Discours aux chrétiens · Charles G. Finney
Discours 13
La vraie soumission
Soumettez-vous donc à Dieu. (Jacques 4,7)
Le sujet de ce discours est : « En quoi consiste la vraie soumission ? »
Avant d'aborder ce sujet, je voudrais faire deux remarques qui serviront d'introduction à la question principale.
1. Voici la première : si certains d'entre vous se trompent sur leur espérance et ont bâti sur un faux fondement, l'erreur fondamentale, dans votre cas, a été d'embrasser par des motifs égoïstes ce que vous preniez pour le plan de salut de l'Évangile. Votre cœur égoïste n'avait pas été brisé. Voilà la source de votre illusion, si vous vous trompez. Si votre égoïsme a été vaincu, vous ne vous trompez pas dans votre espérance. S'il ne l'a pas été, toute votre religion est vaine, et votre espérance est vaine.
2. L'autre remarque que je veux faire, c'est que, si certains d'entre vous se trompent et ont une fausse espérance, vous courez le plus grand danger de ranimer votre ancienne espérance chaque fois que vous serez réveillés au point d'examiner votre état. Il est très fréquent que ces croyants de profession, après une période d'inquiétude et d'examen de soi-même, se réinstallent sur l'ancien fondement. La raison en est que leurs habitudes d'esprit se sont fixées dans ce lit-là, et que, par les lois mêmes de l'esprit, il leur est difficile de se frayer un cours nouveau. Il est donc indispensable, si vous voulez jamais vous mettre dans le vrai, que vous voyiez clairement que vous avez été jusqu'ici entièrement dans le faux, afin de ne plus multiplier le genre d'efforts qui vous ont abusés jusqu'à présent.
Qui ne sait qu'il y a énormément d'illusions de ce genre ? Combien de fois une grande partie de l'Église ne reste-t-elle pas froide et morte jusqu'à ce qu'un réveil commence ? Alors vous les voyez s'affairer, et ils « se mettent à l'œuvre », comme ils disent, en religion ; pour un temps, ils renouvellent leurs efforts et multiplient leurs prières ; et c'est ce qu'ils appellent être ranimés. Mais ce n'est que le même genre de religion qu'ils avaient auparavant. Une telle religion ne dure pas plus longtemps que l'excitation générale. Dès que le gros de l'Église commence à relâcher ses efforts pour la conversion des pécheurs, ces gens-là retombent dans leur mondanité d'autrefois, et redeviennent aussi proches de ce qu'ils étaient avant leur prétendue conversion que leur orgueil et leur crainte des censures de l'Église le leur permettent. Quand un nouveau réveil arrive, ils recommencent le même tour ; et ils vivent ainsi par à-coups, encore et encore, tour à tour ranimés et rétrogrades, ranimés et rétrogrades, aussi longtemps qu'ils vivent. La vérité, c'est qu'ils ont été abusés dès le début par une conversion contrefaite, dans laquelle l'égoïsme n'a jamais été abattu ; et plus ils multiplient les efforts de ce genre, plus leur perte est assurée.
J'en viens maintenant à l'examen direct du sujet, et je m'efforcerai de vous montrer ce qu'est la vraie soumission selon l'Évangile, dans l'ordre suivant :
I. Je montrerai ce qui n'est pas la vraie soumission.
II. Je montrerai ce qu'est la vraie soumission. I. Je dois d'abord montrer ce que n'est pas la vraie soumission.
1. La vraie soumission à Dieu n'est pas l'indifférence. Il n'y a pas deux choses plus dissemblables que l'indifférence et la vraie soumission.
2. Elle ne consiste pas à consentir à être pécheur pour la gloire de Dieu. Certains ont pensé que la vraie soumission comprenait l'idée de consentir à être pécheur pour la gloire de Dieu. Mais c'est une erreur. Consentir à être pécheur est en soi un état d'esprit coupable. Et consentir à faire quoi que ce soit pour la gloire de Dieu, c'est choisir de ne pas être pécheur. L'idée d'être pécheur pour la gloire de Dieu est absurde.
3. Elle ne consiste pas à consentir à être puni. Si nous étions maintenant en enfer, la vraie soumission exigerait que nous consentions à être punis, parce qu'il serait alors certain que la volonté de Dieu est que nous soyons punis. De même, si nous étions dans un monde où rien n'aurait été prévu pour la rédemption des pécheurs, et où notre châtiment serait donc inévitable, ce serait notre devoir de consentir à être punis. Si un homme a commis un meurtre, et qu'il n'y a pas d'autre moyen de sauvegarder l'intérêt public que de le pendre, c'est son devoir de consentir à être pendu pour le bien public. Mais s'il y avait un autre moyen par lequel le meurtrier pourrait réparer entièrement le tort fait à l'intérêt public, ce ne serait pas son devoir de consentir à être pendu. De même, si l'homme se trouvait dans un monde placé uniquement sous la loi, où il n'y aurait aucun plan de salut, ni aucune mesure pour garantir la stabilité du gouvernement tout en pardonnant aux pécheurs, ce serait le devoir de chacun de consentir à être puni. Mais, dans ce monde tel qu'il est, la soumission véritable n'implique pas qu'on consente à être puni. Car nous savons que la volonté de Dieu n'est pas que tous soient punis ; nous savons au contraire que sa volonté est que tous ceux qui se repentent vraiment et se soumettent à Dieu soient sauvés.
II. Je dois montrer ce qu'est la soumission véritable.
1. Elle consiste dans un parfait acquiescement à toutes les dispositions et dispensations providentielles de Dieu, qu'elles nous concernent nous-mêmes, ou qu'elles concernent les autres ou l'univers. Certaines personnes pensent qu'elles acquiescent bien, dans l'abstrait, au gouvernement providentiel de Dieu. Et pourtant, si vous causez avec elles, vous voyez qu'elles trouvent à redire, en bien des choses, à ce que Dieu a réglé. Elles se demandent : pourquoi Dieu a-t-il permis qu'Adam pèche ? Ou pourquoi a-t-il permis au péché d'entrer dans l'univers ? Ou pourquoi a-t-il fait ceci ou cela ? Ou pourquoi a-t-il fait telle ou telle chose, de telle ou telle façon ? Dans tous ces cas, à supposer même que nous ne puissions en donner aucune raison satisfaisante, la vraie soumission implique un parfait acquiescement à tout ce qu'il a permis ou fait ; elle implique qu'on sente que, pour tout ce qui relève de sa providence, tout est bien.
2. La vraie soumission implique l'acquiescement au précepte de la loi morale de Dieu. Le précepte général de la loi morale de Dieu est : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ta pensée, de toute ton âme et de toute ta force, et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Peut-être quelques-uns diront-ils : « J'acquiesce bien à ce précepte ; je sens qu'il est juste, et je n'ai aucune objection contre cette loi. » Ici, je veux que vous fassiez soigneusement la distinction entre l'approbation de la loi de Dieu qui tient à notre constitution, et la soumission effective à cette loi. Il n'est pas un esprit qui, naturellement et par son propre sens commun de ce qui est juste, n'approuve cette loi. Il n'y a pas un démon en enfer qui ne l'approuve. Dieu a constitué l'esprit de telle sorte qu'il est impossible d'être un agent moral sans approuver sa loi. Mais ce n'est pas de cet acquiescement-là que je parle. On peut éprouver cette approbation à un degré tel qu'on en est même ravi, sans avoir pour autant une vraie soumission à cette loi. La soumission véritable comprend deux idées, sur lesquelles j'appelle tout particulièrement votre attention.
(1.) La première idée, c'est que le véritable acquiescement à la loi morale de Dieu comprend l'obéissance effective. C'est en vain qu'un enfant prétendrait acquiescer réellement aux ordres de son père, s'il ne leur obéit pas effectivement. C'est en vain qu'un citoyen prétendrait acquiescer aux lois de son pays, s'il n'obéit pas à ces lois.
(2.) L'idée principale de la soumission, c'est l'abandon de ce qui constitue le grand point du litige. Et ce point, le voici : les hommes ont retiré leur affection suprême à Dieu et à son royaume, et ont érigé leur intérêt propre en objet souverain de leur attention. Au lieu de se dépenser à faire le bien, comme Dieu l'exige, ils ont adopté la maxime : « Charité bien ordonnée commence par soi-même. » Tel est exactement le point débattu entre Dieu et le pécheur. Le pécheur vise à faire avancer son propre intérêt comme son objet suprême. Or, la première idée impliquée dans la soumission est l'abandon de ce point. Il nous faut cesser de mettre notre propre intérêt au-dessus de tout, et laisser les intérêts de Dieu et de son royaume s'élever dans nos affections au-dessus de nos propres intérêts, exactement dans la mesure où leur valeur réelle est plus grande. L'homme qui ne le fait pas est un rebelle contre Dieu.
Supposez qu'un souverain s'applique à procurer le bonheur général de sa nation ; qu'il établisse des lois sagement adaptées à cette fin, et qu'il engage toutes ses propres ressources dans ce but ; et qu'il exige ensuite de chacun de ses sujets qu'il en fasse autant. Supposez alors qu'un individu aille dresser son intérêt privé contre l'intérêt général. Cet homme est un rebelle contre le gouvernement, et contre tout l'intérêt que le gouvernement a pour mission de promouvoir. Dès lors, la première idée de la soumission, de la part du rebelle, est d'abandonner ce point, et de se joindre au souverain et aux sujets obéissants pour promouvoir le bien public. Or la loi de Dieu exige absolument que vous subordonniez votre propre bonheur à la gloire de Dieu et au bien de l'univers. Et tant que vous ne le faites pas, vous êtes l'ennemi de Dieu et de l'univers, et un enfant de l'enfer.
Et l'Évangile exige la même chose que la loi. Il est étonnant que beaucoup, depuis quelques années, aient soutenu qu'il est juste pour un homme de viser directement son propre salut, et de faire de son propre bonheur le grand objet de sa recherche. Mais il est clair que la loi de Dieu dit tout autre chose, et qu'elle exige de chacun qu'il estime par-dessus tout les intérêts de Dieu. Et l'Évangile exige la même chose que la loi. Autrement, Jésus-Christ serait un ministre du péché, venu dans le monde pour prendre les armes contre le gouvernement de Dieu.
Il est facile de montrer par la Bible que l'Évangile exige la bienveillance désintéressée, c'est-à-dire l'amour pour Dieu et l'amour pour les hommes, tout comme la loi. Le premier passage que je citerai est celui-ci : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu. » Qu'est-ce que cela veut dire ? Si étrange que cela puisse paraître, un auteur a récemment cité ce texte même pour prouver qu'il est juste de chercher premièrement notre propre salut, ou notre propre bonheur, et d'en faire l'objet principal de notre recherche. Mais ce n'est pas là le sens. Ce texte exige de chacun qu'il fasse de l'avancement du royaume de Dieu son grand objet. Je pense qu'il prescrit le devoir de viser à être saints, et non à être heureux. Le bonheur est lié à la sainteté, mais ce n'est pas la même chose ; et chercher la sainteté, ou l'obéissance à Dieu, et l'honorer et le glorifier, est tout autre chose que chercher par-dessus tout notre propre bonheur.
Un autre passage dit : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. » Vraiment ! Quoi ! ne pouvons-nous pas manger et boire pour notre propre plaisir ? Non. Nous ne pouvons même pas satisfaire notre appétit naturel de nourriture, sinon en le subordonnant à la gloire de Dieu. Voilà ce que l'Évangile exige, car c'est à l'Église chrétienne que l'apôtre a écrit cela.
Un autre passage dit : « Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère ceux des autres. » Mais il serait vain de chercher à citer tous les passages qui enseignent cela. Vous pouvez trouver, presque à chaque page de la Bible, quelque passage qui signifie la même chose, et qui nous demande de chercher, non pas notre propre bien, mais l'avantage des autres.
Notre Sauveur dit : « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie la sauvera. » C'est-à-dire : si un homme vise son propre intérêt, il perdra son propre intérêt ; s'il vise à sauver son âme comme son objet suprême, il perdra son âme ; il faut qu'il sorte de lui-même et fasse du bien des autres son objet suprême, sinon il sera perdu.
Et il dit encore : « Il n'est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. » Ici, certains pourraient trébucher et dire : « Voilà une récompense présentée comme motif. » Mais remarquez bien ! Que devez-vous faire ? Renoncer à vous-même pour obtenir une récompense pour vous-même ? Non ; mais renoncer à vous-même à cause de Christ et de son Évangile ; et la conséquence sera celle qui est annoncée. Voilà la distinction importante.
Au treizième chapitre de l'épître aux Corinthiens, Paul donne une description complète de cet amour désintéressé, ou charité, sans lequel on n'est rien en religion. Il est remarquable de voir tout ce que, d'après lui, on peut faire, tout en n'étant rien. « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. » Mais la vraie bienveillance selon l'Évangile a ce caractère-ci : « La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n'est point envieuse ; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. » « Elle ne cherche point son intérêt. » Remarquez bien cela. Elle n'a aucune fin égoïste, mais elle cherche le bonheur des autres comme sa grande fin. Sans cette sorte de bienveillance, nous le savons, il n'y a pas une parcelle de religion. Vous le voyez, je pourrais rester ici toute la nuit à citer et à expliquer des passages qui vont dans le même sens, et qui montrent que toute religion pure consiste dans la bienveillance désintéressée.
Avant d'aller plus loin, je veux mentionner plusieurs objections contre cette manière de voir, qui peuvent naître dans votre esprit. Je le fais d'autant plus que certains d'entre vous pourraient trébucher juste ici, et finir par se mettre en tête qu'il est juste de faire consister notre religion à viser notre propre salut comme notre grand objet.
Objection 1. « Pourquoi les menaces de la parole de Dieu sont-elles données, si c'est de l'égoïsme que d'être influencé par la crainte de la colère à venir ? »
On peut faire bien des réponses à cette objection.
Réponse. L'homme est ainsi constitué que, par les lois de son être, il redoute la douleur. Les menaces de l'Écriture servent donc à bien des fins. L'une est d'arrêter l'attention de l'esprit égoïste, et de l'amener à examiner les raisons qu'il y a d'aimer Dieu et de lui obéir. Quand le Saint-Esprit a ainsi obtenu son attention, il réveille la conscience du pécheur, et l'amène à considérer qu'il est raisonnable de se soumettre à Dieu et que c'est un devoir, et à se prononcer là-dessus.
Objection 2. « Puisque Dieu nous a donné ces facultés d'éprouver le plaisir et la douleur, est-ce un mal d'être influencé par elles ? »
Réponse. Ce n'est ni bien ni mal. Ces facultés n'ont aucun caractère moral. Si j'en avais le temps ce soir, je pourrais vous rendre tout cela clair. En morale, il y a une catégorie d'actions qui relèvent de ce qu'on appelle les considérations de prudence. Par exemple : supposez que vous vous teniez au bord d'un précipice d'où, si vous vous jetez en bas, vous vous romprez infailliblement le cou. On vous en avertit. Or, si vous ne tenez pas compte de l'avertissement, et que vous vous jetiez en bas et vous ôtiez la vie, ce sera un péché. Mais en tenir compte n'est pas une vertu. C'est simplement un acte de prudence. Il n'y a pas de vertu à éviter le danger, bien que ce soit souvent un péché de ne pas l'éviter. C'est un péché, pour les hommes, que de braver la colère de Dieu. Mais avoir peur de l'enfer n'a rien de saint, pas plus que la crainte de se rompre le cou en tombant d'un précipice n'a quelque chose de saint. C'est simplement une réaction que dicte notre constitution.
Objection 3. « La Bible ne fait-elle pas de la recherche de notre propre bonheur notre devoir immédiat ? »
Réponse. Il n'y a pas de péché à rechercher notre propre bonheur selon sa valeur réelle. Au contraire, c'est un véritable devoir de le faire. Et celui qui néglige de le faire commet un péché. Une autre réponse est que, s'il est juste de rechercher notre propre bonheur, et si les lois constitutionnelles de l'esprit nous obligent à tenir compte de notre propre bonheur, notre constitution n'indique pas pour autant qu'il soit juste de poursuivre notre propre bonheur comme le bien suprême. Supposez que quelqu'un raisonne ainsi : puisque notre constitution réclame de la nourriture, il est juste de rechercher la nourriture comme le bien suprême ; ce raisonnement serait-il solide ? Certainement pas ; car la Bible interdit expressément une telle chose, et dit : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, faites tout pour la gloire de Dieu. »
Objection 4. « Le bonheur de chacun est placé tout particulièrement en son propre pouvoir ; et si chacun cherchait son propre bonheur, le bonheur de l'ensemble serait assuré dans la plus grande mesure possible. »
Cette objection est spécieuse, mais elle n'est pas solide. Je nie entièrement la conclusion. Car : (1.) Les lois de l'esprit sont telles qu'il est impossible d'être heureux tant qu'on fait de son propre bonheur l'objet suprême. Le bonheur consiste dans la satisfaction de désirs vertueux. Mais pour qu'il y ait satisfaction, il faut obtenir « la chose désirée ». Pour être heureux, il faut donc que les désirs satisfaits soient droits, et par conséquent qu'ils soient des désirs désintéressés. Si vos désirs ont pour terme vous-même, si par exemple vous désirez la conversion des pécheurs pour accroître votre propre bonheur, la conversion des pécheurs ne vous rend pas heureux, parce que ce n'est pas la chose sur laquelle se portait votre désir. La loi de l'esprit rend donc impossible, si chacun poursuit son propre bonheur, qu'il l'obtienne jamais. Pour être plus précis : deux choses sont indispensables au vrai bonheur. Premièrement, il faut un désir vertueux. Si le désir n'est pas vertueux, la conscience protestera contre lui, et la satisfaction s'accompagnerait donc de douleur. Deuxièmement, ce désir doit être satisfait par l'obtention de son objet. L'objet doit être désiré pour lui-même, sinon la satisfaction ne serait pas complète, même si l'objet était obtenu. Si l'objet est désiré comme moyen en vue d'une fin, la satisfaction dépendrait de l'obtention de la fin par ce moyen. Mais si la chose était désirée comme fin, ou pour elle-même, son obtention produirait une satisfaction sans mélange. Il faut donc que l'esprit ne désire pas son propre bonheur, car de cette manière il ne peut jamais l'atteindre, mais que son désir ait pour terme quelque autre objet, désiré pour lui-même, dont l'obtention serait une satisfaction, et produirait ainsi le bonheur.
(2.) Si chacun poursuit son propre bonheur comme sa fin suprême, les intérêts des différents individus se heurteront et détruiront le bonheur de tous. C'est exactement ce que nous voyons dans le monde. Voilà la raison de toute la fraude, de toute la violence, de toute l'oppression et de toute la méchanceté qui règnent sur la terre et en enfer. C'est que chacun poursuit son propre intérêt, et que leurs intérêts se heurtent. Le vrai moyen d'assurer notre propre bonheur n'est pas de le poursuivre comme une fin, mais de poursuivre un autre objet qui, une fois obtenu, procurera une satisfaction complète : la gloire de Dieu et le bien de l'univers. La question n'est pas de savoir s'il est juste, d'une manière générale, de désirer et de poursuivre notre propre bonheur, mais s'il est juste de faire de notre propre bonheur notre fin suprême.
Objection 5. « Le bonheur consiste à satisfaire un désir vertueux. Alors, ce que je vise, c'est de satisfaire un désir vertueux. N'est-ce pas viser mon propre bonheur ? »
Réponse. L'esprit ne vise pas à satisfaire le désir, mais à accomplir la chose désirée. Supposez que vous voyiez un mendiant, comme je l'ai dit la semaine dernière, et que vous lui donniez un pain. Vous visez à soulager le mendiant. C'est là l'objet désiré, et quand c'est fait, votre désir est satisfait, et vous êtes heureux. Mais si, en soulageant le mendiant, l'objet que vous visiez était votre propre bonheur, alors le soulagement du mendiant ne satisfera pas le désir, et vous le rendez impossible à satisfaire.
Vous voyez donc que la loi et l'Évangile exigent l'un et l'autre la bienveillance désintéressée, comme la seule condition à laquelle l'homme puisse être heureux.
3. La vraie soumission implique l'acquiescement à la peine que prononce la loi de Dieu.
Je reviens à la distinction que j'ai déjà faite. Nous ne sommes pas, dans ce monde, simplement sous un gouvernement de loi pure et simple. Ce monde est une province de l'empire de Jéhovah, qui se trouve dans une relation particulière avec le gouvernement de Dieu. Il s'est révolté, et une disposition nouvelle et spéciale a été prise, par laquelle Dieu nous offre miséricorde. Les conditions sont que nous obéissions aux préceptes de la loi, et que nous nous soumettions à la justice de la peine. C'est un gouvernement de loi, auquel l'Évangile a été ajouté. L'Évangile exige la même obéissance que la loi. Il maintient que le péché mérite le châtiment, et il exige que le pécheur acquiesce à la justice de la peine. Si le pécheur était sous la seule loi, elle exigerait qu'il se soumette à l'application de la peine. Mais l'homme n'est pas, et n'a jamais été depuis la chute, sous le gouvernement de la seule loi ; il a toujours su, plus ou moins clairement, que la miséricorde lui est offerte. C'est pourquoi il n'a jamais été exigé des hommes qu'ils consentent à être punis. C'est en cela que la soumission selon l'Évangile diffère de la soumission légale. Sous la loi pure et simple, la soumission consisterait à consentir à être puni. Dans ce monde, la soumission consiste à acquiescer à la justice de la peine, et à se considérer soi-même comme méritant la colère éternelle de Dieu.
4. La vraie soumission implique l'acquiescement à la souveraineté de Dieu.
C'est le devoir de tout souverain de veiller à ce que tous ses sujets se soumettent à son gouvernement. Et c'est son devoir d'établir des lois telles que chaque individu, s'il y obéit parfaitement, procure le bien public au plus haut degré possible. Et alors, si quelqu'un refuse d'obéir, c'est son devoir de prendre cet individu de force, et de lui faire servir l'intérêt public de la meilleure manière possible avec un sujet rebelle. S'il ne veut pas servir le bien public volontairement, il faut le lui faire servir malgré lui. Le gouvernement doit, ou bien le pendre, ou bien l'enfermer, ou de quelque autre manière faire de lui un exemple de souffrance ; ou bien, si le bien public admet la miséricorde, il peut faire grâce de la manière qui servira le mieux l'intérêt général. Or Dieu est un souverain, et la soumission qu'il exige est exactement celle qu'il est tenu d'exiger. Il manquerait à son devoir de souverain s'il ne l'exigeait pas. Et puisque vous avez refusé d'obéir à cette exigence, vous êtes maintenant tenus de vous jeter entre ses mains, pour qu'il dispose de vous, pour le temps et pour l'éternité, de la manière qui servira le mieux les intérêts de l'univers. Vous avez perdu tout droit à une part quelconque du bonheur de l'univers ou de la faveur de Dieu. Et ce qui vous est maintenant demandé, puisque vous ne pouvez pas rendre l'obéissance due pour le passé, c'est de reconnaître la justice de sa loi, et de remettre votre destinée future entièrement et sans condition à sa disposition, pour le temps et pour l'éternité. Vous devez lui soumettre tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes. Vous avez justement tout perdu, et vous êtes tenus de tout abandonner sur son ordre, de quelque manière qu'il vous le réclame, pour faire avancer les intérêts de son royaume.
5. Enfin, elle exige la soumission aux conditions de l'Évangile. Les conditions de l'Évangile sont :
(1.) La repentance, une douleur sincère du péché, qui donne raison à Dieu et prend son parti contre vous-même.
(2.) La foi, une confiance parfaite et entière envers Dieu, telle qu'elle vous porte sans hésitation à vous jeter, corps et âme, avec tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes, entre ses mains, pour qu'il fasse de vous ce qu'il juge bon.
(3.) La sainteté, ou la bienveillance désintéressée.
(4.) Recevoir le salut comme une affaire de pure grâce, à laquelle vous n'avez aucun droit au titre de la justice.
(5.) Recevoir Christ comme votre médiateur et votre avocat, votre sacrifice expiatoire, votre souverain et votre maître, et dans toutes les fonctions sous lesquelles il vous est présenté dans la parole de Dieu. En un mot, vous devez acquiescer entièrement à la voie de salut que Dieu a établie.
REMARQUES.
I. Vous voyez pourquoi il y a tant de fausses espérances dans l'Église.
La raison en est que tant de gens embrassent ce qu'ils regardent comme l'Évangile, sans rendre à la loi l'obéissance qu'elle demande. Ils regardent la loi avec effroi, et considèrent l'Évangile comme un expédient pour échapper à la loi. Ces tendances se sont toujours manifestées parmi les hommes. Il y a une catégorie de gens qui s'attachent à l'Évangile et rejettent la loi ; et une autre qui prend la loi et néglige l'Évangile. Les antinomiens pensent se débarrasser entièrement de la loi. Ils supposent que la règle de vie de l'Évangile est différente de la loi ; alors qu'en vérité la règle de vie est la même dans les deux, et que les deux exigent la bienveillance désintéressée. Or, si quelqu'un pense que, sous l'Évangile, il peut renoncer à faire de la gloire de Dieu son objet suprême, et qu'au lieu d'aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, il peut faire de son propre salut son objet suprême, ses espérances sont fausses. Il a embrassé un autre Évangile, qui n'est pas du tout l'Évangile.
II. Le sujet montre comment nous devons répondre à l'objection courante selon laquelle la foi en Christ implique qu'on fasse de son propre salut son objet ou son motif.
Réponse. Qu'est-ce que la foi ? Ce n'est pas croire que vous serez sauvé, mais croire ce que Dieu dit de son Fils. Il n'est révélé nulle part que vous serez sauvé. Dieu a révélé ce fait : Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. Ce que vous appelez la foi, c'est plutôt, à proprement parler, l'espérance. L'attente confiante que vous serez sauvé est une conclusion que l'on tire de l'acte de foi ; et une conclusion que vous avez le droit de tirer quand vous avez conscience d'obéir à la loi et de croire à l'Évangile. C'est-à-dire que, lorsque vous éprouvez les sentiments que la loi et l'Évangile exigent, vous avez le droit de compter sur Christ pour votre propre salut.
III. C'est une erreur de croire que désespérer de la miséricorde soit essentiel à la vraie soumission.
Cela ressort clairement du fait que, sous l'Évangile, tout le monde sait que la volonté de Dieu est que soit sauvée toute âme qui exercera la bienveillance désintéressée. Supposez qu'un homme vienne me demander : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » et que je lui réponde : « Si vous comptez être sauvé, il faut que vous désespériez d'être sauvé » ; que penserait-il ? Quel écrivain inspiré a jamais donné une telle consigne ? Non, la réponse inspirée est : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur », « Repentez-vous », « Croyez à la bonne nouvelle », et ainsi de suite. Y a-t-il là quoi que ce soit qui implique le désespoir ?
Il est vrai que les pécheurs désespèrent parfois avant de trouver la vraie paix. Mais quelle en est la raison ? Ce n'est pas que le désespoir soit essentiel à la vraie paix ; c'est leur ignorance, ou les mauvaises instructions qu'on leur a données, ou une fausse compréhension de la vérité. Beaucoup de pécheurs inquiets désespèrent parce qu'ils se sont fait la fausse idée qu'ils ont, à force de pécher, laissé passer leur jour de grâce, ou qu'ils ont commis le péché impardonnable, ou que leurs péchés sont particulièrement graves et que la disposition prise par l'Évangile ne va pas jusqu'à eux. Parfois ils désespèrent pour cette raison-ci : ils savent qu'une miséricorde a été préparée et qu'elle est prête à leur être accordée dès qu'ils se conformeront aux conditions, mais ils trouvent vains tous leurs efforts pour se soumettre vraiment. Ils se découvrent si orgueilleux et si obstinés qu'ils ne peuvent obtenir d'eux-mêmes leur consentement aux conditions du salut. Peut-être la plupart de ceux qui se soumettent arrivent-ils en effet à un point où ils tiennent tout pour perdu. Mais cela est-il nécessaire ? Voilà la question. Or, vous le voyez, ce n'est rien d'autre que leur propre méchanceté qui les pousse au désespoir. Ils ont tant de répugnance à saisir la miséricorde qui leur est offerte ! Leur désespoir, donc, loin d'être essentiel à la vraie soumission sous l'Évangile, est incompatible avec elle, et jamais personne n'a embrassé l'Évangile tant qu'il était dans cet état. C'est donc une horrible incrédulité ; désespérer est un péché ; et dire que c'est essentiel à la vraie soumission, c'est dire que le péché est essentiel à la vraie soumission.
IV. La vraie soumission consiste à acquiescer au gouvernement de Dieu tout entier.
C'est acquiescer à son gouvernement providentiel, à son gouvernement moral, au précepte de sa loi et à la peine de sa loi, en sorte que l'on se reconnaît soi-même digne d'un poids éternel de damnation, au-delà de toute mesure ; et c'est se soumettre aux conditions du salut que propose l'Évangile. Sous l'Évangile, ce n'est le devoir de personne de consentir à être damné. Consentir à être damné est entièrement incompatible avec son devoir. L'homme qui se soumet à la loi pure et simple et consent à être damné est tout aussi rebelle que jamais ; car l'une des exigences expresses de Dieu, c'est qu'il obéisse à l'Évangile.
V. Appeler un pécheur à consentir à être puni est une grave erreur, pour plusieurs raisons.
C'est mettre l'Évangile de côté, et placer le pécheur sous un autre gouvernement que celui qui existe. C'est lui présenter, du caractère de Dieu, une vue partielle à laquelle on lui demande de se soumettre. C'est lui cacher les vrais motifs de soumission. Ce n'est pas le Dieu réel et véritable qu'on lui présente, mais un autre être. C'est le tromper, en lui faisant croire que Dieu désire sa damnation et qu'il doit s'y soumettre ; car Dieu a déclaré par un serment solennel que ce qu'il désire, ce n'est pas que le méchant meure, c'est qu'il change de conduite et qu'il vive. C'est calomnier Dieu, et l'accuser de parjure. Tout homme qui vit sous l'Évangile sait que Dieu désire que les pécheurs soient sauvés, et il est impossible de cacher ce fait. Le vrai terrain sur lequel il faut placer la question du salut, c'est que le pécheur ne doit pas chercher son propre salut, mais la gloire de Dieu ; et non pas lui faire croire que Dieu désire ou veut qu'il aille en enfer.
Que disaient les apôtres aux pécheurs, quand ceux-ci leur demandaient ce qu'ils devaient faire pour être sauvés ? Que leur dit Pierre le jour de la Pentecôte ? Que dit Paul au geôlier ? De se repentir, de renoncer à leur égoïsme, et de croire à l'Évangile. Voilà ce que les hommes doivent faire pour être sauvés.
Il y a une autre difficulté quand on essaie de convertir les hommes de cette manière. C'est essayer de les convertir par la loi, en mettant l'Évangile de côté. C'est essayer de les rendre saints sans les influences propres à les rendre saints. Paul a essayé cette voie jusqu'au bout, et il a découvert qu'elle ne réussirait jamais. Au chapitre 7 de l'épître aux Romains, il nous en donne le résultat dans son propre cas. Elle l'a contraint à confesser que la loi était sainte et bonne, et qu'il devait y obéir ; et elle l'a laissé là, dans la détresse, s'écriant : « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. » La loi n'a pas pu le convertir, et il s'écrie : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? » C'est juste à ce moment que l'amour de Dieu, qui a envoyé son Fils Jésus-Christ, se présente à son esprit, et c'est cela qui a fait l'œuvre. Au chapitre suivant, il l'explique : « Chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l'esprit. » La Bible tout entière atteste que seule l'influence de l'Évangile peut amener les pécheurs à obéir à la loi. La loi n'y parviendra jamais. Fermer l'âme à toute cette catégorie de motifs qui, venant de l'Évangile, se pressent autour d'elle, cela ne convertira jamais un pécheur.
Je sais qu'il peut y avoir des gens qui pensent avoir été convertis de cette manière, et s'être soumis à la loi absolument, sans aucune influence de l'Évangile. Mais leur a-t-on jamais caché, un seul instant, que Christ était mort pour les pécheurs, et que, s'ils se repentaient et croyaient, ils seraient sauvés ? Ces motifs ont forcément exercé leur influence ; car pendant tout le temps où ils pensent avoir regardé la loi toute nue, ils s'attendaient à être sauvés s'ils croyaient.
Je pense que l'erreur qui consiste à vouloir convertir les hommes par la loi, sans l'Évangile, vient de là : de la vieille idée hopkinsienne selon laquelle les hommes, pour être sauvés, doivent consentir à être damnés. Cette idée met de côté ce fait : ce monde est, et a toujours été depuis la chute, sous une économie de miséricorde. Si nous étions sous un gouvernement de pure loi, la vraie soumission à Dieu exigerait ce consentement. Mais les hommes ne sont pas sous la loi en ce sens, et ne l'ont jamais été ; car aussitôt après la chute, Dieu a révélé à Adam les premiers signes de sa miséricorde.
Une objection se présente ici à l'esprit de quelques-uns ; je vais la lever.
Objection. « L'offre de la miséricorde, dans l'Évangile, n'est-elle pas de nature à produire une religion égoïste ? »
Réponse. L'offre de la miséricorde peut être pervertie, comme toute autre bonne chose, et alors elle peut donner naissance à une religion égoïste. Et Dieu savait qu'il en serait ainsi quand il a révélé l'Évangile. Mais remarquez bien : rien n'est propre à dompter le cœur rebelle de l'homme, sinon cette manifestation même de la bienveillance de Dieu dans l'offre de la miséricorde.
Il y avait un père qui avait un fils entêté et rebelle, et il essaya longtemps de le dompter par le châtiment. Il aimait son fils, et désirait ardemment le voir vertueux et obéissant. Mais l'enfant semblait endurcir son cœur contre ses efforts répétés. À la fin, le pauvre père, tout à fait découragé, éclata en sanglots convulsifs : « Mon fils ! mon fils ! que dois-je faire ? Puis-je te sauver ? J'ai fait tout ce que je pouvais pour te sauver ; que puis-je faire de plus ? » Le fils avait regardé la verge avec un front d'airain ; mais quand il vit les larmes rouler sur les joues ridées de son père, et qu'il entendit les sanglots d'angoisse qui secouaient sa vieille poitrine, il fondit lui aussi en larmes, et s'écria : « Fouettez-moi, père ! oui, fouettez-moi autant que vous voudrez, mais ne pleurez pas ! » Le père avait alors trouvé le moyen de dompter ce cœur obstiné. Au lieu de ne tenir au-dessus de lui que la main de fer de la loi, il avait épanché son âme devant lui ; et quel en fut l'effet ? De l'écraser jusqu'à une soumission hypocrite ? Non, la verge faisait cela. Les larmes jaillissantes de l'amour de son père le brisèrent d'un seul coup et l'amenèrent à une vraie soumission à la volonté paternelle.
Il en est de même des pécheurs. Le pécheur brave la colère du Dieu tout-puissant, et s'endurcit pour recevoir le plus terrible coup de la foudre de Jéhovah ; mais quand il voit l'amour qui remplit le cœur de son Père céleste, s'il est une chose qui puisse lui faire avoir horreur de lui-même et se maudire, c'est bien celle-là : quand il voit Dieu manifesté en chair, s'abaissant à prendre la nature humaine, suspendu à la croix, répandant son âme dans les larmes, la sueur de sang et la mort. Est-ce là de quoi faire des hypocrites ? Non ; le cœur du pécheur fond, et il s'écrie : « Oh ! fais n'importe quoi d'autre, et je pourrai le supporter ; mais l'amour du bienheureux Jésus m'accable. » C'est la nature même de l'esprit que d'être influencé de cette manière. Loin donc qu'il faille craindre de montrer aux pécheurs l'amour de Dieu, c'est le seul moyen de les rendre vraiment soumis et vraiment bienveillants. La loi peut faire des hypocrites ; mais rien d'autre que l'Évangile ne peut attirer l'âme à un véritable amour pour Dieu.
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), première en français. Source : Lectures to Professing Christians, Revell, 1878 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).