J'ôterai son sang de sa bouche... Le peuple philistin est personnifié dans ces mots comme un adorateur des faux dieux qui, après leur avoir offert un sacrifice, boit le sang de la victime et mange la chair offerte à l'idole. La menace qui lui est faite de lui arracher ces aliments impurs, se transforme dans les derniers mots en une promesse. Guéri de son idolâtrie, le reste du peuple philistin sera incorporé au peuple de Dieu.
Comme un chef en Juda. Il formera l'un de ces milliers ou groupes de familles gouvernés par un chef et dont chaque tribu israélite renfermait un certain nombre (Michée 5.1, note ; 1Samuel 23.23) ; mais cela ne s'applique qu'au reste du peuple, de même que les promesses ne sont jamais faites à Israël qu'en vue du reste saint qui subsistera après la purification opérée par le jugement.
Comme un Jébusien. Pour illustrer cette idée de l'incorporation du peuple philistin au peuple de Dieu, Zacharie rappelle ce qui s'était passé sous David à l'égard des anciens habitants cananéens de Jérusalem, les Jébusiens. Après que David eut pris la citadelle (2Samuel 5.6), ils se fondirent dans le peuple d'Israël, dont ils adoptèrent les murs et la religion. Comparez l'histoire d'Arauna, 2Samuel 24.16 et suivants. Aussi l'Ancien Testament ne les nomme-t-il plus au nombre des peuplades idolâtres de la Palestine.
Si cette prophétie a un champ aussi limité que la Syrie, la Phénicie méridionale et la Philistie, c'est sans doute parce qu'elle est destinée à rappeler les anciennes promesses relatives au domaine normal du peuple de Dieu. Comparez pour la Syrie Genèse 15.18 ; Deutéronome 11.21 ; Ezéchiel 47.15 et suivants. On se demande encore pourquoi il n'est question que des voisins du nord et de l'ouest, et non d'Ammon, Moab, Edom, à l'est et au sud. Cela serait bien difficile à expliquer, si notre prophète vivait à la même époque que les anciens prophètes, tels qu'Amos et Esaïe, qui ont des menaces si sévères pour ces peuples ; tandis qu'après la captivité ils avaient, en quelque sorte, disparu de la scène, après avoir été exterminés à la suite des conquêtes babyloniennes.