L'apôtre explique et prouve (car) notre association à la mort et à la résurrection du Christ par une image empruntée à la nature : nous sommes devenus une même plante avec lui, nous sommes organiquement unis à lui, de manière à "croître avec lui."
Avec lui ne se lit pas dans l'original. Ceux qui se refusent à le sousentendre relient le verbe au complément suivant : "nous sommes organiquement unis à la ressemblance de sa mort."
Mais cette construction ne donne pas un sens satisfaisant : on ne peut être uni à une notion abstraite comme la ressemblance.
Il vaut mieux sous-entendre : avec lui ; Paul a omis ces mots parce que la pensée de l'union avec Christ domine tout le passage. (versets 3,6)
Le complément qui suit : par la ressemblance de sa mort, exprime le moyen par lequel nous sommes devenus une même plante avec Christ. L'union vivante de deux tiges de la même plante ou des rameaux et du tronc, tel est l'emblème de la communion du fidèle avec son Sauveur ; (Jean 15.1-5) tout est commun entre eux : la mort, la résurrection, la vie.
Dans Romains 11.17 et suivants l'apôtre emploie une autre image, celle de la greffe entée sur une plante.
Calvin identifie à tort les deux images ; mais, le commentaire qu'il donne de notre passage n'en conserve pas moins sa vérité :"Enter ne signifie pas seulement conformité d'exemple, mais emporte une conjonction secrète, par laquelle nous sommes tellement unis à lui, que nous donnant vie par son Esprit, il fait passer et comme découler sa vertu en nous. Comme donc le greffe a une condition commune de vie et de mort avec l'arbre auquel il est enté : ainsi il faut que nous soyons participants aussi bien tant de la vie de Christ que de sa mort...L'apôtre ne requiert point ici une chose qui se doive faire par notre diligence ou industrie ; mais il parle d'un entement fait de la main de Dieu."
- Christ n'est pas seulement un représentant de notre humanité, il est son chef, uni par un lien organique à tous les membres du corps (devenus une même plante avec lui) ; Sa mort est notre mort ; sa résurrection notre résurrection, sa vie notre vie.
Seulement, parce que la résurrection du fidèle, commencée spirituellement au dedans de lui, n'est pas encore consommée, et ne le sera que lorsque le corps lui-même y aura part en étant revêtu de l'immortalité. (Romains 8.11) L'apôtre en parle comme d'une chose future, objet de la foi et de l'espérance du chrétien : nous serons faits une même plante avec lui par la ressemblance de sa résurrection. Suivant d'autres interprètes, ce futur exprime simplement la conséquence logique.
- La ressemblance de sa mort et de sa résurrection signifie : une mort et une résurrection semblables à sa mort et à sa résurrection, qui les reproduisent spirituellement.
Les mots : à la ressemblance ne sont pas répétés avant : de sa résurrection, mais il faut les sous-entendre, car on ne peut traduire : "nous serons de sa résurrection," nous y aurons part.
- La première partie de l'image : "une même plante avec Christ dans sa mort", est développée dans versets 6,7 ; la seconde partie : "unis à Christ dans sa résurrection," dans versets 8-10.