Soit que l'apôtre reporte sa pensée sur les faux docteurs qu'il a désignés auparavant, (verset 2) soit qu'il ait en vue d'autres membres indignes de l'Eglise, qu'il avait eu souvent occasion de reprendre, de vive voix ou par ses lettres, il revient à eux maintenant avec une profonde douleur, afin de mettre en garde les fidèles contre un si pernicieux exemple. Ces hommes faisaient profession de christianisme, et pourtant ils étaient ennemis de la croix de Christ.
Il n'y a rien là de contradictoire, rien qui ne se voie chaque jour encore. Tant qu'il s'agit d'embrasser la doctrine de Jésus-Christ comme un système, ou de professer l'Evangile comme une religion de pures formes, les hommes dont parle l'apôtre sont des amis. Mais dès qu'il faut admettre dans toute sa signification et toute sa puissance ; dès qu'il faut consentir à n'être sauvé que par le mystérieux sacrifice du Calvaire, qui froisse et brise l'orgueil de la sagesse humaine et de toute propre justice ; dès qu'il faut prendre cette croix humiliante, la porter à la suite de Jésus, accepter d'y être crucifié avec lui, d'y mourir à soi-même, au monde, au péché, alors ces faux amis deviennent aussitôt des ennemis. Or c'est bien là ce que l'apôtre entend par ce seul mot, la croix. (Comparer 1Corinthiens 1.17,18 ; Galates 2.20 ; 5.11,24 ; 6.12-14)
L'inimitié de ces hommes, dont il va caractériser la vie, lui arrache des larmes de douleur.
"Et ces larmes, quel argument nous devons y voir, non de jalousie ou de haine pour de tels hommes, non du désir de les maudire, non d'un esprit poussé par la passion, mais d'un zèle plein de piété. Paul pleure, parce qu'il voit l'Eglise en danger de se perdre sous de telles influences."Calvin.