De vin et de cervoise, c'est-à-dire de toute boisson enivrante (voir Lévitique 10.9, note).
Vinaigre : boisson rafraîchissante. Ruth 2.14
Aucun produit de la vigne... Les mots que nous traduisons par pépin et peau de raisin ne se retrouvent pas ailleurs ; d'autres les entendent : depuis le verjus jusqu'aux vrilles de la vigne ; d'autres : depuis le verjus jusqu'au raisin mûr. Cette première obligation du naziréen allait donc beaucoup plus loin que celle imposée aux sacrificateurs qui ne devaient s'abstenir que de boissons fermentées et cela seulement durant le temps de leurs fonctions (Lévitique 10.9) ; le naziréen devait éviter, en outre, tout ce qui provenait de la vigne lors même que le danger d'enivrement n'existerait pas (raisin, moût, vinaigre, etc.), tandis qu'il ne lui était point interdit de manger du miel, des dattes ou de telle autre matière qui servait à préparer la cervoise. Cette exclusion spéciale et rigoureuse de la vigne ne s'explique donc pas suffisamment si on y voit une condamnation des jouissances sensuelles en général (voyez les gâteaux de raisin Osée 3.1) ; elle semble provenir du temps où les Israélites menaient encore la vie nomade ; car pour les nomades, la culture de la vigne est le symbole de la vie sédentaire et. de ses dangers. C'est une tradition analogue que nous trouvons chez les Récabites, qui ne cultivaient point la vigne, ni les champs, et vivaient sous des tentes (Jérémie 35.6-10), puis chez les Nabatéens et les Mahométans ; chez les Romains eux-mêmes, le prêtre de Jupiter, le flamen dialis, ne devait ni toucher un cep, ni suivre un chemin ombragé d'une treille. Le naziréen était donc, censé, revenir à la simplicité et à la pureté des murs patriarcales.