Les mots qu'il vient d'employer pour caractériser la nouvelle condition du chrétien causent quelque scrupule à l'apôtre ; il sent le besoin d'expliquer que en traitant d'esclaves ceux qui obéissent à la justice, (versets 16,18) il parlait à la manière des hommes ; grec je dis une (parole) humaine.
Il tenait un tel langage à ses lecteurs à cause de la faiblesse de leur chair, c'est-à-dire, moins à cause de leur incapacité à comprendre intellectuellement la vérité, que parce qu'il tenait compte de leur manque de spiritualité : (1Corinthiens 3.1, suivants) charnels comme ils l'étaient, l'obéissance à la justice devait leur paraître, naturellement et au premier abord, une servitude. En réalité, elle est la seule vraie liberté. (Galates 5.13 ; Jean 8.36)
- L'apôtre termine par une exhortation : (grec) Comme vous avez, en effet, présenté vos membres esclaves à l'impureté et à l'iniquité, de même, maintenant, présentez vos membres esclaves à la justice pour la sanctification.
Cette exhortation est introduite comme une explication (en effet) de ce que Paul affirmait à verset 18 "vous êtes devenus esclaves de la justice." Elle met en garde ceux qui sont nés à la vie nouvelle contre le danger de retomber dans l'esclavage du péché, elle les presse de se mettre résolument et tout entiers au service de Dieu.
Quand nous laissons dominer dans nos membres l'impureté et l'iniquité, c'est-à-dire "l'absence de la loi," la "licence," cette licence devient le but, conscient ou non, de notre activité, de notre vie : nous agissons pour l'iniquité, celle-ci domine toujours plus en nous.
Ce n'est pas à d'anciens Juifs que Paul aurait pu dire que l'iniquité, la transgression de la loi, était le but de toute leur conduite précédente ; (Romains 10.2) il s'adresse à des païens de naissance.
Livrons, au contraire, nos membres en esclavage à la justice, et il en résultera la sanctification de toute notre vie, de tout notre être ; chacun de nos membres (verset 13) obéira à l'Esprit de Dieu avec une parfaite docilité. C'est là le suprême devoir du chrétien. Pour stimuler ses lecteurs à le remplir, l'apôtre les invite à comparer le fruit de leur vie passée, quand ils étaient esclaves du péché, avec celui qu'ils portent depuis qu'ils sont devenus esclaves de Dieu (versets 20-23)