »

Le sujet du prochain discours sera la distinction entre la soumission légale et la soumission évangélique, ou entre la religion de la loi et la religion de la foi. Et permettez-moi ici de faire observer que, lorsque j'ai commencé à prêcher sur l'égoïsme dans la religion, je ne m'imaginais pas qu'on puisse y voir le moins du monde un sujet de controverse. Je n'ai aucun goût pour la controverse, et j'aurais aussi vite pensé à appeler la doctrine de l'existence de Dieu un sujet de controverse que celui-ci. La question est de la plus haute importance, et nous devons peser les arguments et décider selon la parole de Dieu. Bientôt nous irons ensemble au tribunal de Dieu, et vous devez décider si vous irez là-bas avec l'égoïsme dans le cœur, ou avec cette bienveillance désintéressée qui ne cherche point son intérêt. Voulez-vous maintenant être honnêtes ? Car, aussi vrai que Dieu est vrai, si vous cherchez votre propre intérêt, vous serez bientôt en enfer, à moins que vous ne vous repentiez. Oh ! soyez honnêtes, mettez de côté vos préjugés, et agissez pour l'éternité.

Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), première en français. Source : Lectures to Professing Christians, Revell, 1878 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).

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