Ici se présente à l'apôtre l'idée que sa course et son travail (verset 16) pourraient bien se terminer par une mort sanglante. Et il entre héroïquement dans cette pensée. Sublime dévouement !
Dans l'incertitude où il était touchant l'issue de sa captivité, l'apôtre exprime tantôt la possibilité de sa mort, tantôt l'espoir qu'il restera pour son œuvre, (Philippiens 1.20-26) mais toujours en acceptant avec joie la volonté de Dieu, parce qu'il a entièrement renoncé à tout ce qui lui est propre.
Les termes dont il se sert sont tous empruntés au culte de l'Ancien Testament, et en particulier aux usages des sacrifices. Après le sacrifice sanglant, on répandait une libation de vin tout autour de l'autel. Or l'apôtre se représente d'abord son propre sang comme répandu et servant de libation : (2Timothée 4.6) puis changeant d'image, il se dépeint comme sacrificateur, offrant à Dieu ce peuple de croyants, convertis du paganisme ; (Romains 15.16) c'est là ce qu'il appelle le sacrifice de votre foi, dans lequel il fait le service sacerdotal.
Il se réjouit à cette pensée de la mort et il invite ses frères à s'en réjouir avec lui, (verset 18) ce qui serait de part et d'autre impossible si la volonté de Dieu n'était pas à tous plus chère que la vie même, et si tous n'avaient pas l'assurance que cette mort glorifierait Jésus-Christ et l'Evangile de sa grâce.