Vingt-deux mille deux cent soixante-treize. Ce nombre soulève une difficulté. Le rapport ordinaire du nombre des premiers-nés avec celui des hommes d'un peuple est celui de 1 à 4. Or, en évaluant à un million le nombre des Israélites hommes, ce rapport serait ici de 1 à 40 ou 45, ce qui est dix fois trop peu.
On a supposé que le recensement ne porta que sur les premiers-nés venus au monde depuis le moment où Dieu avait promulgué cette loi du rachat lors de la sortie d'Egypte (Exode 13.2-15), soit depuis un an ; mais le chiffre serait alors trop élevé. Il faut plutôt tenir compte des circonstances suivantes :
- Notre texte n'insiste que sur la primogéniture masculine ; ainsi dans toute famille ou le premier enfant était une fille, il n'y avait pas de premier-né.
- Il est probable qu'un fils aîné marié ne comptait plus comme premier-né, étant lui-même chef de famille ; ainsi, supposant un grand-père, son fils et son petit-fils non marié, tous trois premiers-nés, le dernier seul pouvait compter.
- La polygamie existait chez les Israélites ; or, le seul fils aîné de la femme en titre était envisagé comme premier-né.
- Ce n'était que depuis l'âge d'un mois que les premiers-nés étaient comptés. et un grand nombre mouraient certainement avant d'atteindre cet âge, surtout dans les circonstances défavorables de la vie du désert.
- Dans les six cent mille hommes portant les armes étaient compris beaucoup d'étrangers égyptiens ou autres, dont les premiers-nés ne pouvaient être comptés.
Le nombre indiqué est donc historiquement admissible.