Le vœu que Paul va formuler est la preuve (car) de l'intensité de sa douleur, qu'il a exprimée à verset 2.
Le mot anathème est, dans la version grecque des Septante, la traduction d'un mot hébreu qui désigne une chose comme vouée à Dieu et soustraite à tout usage profane. (Lévitique 27.28 ; Josué 6.17 ; 7.12) Cette consécration peut avoir pour effet sa conservation ou sa destruction "par interdit." Ici le mot est pris dans ce dernier sens, qu'il a seul gardé en français.
Je souhaiterais d'être anathème, loin du Christ (D et quelques majuscules ont : par le Christ) signifie : je souhaiterais d'être exclu de la communion du Christ et livré à la perdition. (comparez Galates 1.8,9 ; 1Corinthiens 16.22)
Les paroles de Paul rappellent celles de Moïse dans Exode 32.32 ; elles sont l'expression extrême d'un amour qui porte l'homme à faire pour ses frères le plus grand sacrifice qui se puisse imaginer. Mais un tel vœu était irréalisable ! L'impie seul peut être rejeté de Christ ; la félicité éternelle est inséparable de la sainteté.
Sans doute ; aussi le verbe, qui est à l'imparfait en grec, doit être traduit par un conditionnel : je souhaiterais, si la chose était possible. L'apôtre sait bien que son vœu ne peut s'accomplir.
D'anciens interprètes (la Vulgate, Luther, etc.) traduisent par l'imparfait : "je souhaitais," et estiment que Paul veut parler du temps qui précéda sa conversion, quand il persécutait les disciples de Jésus dans l'intérêt de ses frères Israélites. Ce sens s'accorde mal avec l'ensemble de la pensée : Paul a intérêt à exprimer les sentiments qu'il éprouve maintenant, comme apôtre des gentils et prédicateur du salut gratuit, et non à rappeler un vœu qu'il aurait fait autrefois dans son aveugle fanatisme de persécuteur des chrétiens.