L'apôtre revient à son apostolat et déclare qu'il a reçu, par l'intermédiaire de Jésus-Christ, non seulement cet apostolat, mais avant tout la grâce, c'est-à-dire le don du salut, (1Corinthiens 15.10) qui en a été la source et l'âme.
C'est à tort que plusieurs ne voient dans ces deux termes qu'une seule et même chose et traduisent : "La grâce de l'apostolat".
"La grâce, il l'a en commun avec tous les fidèles, mais non l'apostolat."Augustin.
- Le but de la mission de Paul est d'annoncer et de produire parmi les gentils l'obéissance de la foi.
Cette expression est remarquable ; la foi, dans son essence subjective et morale, n'est autre chose que l'obéissance de l'homme à la grâce, à la volonté de Dieu qui lui offre le salut, comme l'incrédulité est la révolte de la créature contre le Créateur. (Romains 10.3 ; 2Thessaloniciens 1.8 ; Jean 3.36 ; 5.44)
D'autres traduisent : en vue de l'obéissance à la foi, à l'Evangile que Paul prêche, à la doctrine qu'il enseigne dans cette épître même ; mais le mot foi n'a jamais ce sens chez Paul.
- Le but suprême de cette mission destinée à propager l'obéissance de la foi, c'est d'exalter le nom de Christ (grec pour son nom) parmi tous les gentils. (Philippiens 2.9-11)
Le terme que nous traduisons par les gentils désigne les nations dans leur opposition à Israël, le peuple élu. (Genèse 12.3 ; Esaïe 11.10 ; 49.6 ; Galates 2.7-9)
Les interprètes qui pensent que l'Eglise de Rome était composée de Juifs convertis, sont obligés de prétendre que Paul compte la nation juive parmi toutes les nations. Mais Paul ne s'est jamais attribué un apostolat universel. (Comparer Romains 11.13 ; Galates 2.7-9)
La plupart de nos versions traduisent le terme en question par les païens, mais cette expression évoque une idée d'idolâtrie et de corruption morale, qui ne se trouve pas dans le mot grec.
Comment l'apôtre pourrait-il écrire (verset 6) aux chrétiens de Rome : "Vous êtes au nombre des païens, vous les appelés de Jésus-Christ ?"