Les portes des fleuves. Plusieurs interprètes pensent que ces mots désignent des écluses que l'ennemi aurait ouvertes pour renverser les murs en précipitant dans les fossés une masse d'eau considérable. L'historien Ctésias, et d'après lui Diodore de Sicile, racontent en effet que les Mèdes assiégeaient Ninive depuis trois ans quand une crue subite du Tigre leur livra la ville en emportant les murs sur une longueur de vingt stades (400 m environ). Mais il n'est question dans ce passage que d'un accident naturel absolument imprévu et dont l'ennemi sait profiter, tandis que Nahum décrit les opérations militaires d'une armée attaquant une place forte. Il nous semble donc plus naturel d'entendre tout simplement par les portes des fleuves les portes situées au bord des canaux et des fossés des fortifications ; elles semblaient imprenables, mais l'énergie des Ninivites est tellement paralysée que ces portes sont livrées sans résistance à l'armée ennemie.
Le palais se fond, non que l'inondation en mine les fondements, car tous les palais de Ninive sont situés au sommet de collines ; le palais parait être, pris ici pour les gens du palais ; le cur manque au roi et à son conseil, leur courage s'évanouit dès l'instant où les portes sont forcées.