Et tu prendras. Il ne s'agit pas d'employer au but qui va être indiqué toute la somme qui a été apportée par les députés : tu prendras ce qui sera nécessaire de l'argent et de l'or apportés par eux.
Des couronnes. Ce pluriel peut ne désigner qu'une couronne composée de plusieurs cercles d'or et d'argent, ou bien il peut désigner deux ou trois diadèmes distincts, de même qu'il est dit, Apocalypse 19.12, en parlant du Messie, qu'il portait sur sa tête plusieurs diadèmes, ce qui s'explique par le titre qui lui est donné ensuite : Roi des rois, Seigneur des seigneurs ; la multitude des couronnés serait donc le symbole de la royauté sur tous les peuples, de la souveraineté absolue. En tous cas, il ne peut être question ici de deux couronnes à placer, l'une sur la tête de Jéhosua, l'autre sur celle de Zorobabel ; car il n'est fait aucune mention de ce dernier, et l'insigne ordinaire du souverain sacrificateur comme tel, n'était pas la couronne, mais la tiare.
Tu les poseras sur la tête... Il devra mettre sur la tête du souverain sacrificateur l'emblème de la dignité royale. On sait que rien n'était plus profondément séparé dans la constitution théocratique que les deux fonctions royale et sacerdotale ; la première ne pouvait appartenir qu'à un descendant de David (de la tribu de Juda) ; la seconde, qu'à un descendant d'Aaron (de la tribu de Lévi). Il était donc impossible qu'un roi fût en même temps sacrificateur, ou l'inverse. Osias, pour avoir voulu renverser le mur de séparation élevé par la loi entre ces deux charges, fut frappé de la lèpre et mourut ignominieusement destitué. C'est cet article fondamental de la constitution israélite dont Zacharie proclame ici hardiment l'abolition. Les deux lignes si profondément séparées doivent se réunir à leur terme en se confondant en une seule et même personne, dont Jéhosua va devenirle type par l'acte symbolique accompli à son égard. Comparez 3.8 : Vous êtes des hommes servant de signes. On peut se demander par quelle raison c'est plutôt Jéhosua que Zorobabel qui a été choisi pour offrir le signe de la réunion finale des deux charges en la personne du Messie. Car il eût été tout aussi facile de faire placer une tiare sacerdotale sur la tête de Zorobabel, qu'une couronne royale sur celle de Jéhosua. La pensée divine n'est-elle point celle-ci : Ce n'est pas par la puissance royale que le Messie arrivera à accomplir la fonction de Médiateur entre Dieu et les hommes, qui est l'uvre de la sacrificature ; mais c'est, au contraire, en accomplissant comme sacrificateur la réconciliation des hommes avec Dieu que le Messie ouvrira le cur de ses frères à l'action de l'Esprit, par laquelle il deviendra leur roi. C'est donc la royauté, qui repose sur la sacrificature, et non pas l'inverse. Jéhosua est devenu Zorobabel, et non pas Zorobabel Jéhosua.