9 et 10 La venue du Messie.
Le verset 8 faisait déjà penser à l'époque messianique ; car la protection promise au peuple avait pour but de le maintenir jusqu'à cette époque. Dans les versets 9 et 10, le prophète voit se déployer devant lui l'apparition glorieuse du Messie et la fondation de son règne.
Tressaille de joie ! Comme on le fait en allant au-devant d'un monarque aimé et attendu, qui s'approche enfin.
Ton roi vient. Jérusalem avait eu des rois, mais nul d'entre eux n'était son roi dans le sens vrai de cette expression : le roi promis de tout temps par l'Eternel, celui dont le règne se confond avec le règne de Dieu ici-bas. Cette expression ton roi vient se comprend mieux dans un temps où le trône d'Israël n'était pas occupé qu'à l'époque où il avait un roi visible.
Juste : non pas seulement celui qui a le droit pour lui ou qui est juste dans sa propre manière d'agir, mais, puisqu'il s'agit d'un roi, celui qui fait régner la justice. Comparez Esaïe 11.1-5.
Protégé. Littéralement, sauvé ou aidé ; on cite même un mot arabe analogue (participe passif comme celui-ci) qui signifie victorieux. En tout cas, il n'est pas possible de traduire, comme on le fait d'ordinaire : Sauveur. Le sens est qu'il sera entouré de la bénédiction divine et, par elle, protégé, aidé, secouru, et ainsi mis en état d'écarter de son peuple tout ennemi et de lui procurer toutes les faveurs de Dieu.
Humble : non pas humilié, affligé, comme on a expliqué quelquefois ; une telle expression ne cadrerait pas avec l'invitation du commencement : Réjouis-toi. Le prophète continue à caractériser l'opposition entre ce souverain et les rois de la terre. Non seulement il est juste et puissant en Dieu, mais il est plein de douceur, d'affabilité, de débonnaireté.
Et monté sur un âne et sur un poulain d'ânesse. En Orient, l'âne n'est pas un animal méprisé comme chez nous. Dans les premiers temps de l'histoire d'Israël, c'était la monture des princes et des chefs, Juges 5.10 ; 10.4 ; 2Samuel 17.23. Ce ne fut que plus tard que le cheval et le mulet furent préférés. L'âne est ici le symbole du caractère pacifique du Roi-Messie, tandis que les oppresseurs, mentionnés au verset 8, étaient censés montés sur des chevaux de guerre. Comparez verset 10, qui est évidemment en rapport d'opposition avec celui-ci. Comparez aussi Deutéronome 17.16 et Esaïe 2.6-9. Le roi vient faire la conquête du monde, non l'épée à la main, mais par le secours de Dieu, en parlant de paix (verset 10). Les deux expressions âne et poulain d'ânesse n'indiquent pas deux animaux différents ; cette répétition est conforme aux lois du parallélisme en usage dans la poésie hébraïque. Il n'est pas nécessaire d'admettre que Matthieu 21.4-7 exprime une idée différente.
L'accomplissement de ce tableau prophétique n'a pas eu lieu seulement le jour où Jésus est entré sur un ânon à Jérusalem : sa vie entière a été la réalisation de l'idéal du Roi pacifique tracé à l'avance par Zacharie. Si Jésus a voulu, dans un moment particulier de sa vie, accomplir littéralement la prophétie, c'était dans le but d'ouvrir les yeux aux plus aveugles.