Cette expression : attendre l'espérance paraît contradictoire en soi, et d'ailleurs, l'espérance, les chrétiens l'ont déjà. Mais elle devient claire si l'on observe que ce mot espérance est souvent employé pour l'objet de l'espérance, que Paul désigne ici lui-même "comme l'apparition de Jésus-Christ." (Comparer Actes 24.15 ; Galates 5.5 ; Colossiens 1.5 ; Romains 8.24)
- Paul appelle bienheureuse cette espérance, parce qu'elle embrasse à l'avance toutes les félicités de la vie éternelle.
Le sens de ces dernières paroles peut être sujet à quelque doute. Nous traduisons : l'apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et non : "du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ," comme le font plusieurs, parce que cette première version est plus conforme au texte grec. (Comparer Romains 9.5 note)
Toutefois, le sens de nos versions ordinaires est possible, quoique peu probable. Du reste, cette question que ni la grammaire ni la dogmatique ne décident d'une manière absolue, se présente fréquemment en des passages tels que les suivants : 2Pierre 1.1 ; Jude 4 ; 2Thessaloniciens 1.12.
Et si même dans les paroles qui nous occupent ici on voulait faire une distinction entre le grand Dieu et le Sauveur Jésus-Christ, ce texte n'en serait pas moins une preuve directe de la divinité de Christ, puisque la gloire de Dieu est sa gloire.
- La position du chrétien ici-bas est en état d'attente : l'Eglise attend l'apparition de son Sauveur, qui sera aussi glorieuse pour le Seigneur lui-même et pour ses rachetés que sa première apparition avait été humble et remplie d'opprobres et de souffrances. (Comparer Philippiens 3.20,21)
Cette pensée, cette attente habituelle est tout ce qu'il y a de plus propre à détruire en nous "les convoitises mondaines," et à y développer la vie chrétienne et sainte dont l'apôtre vient de retracer les principaux caractères. ( 2.12)