Les versets versets 7-10 sont destinés à développer le principe que Paul a exprimé à verset 2 : le jugement de Dieu est pour tous, Juifs ou Grecs, "selon la vérité," et qu'il confirme au verset 11 en disant : "devant Dieu il n'y a pas d'acception de personnes".
Il ne s'agit encore que du principe universel de la justice de Dieu et de la responsabilité de l'homme, et nullement du moyen par lequel l'homme peut arriver à un état de justice et de sainteté, qui lui permette de subsister devant Dieu.
L'apôtre, à moins de se mettre en contradiction avec tout son enseignement, et en particulier avec ce qu'il expose plus loin dans cette épître, ne peut vouloir dire qu'il y a des hommes qui, sans l'Evangile, et en s'appliquant par leurs propres forces à la pratique des bonnes œuvres, parviennent à la vie éternelle.
Il déclare seulement que de l'état moral de l'homme qu'il soit Juif ou Grec de race, dépendra la sentence prononcée sur lui au jour du jugement. Plus loin, il dira ce que Dieu a fait dans sa grâce Pour rendre l'homme pécheur acceptable devant lui.
En attendant, il oppose à l'esprit de dispute, au stérile savoir théologique, au désir d'avoir toujours raison, à l'orgueilleuse propre justice de ces Juifs qui se croyaient assurés de leur salut, alors qu'ils désobéissaient à la vérité et obéissaient à l'injustice, (Romains 1.18 ; 1Pierre 4.17) une invariable persévérance dans le bien, comme condition indispensable pour obtenir la récompense céleste et avoir part à la vie éternelle. (1Corinthiens 6.9,10)
C'est aussi ce que fait Jacques, (Jacques 1.22-27 ; 2.14-26) et le Sauveur lui-même (Matthieu 19.16 et suivants ; Luc 10.25 et suivants).
- Grec : Par (ou en) persévérance de bonne œuvre. La persévérance dans le bien (Romains 15.4,1Thessaloniciens 1.3 ; 2Corinthiens 1.6) est opposée à ces élans passagers dont les plus mauvais sont capables, mais qui s'arrêtent bientôt et ne portent pas de fruits.
L'œuvre bonne n'est pas seulement une œuvre conforme à la loi, mais une œuvre dont les motifs sont purs et qui est inspirée par la foi, sans laquelle il n'est pas possible d'être agréable à Dieu. (Hébreux 11.6)
"Quand l'apôtre dit que les fidèles, en persévérant en bonnes œuvres,cherchent gloire et honneur,il n'entend pas qu'ils aient pour leur but autre chose sinon le Seigneur, ou qu'ils désirent quelque chose plus haute et plus excellente que lui. Mais ils ne peuvent pas le chercher, que quant et quant ils ne prétendent et s'efforcent de parvenir à la béatitude de son royaume, de laquelle les mots ici mis contiennent une description."**Calvin.
Paul, comme Jésus lui-même, (Jean 5.44) oppose à la recherche de la vaine gloire qui vient des hommes, cette idole du pharisaïsme, la recherche de la gloire qui vient de Dieu seul.
- Dans la locution : "affliction et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal," l'âme serait spécialement mentionnée, suivant les uns, comme siège de la sensibilité ou comme base de la personnalité ; suivant d'autres, toute âme d'homme serait un hébraïsme équivalant à "tout homme".
- Le châtiment et la récompense sont destinés au Juif premièrement, puis au Grec, de même que la prédication de l'Evangile du salut. (Romains 1.16)
Le Juif jouit d'une prérogative comme membre du peuple élu, mais il encourt aussi une plus lourde responsabilité en vertu du principe posé par Jésus dans Luc 12.47,48. (Comparer Amos 3.2)