Il n'en manque pas un. Il n'est point parlé d'une intervention miraculeuse. C'est ici l'un de ces faits comme on en rencontre plusieurs dans l'histoire ancienne et moderne ; ainsi celui que raconte Tacite, Annales, XIII, 39, où nous voyons les Romains s'emparer d'une forteresse parthe et en massacrer toute la garnison sans perdre un seul homme, ou celui de la bataille racontée par Strabon, XXI, 1128, dans laquelle les Romains tuèrent mille Arabes en ne perdant que deux hommes. D'après le témoignage de Henri Arnaud, chef des Vaudois dans leur glorieuse rentrée en 1689, ces sept cents hommes, dans dix-huit attaques qu'ils firent ou soutinrent, ne perdirent que trente personnes, et cependant ils avaient à lutter contre une armée de 22 000 hommes bien disciplinés et armés, et commandés par d'excellents généraux (Catinat), dont 10 000 furent tués. Arnaud raconte une circonstance particulière dans laquelle les Vaudois anéantirent un détachement de cinq cents hommes qui s'était avancé contre eux et dont il n'échappa que dix à douze, tandis que les Vaudois n'eurent ni mort ni blessé.