La réintégration d'Israël dans l'alliance de grâce, sa conversion totale, que l'apôtre vient d'annoncer, (versets 11-15) est conforme à la consécration de ce peuple à Dieu, qui résultait de l'élection dont ses pères avaient été l'objet.
L'apôtre part de ce fait de l'élection d'Israël pour exhorter les gentils à respecter ce peuple, même dans sa déchéance (versets 17,18) et à veiller sur euxmêmes, de peur qu'un châtiment semblable ne les atteigne. (versets 19-21)
Considérant la bonté de Dieu, il montre ensuite la possibilité de la réhabilitation d'Israël, s'il ne s'obstine pas dans son incrédulité. (versets 22-24)
- Les prémices, dont il est question ici, étaient une portion que l'Israélite devait prélever sur la pâte confectionnée avec la première mouture de l'année. Il en faisait un gâteau qui était consacré à l'Eternel et mis à là disposition des sacrificateurs. (Nombres 15.17-21 ; Lévitique 23.15-17)
Ces prémices étaient par là même saintes et rendaient sainte toute la masse de la pâte, tout le pain dont se nourrissait le peuple de Dieu.
L'apôtre applique cette image aux ancêtres d'Israël dans leur relation avec ce peuple. Il en aperçoit aussitôt une autre, qui lui paraît plus propre encore à rendre sa pensée parce qu'elle lui permet de distinguer entre les Israélites fidèles et ceux qui ne le sont plus, c'est la comparaison de l'olivier, dont les branches participent de la nature de sa racine. Il développera cette dernière image dans les versets suivants.
Les prémices, la racine, ce sont les patriarches d'Israël. Dieu les avait élus ; (Genèse 17.7) il avait juré, en leur faveur, son alliance ; (Luc 1.73) il leur avait destiné le pays de Canaan et leur avait fait toutes les promesses spirituelles attachées à sa possession. Leur bénédiction repose sur le peuple, (Deutéronome 7.6-8) même après que la masse est déchue.
Un arbre peut avoir des branches stériles qui ne l'empêchent pas de porter encore du fruit (versets 23,28 ; comparez Esaïe 6.13). Paul retrouve ainsi son affirmation de versets 1,11 : Dieu n'a pas rejeté son peuple, Israël n'est pas tombé sans retour.