Dans la chair indique les rapports temporels qui liaient Philémon et Onésime ; dans le Seigneur, leur foi commune en lui, qui en faisait des frères bien-aimés.
Et l'apôtre n'oublie pas de mentionner son propre amour pour Onésime, afin de le rendre d'autant plus cher à son maître. Quelle profondeur, quelle délicatesse, quelle puissance d'affection chrétienne !
- Voilà, au fond, comment le christianisme résout la grave question de l'esclavage : du dedans au dehors ; non par la violence, mais par la puissance de l'amour en Christ.
En effet, soit que l'on voie dans ces mots : non plus comme un esclave, la demande positive de libérer Onésime, soit qu'on les restreigne aux sentiments de Philémon pour ce dernier, toujours est-il que les chaînes de l'esclave sont rompues, rompues par l'amour, et alors il est impossible que nul prétende les forger jamais de nouveau.
Quel chrétien pourrait imposer les flétrissures de l'esclavage à un frère bien-aimé ?
Les développements de l'Evangile de Jésus-Christ ont amené nécessairement l'abolition de l'esclavage, et l'amèneront partout. Esclavage et Evangile sont deux choses aussi incompatibles que la lumière et les ténèbres, que Christ et Bélial. (Comparer sur cette question 1Corinthiens 7.21, note ; 1Timothée 6.1,2, note.)