11 à 15
La grâce de Dieu salutaire à tous les hommes.
Les belles paroles qui suivent ici les exhortations de l'apôtre en indiquent le motif tout-puissant, et c'est pourquoi il les lie à ce qui précède par cette particule causative, car.
En effet, la manifestation de la grâce salutaire de Dieu, de cette grâce qui renferme et communique le salut, ne peut avoir d'autre but final que la complète sanctification de l'homme pécheur ; et ce but, elle l'atteint par degrés en tous ceux qui la reçoivent avec sincérité ; car elle ne montre pas seulement ce but, elle ne l'impose pas seulement comme une tâche légale à remplir, mais elle le fait aimer, et par là même elle donne la force d'y parvenir. (Voir la note suivants)
En disant que cette grâce est salutaire à tous les hommes, l'apôtre ne fait que répéter, en d'autres termes, ce qu'il a déjà clairement enseigné ailleurs, (1Timothée 2.4 ; 4.10) c'est-à-dire que, dans l'intention de Dieu, sa grâce peut s'étendre à tous, et que l'œuvre de rédemption qui nous l'a acquise est suffisante pour tous.
Ou bien, par ces paroles, l'apôtre voulait-il simplement exprimer une autre pensée qui lui est familière, savoir que la grâce de Dieu destine le salut, non seulement aux Juifs, mais à tous les peuples indistinctement, et faudrait-il y voir une déclaration contre le particularisme judaïsant, que les faux docteurs cherchaient à relever dans les Eglises ? C'est possible.
Et l'on exprimerait mieux encore cette pensée, si l'on traduisait ainsi ce verset : "La grâce salutaire de Dieu est apparue à tous les hommes," par la venue du Sauveur dans le monde et par la prédication de son Evangile, qui soit s'étendre à tous. Ce sens est adopté par plusieurs versions (Vulgate, la Bible anglaise, allemande, etc.)