Poignée. Voir Lévitique 2.2
C'est sous cette forme que s'accomplira dans ce cas sur elle la sentence de mort prononcée sur les adultères.
Et demeurera féconde. Cette cérémonie ne lui nuira point ; il ne lui arrivera par ces eaux aucun des inconvénients signalés au verset 22.
Cette loi sur la jalousie est unique en son genre dans tout l'Ancien Testament, en ce qu'elle est la seule qui admette la procédure connue sous le nom d'ordalie ou jugement de Dieu ; tout au plus pourrait-on citer, comme analogie plus ou moins éloignée, le cas de la verge d'Aaron qui fleurit dans le Tabernacle (Nombres 17.1-13). Le recours au jugement de Dieu était pratiqué chez plusieurs peuples de l'antiquité ; cette institution se développa surtout pendant le moyen-âge, et le duel en est encore aujourd'hui un reste défiguré.
Toutefois la loi sur la jalousie diffère par deux traits essentiels du jugement de Dieu usité au moyen-âge. Celui-ci devait uniquement mettre en lumière l'innocence ou la culpabilité de l'accusé, après quoi c'était au juge humain de prononcer une peine, si le crime était constaté ; puis l'épreuve était, de sa nature, dangereuse, et l'intervention de Dieu consistait à préserver l'innocent de ses conséquences funestes. Dans notre loi, c'est Dieu qui frappe de la peine en même temps qu'il prononce la sentence de culpabilité, et les eaux amères, inoffensives en elles-mêmes, ne deviennent malsaines que pour la coupable.
Cette loi tout entière porte le cachet d'une haute antiquité. Un détail doit faire admettre qu'elle a été, écrite avant la construction du temple : le temple était dallé, et c'est dans le Tabernacle seulement que l'on pouvait ramasser de la poussière du sol. Après l'exil, les Juifs cherchèrent à restreindre beaucoup le nombre des cas où cette loi était appliquée et ils finirent par l'abolir complètement, peu avant la ruine de Jérusalem.