Le terme de loi désigne ici, comme 1Corinthiens 14.21, l'Ancien Testament en général, et se rapporte aux citations que l'apôtre vient de faire.
- Les Juifs pouvaient objecter que plusieurs des paroles citées par Paul avaient été dites des païens et non du peuple de l'alliance. Paul revendique le droit de les appliquer aussi aux membres de ce peuple. Les sévères jugements de l'Ancien Testament sur les païens n'avaient pas pour but d'enorgueillir les Juifs, mais de les avertir, de leur apprendre que, si leur conduite était semblable à celle des païens, les mêmes sentences les atteindraient à plus forte raison.
- On a voulu voir dans la loi, dont l'apôtre parle, la loi de la conscience, parce qu'il ajoute : afin que toute bouche soit fermée. Mais cette interprétation méconnaît :
1° que dans toute cette argumentation il est question des Juifs et de leur supériorité sur les païens, (versets 1,9) le compte des païens ayant déjà été réglé à Romains 1 ;
2° que si l'apôtre emploie la périphrase : "ce que la loi dit, elle le dit à ceux qui sont sous la loi," au lieu de dire simplement : "aux Juifs," c'est qu'il fait appel au bon sens de ses lecteurs : nous savons que...
Il est évident que la loi s'adresse au peuple auquel elle a été donnée.
Quant aux mots : afin que toute bouche soit fermée, on peut les expliquer ainsi : l'Ancien Testament enseigne aux Juifs la corruption de tous les hommes, afin qu'ils se reconnaissent coupables et perdus et que, eux ayant ainsi la bouche fermée, toute bouche le soit également, à plus forte raison.
- A un point de vue plus général, on pourrait se demander si ces descriptions de la corruption humaine s'appliquent également à tous les temps et à tous les individus, ou si elles ne sont vraies que des époques de grande dépravation et des hommes les plus profondément déchus.
Sans doute, il y a des degrés dans le mal, mais les plaintes douloureuses exhalées en tous temps par les serviteurs de Dieu, qui considèrent leur époque comme pire que les autres, prouvent l'universalité et la profondeur de la déchéance humaine.
Dans la nature, un fait qui se répète constamment révèle l'existence d'une loi de même, les péchés qui se produisent à toutes les époques ne sont pas dus à des circonstances accidentelles, mais ont leur source dans le cœur corrompu de l'homme.
Ce qui fait du reste que l'homme a tant de peine à se reconnaître coupable devant Dieu et à se sentir perdu, c'est qu'il se juge selon d'autres mesures que celles de la sainteté et de la perfection de Dieu qui se reflètent dans la loi ; de là le soin que prend l'apôtre de rappeler cette mesure absolue.