S'arrêta dans le désert de Paran. On a parfois identifié cet arrêt de la nuée et du peuple avec celui dont il est parlé 13.1, qui fut celui de Kadès, et on en a conclu que le verset 11 comprenait toute la première partie du voyage dans le désert, telle qu'elle se trouvait dans le document élohiste (en y ajoutant l'ordonnance suivante sur la Pâque). Mais l'expression s'arrêta dans le ou au désert peut tout aussi bien désigner un arrêt au commencement qu'à la fin du désert de Paran ; et même beaucoup plus naturellement, puisque le verset 12 paraît indiquer le moment où Israël passa du désert de Sinaï à celui de Paran, au nord du précédent. Ce qui confirme ce sens, ce sont les trois jours de marche dont il est parlé au verset 33 qui aboutirent à la station de Kibroth-Hatthaava, suivie de celle de Hatséroth (verset 35).
Un voyageur moderne, Schubert, en 1837, fit en deux jours et demi ce chemin que durent faire les Israélites depuis Sinaï (Reise in das Morgenland, tome II, page 356). Parti le 7 mars du Sinaï, le 9 il voyait au nord et nord-ouest la chaîne du Tih comme une grande muraille ; vers deux heures de l'après-midi il atteignait une belle vallée avec une source que les Bédouins appelaient Aïn-el-Hadhra (selon Burkhardt) ou Hudhera (selon Robinson) ; à la suite venait un plateau qu'ils désignaient du nom de Phara. Le géographe Ritter (Erdkunde, tome I, pages 268-270) n'hésite pas à reconnaître dans le nom de Phara celui de Paran (Pharan), et dans le nom de Hudhera, celui de Hatséroth, et à dire : C'est ici que commençait le grand désert de Paran que le peuple traversa de Hatséroth à Kadès (page 1087). Si Schubert ne mit que deux journées et demie pour arriver à cette localité que les Israélites atteignirent au bout de trois jours, il n'y a rien là que de naturel, une caravane de voyage devant marcher plus vite que tout un peuple. Ainsi s'explique très naturellement la parole 13.1, où nous verrons le peuple repartir de Hatséroth pour traverser le désert de Paran à l'extrémité nord duquel se trouvait Kadès.