Mais il y avait un peuple que la menace d'être privé de pluie n'inquiétait guère : c'étaient les Egyptiens, dont le pays était arrosé, non par les pluies du ciel, mais par les débordements réguliers du Nil. Ils semblaient être ainsi à l'abri du châtiment indiqué. Les termes par lesquels Zacharie répond à cette objection qu'il se fait lui-même, ont été compris de plusieurs manières. Deux seules traductions nous paraissent possibles :
- celle que nous avons donnée dans le texte, qui n'a contre elle que l'absence du signe ordinaire de l'interrogation en hébreu ;
- ou bien celle-ci : Et, si la famille d'Egypte ne monte pas et ne vient pas et qu'il n'y ait pas sur eux la plaie dont l'Eternel frappera les nations qui ne monteront pas pour célébrer la fête des Tabernacles... ici la phrase resterait suspendue le prophète n'indiquerait pas le moyen par lequel l'Eternel saura réduire ce peuple indocile ; ce serait un secret qu'il se réserve.
Mais il nous semble que le premier sens est réellement plus simple et que le prophète veut dire : Ne trouverai-je pas moyen de frapper aussi l'Egypte par le manque d'eau, malgré l'arrosement sur lequel elle croit pouvoir compter, grâce aux eaux du Nil ? On savait bien, chez les anciens, qu'en définitive c'était à la pluie tombant dans les régions tropicales que le Nil devait la crue de ses eaux.
Le prophète use de cette image pour exprimer cette idée que, si un peuple quelconque se laissait entraîner par sa présomption et sa confiance en lui-même à négliger de rendre à l'Eternel l'hommage qui lui est dû, Dieu saura bien le rappeler, quelque privilégié qu'il soit, au sentiment de sa dépendance.