Le but de l'émigration est la plaine de Sinéar. Ce nom, connu par Genèse 10.10 ; 11.2, comme le nom le plus ancien de la Babylonie, est ici le symbole de la terre d'exil. Comme, avant la captivité de Babylone, Dieu disait au peuple, pour le menacer d'un nouvel esclavage : Je vous renverrai en Egypte (comparez Osée 8.13), ainsi, après l'exil de Babylone, c'est ce dernier pays qui devient l'emblème d'une captivité nouvelle.
Lui bâtir une maison. Cette image indique un établissement ferme et durable, une captivité permanente, bien plus longue que les soixante-dix années de l'exil. Le sens général de la vision est donc que non seulement les pécheurs, individuellement, seront châtiés, mais que, si le peuple vient à se laisser envahir tout entier par l'esprit de cupidité et d'improbité qui s'attache si aisément à l'activité commerciale, un jugement de Dieu le privera de nouveau de son habitation en Canaan et le dispersera au loin dans la terre des Gentils, représentée par la Babylonie.
Cette interprétation nous paraît préférable à celle qui voit dans la femme, non le peuple identifié avec son péché. mais le péché lui-même, uniquement, et trouve ainsi dans la vision une promesse de purification. Assurément, ce tableau ne fait point l'effet d'une promesse, pas plus que le précédent, et il est difficile de comprendre pourquoi l'improbité, dans ce cas, serait envoyée avec un si grand appareil en Babylone, au lieu d'être purement et simplement détruite.