L'apôtre poursuivant sa démonstration (car) cite la parole de l'Ecriture (c'est-à-dire de Dieu dans l'Ecriture) adressée à Pharaon, (Exode 9.16) et en tire la conclusion générale que Dieu exerce son autorité souveraine, non seulement quand il fait miséricorde, mais aussi quand il endurcit.
Bien plus, Paul en citant la parole adressée à Pharaon, la traduit de manière à en rendre les termes plus rigoureux qu'ils ne le sont dans la version grecque des Septante. L'hébreu porte littéralement : "Je t'ai fait tenir debout précisément pour cela, pour te faire voir ma puissance." Les Septante traduisent : "Et à cause de cela tu as été conservé, afin que je manifeste en toi ma puissance."
L'un et l'autre texte expriment l'idée que Pharaon, au milieu des terribles fléaux, qui déjà avaient atteint son pays et son peuple, n'avait pas péri, mais subsistait encore, par la volonté de Dieu, pour être le témoin et l'objet de jugements plus grands. (comparez Exode 9.15)
Le terme par lequel l'apôtre traduit l'original emporte l'idée que Dieu a suscité Pharaon, c'est-à-dire l'a fait naître et vivre, l'a placé sur le trône et même a dirigé le cours de ses sentiments, de manière à ce qu'il s'obstinât dans sa folle résistance ; et cela, afin de faire voir en lui sa puissance, par le châtiment retentissant qu'il lui infligerait.
Ce but était luimême subordonné au but suprême énoncé en ces termes : pour que mon nom soit publié par toute la terre. (Comparer Exode 15.14,15 ; Josué 2.9-10 ; 9.9)
- Quant à la conclusion générale que tire l'apôtre, (verset 18) il faut se rappeler d'abord qu'il caractérise l'attitude de Dieu envers des pécheurs qui ont encouru sa réprobation et ne méritent que le châtiment ; cela ressort du premier terme employé : Il fait miséricorde...
Et puis, il ne faut pas oublier que, de la part du Dieu saint et juste, qui ne peut faire le mal, endurcir est un jugement exercé sur le péché et la révolte de l'homme. (comparez Esaïe 6.9-10 ; Matthieu 13.13-15)
C'est ce qui ressort de toute l'Ecriture et, en particulier, du fait que l'apôtre commente ici, dans le récit qu'en fait l'Exode on lit tour à tour : "Pharaon endurcit son cœur ;" (Exode 8.15,28 ; 9.34) et, "Dieu endurcit le cœur de Pharaon." (Exode 4.21 ; 7.3) Comparer aussi Romains 1.24,26,28.
Enfin, il ne faut pas perdre de vue les conditions dans lesquelles Paul a été amené à cette affirmation absolue de la souveraineté de Dieu. Il réfute les Juifs, qui prétendaient restreindre la liberté divine, en affirmant que Dieu ne pouvait, en aucun cas, les exclure de son alliance, ni les priver des effets de la promesse.