La constance produit l'expérience.
Beaucoup de versions portent : "l'épreuve." Cette traduction ne serait admissible que si le mot "épreuve" exprimait, non l'action d'éprouver ou la condition de celui qui est éprouvé, mais le résultat de l'épreuve.
Le terme grec désigne proprement l'état de ce qui a été éprouvé et qui est sorti victorieusement de l'épreuve. Le terme d'expérience (adopté par Luther) nous paraît rendre assez bien cette idée. On pourrait traduire aussi : "fidélité éprouvée".
Dans Romains 14.18, l'adjectif de la même racine est employé pour désigner celui qui est "approuvé" des hommes. Dans 1Pierre 1.7 ; Jacques 1.3 (voir les notes), nous avons un substantif de la même racine, qui signifie : "le moyen par lequel on éprouve".
- Tel est donc pour le chrétien le résultat des afflictions supportées avec constance : elles manifestent ce qu'il y a de réel ou de non réel dans sa foi, dans sa vie intérieure.
"Un homme a de l'expérience quand, soumis à une forte épreuve, il peut en parler comme y ayant déjà passé."Luther.
- L'expérience produit l'espérance.
L'apôtre achève par ces mots de démontrer son affirmation : (verset 2) "Nous nous glorifions de l'espérance de la gloire de Dieu." En dépit des afflictions, l'espérance, joyeusement professée par le croyant dès le premier moment de sa justification, ne s'éteint pas, mais devient plus vive et plus ferme à mesure que sa foi, éprouvée dans la lutte, acquiert elle-même plus de certitude.
Avec sa justification, le croyant a reçu toute la vie nouvelle en germe ; ce germe, en se développant, devient un arbre qui, secoué par les vents, enfonce ses racines toujours plus profond dans le sol, et peut produire d'autant mieux les fruits qu'il est destiné à porter.