Les villes lévitiques
1 à 8 Loi sur les villes lévitiques en général.
Cette loi et la suivante sur les villes de refuge se rattachent à la législation élohiste, dont elles portent tous les caractères. Comme la tribu de Lévi n'a pas d'héritage dans le pays de Canaan (18.20,23,24 ; 26.62), Moïse lui assigne quarante-huit villes où les Lévites habiteront et autour desquelles ils auront des pâturages pour leurs bestiaux. Tout en demeurant réunis en groupes, ils pourront ainsi maintenir dans toutes les tribus la connaissance de la vraie religion, et il leur sera plus facile de percevoir les dîmes, qui sont leur seule ressource. Ainsi s'accomplit, sous forme de bénédiction la parole de menace prononcée par Jacob, Genèse 49.7 ; voir note.
Leur mode d'habitation décrit par Ezéchiel, d'après lequel ils vivent tous réunis dans un territoire d'environ quatre-vingt-quatre kilomètres carrés au nord du temple, a évidemment un caractère idéal, tandis que l'institution renfermée dans le code sacerdotal se rattache tout naturellement à la circonstance historique du partage de Canaan. Cette institution est donc absolument indépendante de la prophétie d'Ezéchiel et antérieure à celle-ci (Ezéchiel 48.9 et suivants).
Josué 21.1-45 raconte comment Josué et Eléazar exécutèrent la loi de Moïse. D'après ce récit il ne semble pas que la prescription de notre verset 8 ait été observée, puisque chaque tribu fournit à peu près le même nombre de villes lévitiques. Mais on peut supposer que les grandes tribus fournirent des villes plus considérables. En général, l'ordonnance relative aux villes lévitiques ne reçut qu'une exécution relative, d'abord parce qu'une partie de ces villes ne furent conquises que plus tard, puis parce que bien des Lévites furent souvent amenés par des circonstances privées et par les malheurs des temps à déserter les villes qui leur avaient été assignées. Mais voir cependant 1Chroniques 13.2.
Certaines villes, telles que Nob et Silo, quoique n'étant pas lévitiques, devinrent villes sacerdotales par l'établissement du sanctuaire dans leur sein. On a prétendu que la dispersion des Lévites en Canaan était contraire à l'obligation qu'ils avaient de servir au sanctuaire. Mais il y avait des classes de Lévites comme des classes de sacrificateurs ; comparez Josèphe, Antiquités VII 14.7. Elles officiaient tour à tour à Jérusalem, et à côté de cela elles exerçaient des fonctions civiles et religieuses, comme celles de juges et d'écrivains, dans tout le pays. Le schisme entre les deux royaumes fit naturellement tomber cet ordre de choses pour celui d'Israël.