Chapitres 9 à 14 L'avenir d'Israël rétabli jusqu'à la fin des temps.
Les anciens savants juifs qui ont formé le recueil des Petits prophètes, ont attribué les deux morceaux prophétiques chapitres 9 à 11 et 12 à 14 au même prophète Zacharie, vivant après la captivité, duquel provenaient les deux morceaux précédents chapitres 1 à 6, puis 7 et 8, soit qu'ils les trouvassent déjà tous réunis en un seul livre, soit qu'ils eussent des raisons qui leur paraissaient suffisantes pour les attribuer tous au même auteur. Mais depuis deux siècles environ, des doutes sérieux se sont élevés sur cette identité d'auteur, et l'on a cru trouver, dans les deux derniers morceaux, des indices suffisants pour les attribuer, à deux prophètes vivant, l'un à l'époque d'Osée en Israël et d'Esaïe en Juda, l'autre beaucoup plus tard, à l'époque de Jérémie, ainsi tous deux avant la captivité de Babylone. De nos jours, une troisième opinion a surgi d'après laquelle le dernier morceau, 12 à 14, serait postérieur à l'époque même de Zacharie, le contemporain de Zorobabel et de Jéhosua, et appartiendrait à un prophète contemporain de Malachie ou même de beaucoup postérieur à ce dernier. N'ayant pas le droit d'affirmer l'infaillibilité des anciens savants juifs sur l'opinion desquels s'est formée la tradition généralement reçue chez les Juifs et chez les chrétiens, nous aurons à examiner impartialement, en étudiant ces six chapitres, à laquelle de ces situations convient le mieux leur contenu, et à formuler, en terminant, nos conclusions.
Chapitres 9 à 11 L'avenir d'Israël jusqu'aux temps du Messie.
Chapitre 9
Le prophète décrit d'abord le sort des nations voisines de la Palestine (versets 1 à 7), en contraste avec celui d'Israël restauré (verset 8) ; puis la venue du Roi de paix, le Messie, dans sa ville de Jérusalem (versets 9 et 10) ; il annonce ensuite une victoire merveilleuse des Israélites en lutte avec leurs ennemis, en particulier avec les Grecs (versets 11 à 17).
Sentence. On a parfois ponctué après ce mot, comme s'il formait le titre général des trois chapitres suivants. Mais le texte hébreu conduit plutôt à le lier à l'expression suivante : Parole de l'Eternel. C'est une déclaration de Dieu qui a le caractère d'une sentence.
Contre la terre d'Hadrac. Ce mot, qui ne se retrouve nulle part ailleurs et qui avait été expliqué autrefois d'une foule de manières, a reçu aujourd'hui sa vraie interprétation par le moyen d'inscriptions assyriennes. Il est en effet parlé à plusieurs reprises dans celles-ci d'un pays de Ha-ta-ri-ka comme désignant une partie de la Syrie, au nord et nord-est de la Palestine. On comprend ainsi les paroles suivantes : Elle s'arrête sur Damas ; la menace qui atteint le pays, frappe surtout sa capitale.
L'Eternel a l'il sur les hommes. Non pas, comme on a traduit parfois : Sur l'Eternel sont dirigés les yeux des hommes. Ce qui fait que Dieu frappe les hommes, c'est que lui-même les contemple.