Cette doxologie se trouvait placée, très anciennement déjà, à la fin de Romains 14. On la lit encore à cette place dans un manuscrit du huitième siècle et dans la grande majorité des minusc. La plupart des majuscules l'ont à la fin de l'épître. A et un autre l'ont aux deux endroits. Marcion, au témoignage d'Origène, l'avait tout à fait retranches.
Plusieurs critiques modernes se sont fondés sur ces variations du texte pour contester l'authenticité de la doxologie. Nous renvoyons à l'introduction pour toutes les questions relatives à l'intégrité des derniers chapitres de l'épître.
Les éditeurs et les exégètes les plus nombreux et les plus compétents admettent l'authenticité de la doxologie et estiment que sa vraie place est à la fin de Romains 16. Si elle a été transportée à la fin de Romains 14, c'est que l'on s'arrêtait là quand on lisait l'épître en public.
Elle termine admirablement la grande lettre apostolique, en la résumant tout entière dans un élan d'adoration.
L'apôtre, dans le besoin pressant d'attribuer toute gloire à Dieu, donne une dernière fois essor à la pensée qui remplit son cœur. Pour fortifier les chrétiens de Rome, il attend tout de Dieu, qui peut le faire par sa grâce, selon l'Evangile que Paul a annoncé et que, pour cela, il appelle mon Evangile. (Romains 2.16, note)
Cet Evangile consistait dans la prédication de Jésus-Christ, parce que le Sauveur en était l'objet, le centre et la vie.
Cet Evangile est la révélation du mystère (grec) tu durant des temps infinis (ou éternels).
Dans son conseil, Dieu avait arrêté de toute éternité le plan du salut, (1Corinthiens 2.7) mais il a gardé le silence à son sujet dans les temps infiniment longs qui se sont écoulés depuis la création du monde jusqu'à la venue du Sauveur. Pendant cette longue période d'attente les hommes ignorèrent ce que serait le salut que Dieu leur avait "promis par ses prophètes," (Romains 1.2) mais qui restait un "mystère" tant qu'il n'avait pas été "manifesté par l'apparition de notre Sauveur Jésus-Christ" (2Timothée 1.10 ; comparez Colossiens 1.25,26 ; 1.2,3).