Le verbe que nous traduisons par s'approprier les dépouilles des idoles signifie proprement : "piller le temple".
Quelques commentateurs l'appliquent au culte que les Juifs célébraient dans le temple de Jérusalem, et l'entendent soit des trafics illicites que les prêtres autorisaient par amour de l'argent, (Matthieu 21.12,13) soit des fraudes pieuses que le peuple commettait dans ses offrandes. (Malachie 2.8,12,14 ; 3.8)
Mais ces infidélités dans le service de Dieu pouvaient fort bien se concilier avec l'horreur des idoles. Or l'apôtre oppose celle-ci à la pratique qu'il reproche aux Juifs.
Les temples dépouillés doivent donc être ceux des faux dieux. Les uns pensent qu'il s'agit d'attentats directs contre les sanctuaires païens (comparez Actes 19.37) d'autres estiment qu'il n'est pas prouvé que les Juifs commissent de tels attentats, qu'en tout cas ils devaient être rares, et que d'ailleurs ils étaient inspirés précisément par la haine des idoles.
Paul fait donc probablement allusion au brocantage et aux manœuvres, plus ou moins frauduleuses, par lesquelles les Juifs entraient en possession d'objets provenant des temples païens. Leur horreur des idoles ne les empêchait pas de considérer comme de bonne prise les objets précieux qui leur étaient consacrés.