Christ en nous, vivant en nous par son Esprit, est la source de la vie spirituelle actuelle, et sera l'agent de la résurrection de notre corps au dernier jour. (verset 11)
Le péché, introduit dans le monde par la faute d'Adam, (Romains 5.12) est la cause de la mort du corps ; de même, la justice qui vient de Dieu, la justification saisie par la foi, est la cause de la vie de l'esprit, c'est à dire de l'organe par lequel l'homme entre en rapport avec Dieu et s'approprie la vie divine.
L'antithèse des termes mort, vie, est absolue, parce que l'apôtre présente les choses telles qu'elles sont aux yeux de Dieu.
Le corps est mort déjà, parce qu'il porte en lui la sentence et le germe de sa destruction, il est"adjugé et voué à la mort", comme dit Bengel. Mais, ajoute l'apôtre, afin de confirmer ce qu'il dit au verset 6, l'esprit est vie, et un jour Dieu, qui vous communique dès ici-bas cette vie impérissable, vivifiera aussi votre corps, afin d'arracher au péché ce dernier trophée de sa victoire (verset 11, comparez Jean 6.54,57).
La seconde affirmation : l'esprit est vie, n'est pas moins absolue que la première, et il ne faut pas l'affaiblir en traduisant : "l'esprit est vivant," ce qui pourrait s'entendre de son existence naturelle actuelle, tandis que l'apôtre veut dire que nous possédons la vie divine à cause de la justice de Christ.
Le croyant a été revêtu de cette justice qui permet à l'Esprit divin de s'unir à notre esprit pour lui communiquer la vie éternelle.
D'autres pensent que la justice désigne ici la sainteté communiquée au croyant ; cette interprétation renverse l'ordre des faits, la sainteté n'est pas la cause, elle est le fruit de la vie de l'Esprit.
On a proposé aussi d'entendre les mots : le corps est mort, dans un sens moral, de la mort au péché, comme dans Romains 6.2,11 ; mais le verset suivant, qui parle de résurrection, dans le sens propre du mot, ne permet pas cette interprétation.