Dès le verset 13, le ton change. Israël n'est plus un captif qui rentre dans sa patrie ; c'est un héros jouissant de sa liberté et dont l'Eternel arme le bras pour frapper ses ennemis. Le tableau suivant est un encouragement donné au peuple que l'Eternel a repris sous sa conduite.
Je bande Juda comme un arc... Juda est représenté comme un arc dans la main de Dieu, Ephraïm comme la flèche dont il l'arme. Après avoir ainsi fortifié son peuple, il l'envoie contre un ennemi tout nouveau. Cet ennemi est nommé Javan, c'est-à-dire, d'après le sens de ce mot dans tout l'Ancien Testament, les Grecs. Les Israélites n'avaient eu avec ce peuple aucun contact immédiat dans les temps antérieurs à la captivité. Joël 3.16 parle, il est vrai, de captifs israélites vendus aux Grecs par les Philistins, et ceux qui mettent Zacharie chapitres 9 à 14 dans la bouche d'un prophète des temps d'Osée et d'Esaïe rapportent à ce fait la punition dont Javan est ici menacé. Mais d'abord, cette circonstance n'était-elle pas trop insignifiante pour justifier les menaces contenues dans notre passage ? Les vrais coupables, dans cet acte, n'étaient pas ceux qui avaient acheté, mais ceux qui avaient vendu et qui sont aussi les seuls repris et menacés par Joël (comparez versets 4 avec 7 et 8). En général, Javan, comme ennemi d'Israël, est entièrement en dehors de l'horizon des prophètes d'avant l'exil, et rien n'est plus propre à prouver la composition de nos trois chapitres à une époque postérieure à celle de la captivité que cette guerre contre la Grèce, dont l'Eternel lui-même donne à son peuple le signal. C'est après le retour de l'exil que la Grèce prend également, dans les prophéties de Daniel, une place importante dans l'avenir d'Israël.