L'apôtre, dans tout ce passage, parle au point de vue de l'institution idéale et divine de l'autorité ; il se tait sur les cas trop fréquents où les magistrats sont loin de répondre aux intentions de Dieu et de se montrer dignes de leur auguste charge.
Son silence a évidemment pour but de laisser subsister dans toute son étendue le principe de l'obéissance, alors même que ceux qui exercent l'autorité ne méritent pas personnellement le respect.
"Car Si le mauvais prince est un fléau du Seigneur pour punir les péchés du peuple, reconnaissons que. c'est par notre vice que cela advient, qu'une bénédiction excellente de Dieu nous est tournée en malédiction : et pourtant ne laissons point d'avoir en révérence la bonne ordonnance de Dieu."Calvin.
On se demande ici pourquoi Paul ne fait aucune mention du cas où l'autorité ordonne des choses qui se trouvent en opposition manifeste avec la Parole de Dieu, puisque ce fait se présentait si fréquemment au temps des apôtres et qu'eux mêmes avaient posé ce principe : "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes." (Actes 4.19 ; 5.29)
Paul ne mentionne pas ce principe, qu'il a bien su pratiquer à l'occasion, sans doute parce qu'il estime que le chrétien, consciencieusement soumis à l'autorité dans tout ce qui est du ressort de celle-ci, ne s'oppose pas réellement à elle quand il est contraint d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Il le fait en effet, à ses périls et risques, il souffre sans murmurer les conséquences de son obéissance à Dieu, la mort y comprise ; et en mourant, il priera encore pour l'autorité qui le persécute.
Les chrétiens n'ont commencé à transgresser la règle énoncée ici par l'apôtre que lorsqu'ils ont pris les armes pour défendre leur cause contre les autorités de leur pays ; mais alors aussi, ils ont "attiré sur eux un jugement." (verset 2)
- L'épée que le magistrat ne porte pas en vain est le symbole du pouvoir en général, et spécialement du droit d'ôter la vie. C'est trop presser ce terme que d'en faire un argument en faveur de la peine de mort.
L'autorité est (grec) ministre de Dieu, chargée de punir, (grec) justicier (ou vengeur) en vue de la colère (de Dieu) pour celui qui fait le mal.