Deuxième section. L'incrédulité du peuple en présence du salut par la foi. Ch. 9-11 La souveraineté absolue de Dieu. 9 :1-29 Chapitre 9. 1 à 5
La douleur de Paul au sujet des Israélites ses concitoyens.
L'apôtre a achevé, avec Romains 8. l'exposé du nouveau moyen de salut : la foi en Christ mort et ressuscité pour notre justification, notre sanctification et notre glorification finale. Après avoir démontre ainsi que "l'Evangile est la puissance de Dieu pour le salut de tout croyant," (Romains 1.16) il se trouve en présence d'un fait douloureux et troublant, qui semble infirmer sa démonstration : l'incrédulité d'Israël qui rejette cet Evangile.
En déclarant (Romains 1.16) que l'Evangile est la puissance salutaire de Dieu, il ajoutait : "pour le Juif premièrement." Le peuple élu de Dieu et préparé pendant des siècles à recevoir le Sauveur devait en effet, le tout premier, l'accueillir avec foi. Et voici que ce peuple, dans sa grande majorité, après avoir crucifié Jésus de Nazareth, repousse la prédication de ses apôtres. Cela n'est il pas en contradiction avec les promesses de Dieu qui doivent s'accomplir ? faudrait-il en conclure que le salut par la foi en Jésus-Christ n'est pas le vrai salut destiné par Dieu à son peuple ?
En abordant ce sujet, Paul est saisi par une émotion intense. Il affirme, par une sorte de serment et en invoquant le témoignage de Christ et de sa conscience éclairée par le SaintEsprit, qu'il ne ment pas quand il dit éprouver une grande tristesse et un continuel tourment. On sent, à la véhémence de sa protestation, qu'il veut se justifier de l'accusation, portée contre lui par les Juifs, d'avoir renié son peuple et de ne plus l'aimer.
Dire la vérité en Christ, c'est parler en sa présence, dans sa communion, qui nous garde de tout mensonge, de toute expression exagérée ou hypocrite. La conscience de l'apôtre, éclairée par l'Esprit saint, lui rend d'ailleurs le même témoignage. Comment dès lors ses lecteurs n'ajouteraient-ils pas foi à ce qu'il affirme ?
- Il ne dit pas quel est le sujet de sa douleur, non par une omission involontaire, mais parce qu'il lui en coûterait trop de l'énoncer expressément. Ce sujet, il laisse entendre, dans les verset 3 et suivants, quel il est : l'endurcissement d'Israël, obstiné à rejeter l'Evangile.
Paul va chercher à résoudre ce douloureux problème. Son amour pour Israël lui en fait une obligation, il le doit aussi pour convaincre ceux que la pensée de l'immutabilité des desseins de Dieu empêchait d'accepter l'Evangile, et qui opposaient au message de l'apôtre des gentils ce dilemme :"Ou Dieu est infidèle à ses promesses faites à Israël, ou Jésus que Paul prêche n'est pas le Christ du Seigneur, promis particulièrement à ce peuple."Calvin.
Paul s'acquitte de cette tache en exposant des vues hardies et profondes sur le plan de Dieu pour la rédemption du monde. Sa théodicée embrasse les points suivants :
1° Dieu est souverainement libre dans la dispensation de sa grâce. (versets 1-29)
2° C'est l'incrédulité d'Israël qui a causé son rejet. (Romains 9.30-10.21)
3° Il reste une consolation.
Plusieurs Israélites ont cru, l'endurcissement de la masse du peuple a été la richesse des gentils ; d'ailleurs, cet endurcissement ne persistera que jusqu'à ce que la plénitude des nations soit entrée ; alors tout Israël sera sauvé. Et à ce sujet, l'apôtre adore la profondeur et la sagesse des voies de Dieu. (Romains 11.1-36)