C'est pourquoi... L'idée est que, tant que le Messie, restaurateur d'Israël, n'a pas paru, le peuple demeure dans un état de souffrance et d'humiliation : Il (l'Eternel) les livrera (entre les mains de leurs ennemis, voir 4.10,14) jusqu'au temps où...
La mère, littéralement : celle qui doit enfanter ; évidemment la mère du Messie. Qui est cette mère ? D'après 4.9-10, on pourrait appliquer ce terme à la communauté d'Israël : les douleurs de l'exil seraient pour elle comme les souffrances de l'enfantement du Messie ; la naissance de l'enfant serait l'image de l'avènement du Libérateur, fruit de toutes ces douleurs. Le type de Rachel enfantant Benjamin, que le prophète avait devant les yeux en écrivant 4.8 et suivants, et que rappelle ici le nom d'Ephrata (verset 1 ; comparez Genèse 35.16) serait favorable à cette interprétation ; car Rachel est le symbole de la communauté israélite. Mais ce type conduirait à une application différente (voir Jérémie 31.15-17 : Rachel retrouvant, après l'exil, de nombreux fils dans le peuple restauré ; comparez Esaïe 54.1 et suivants ; Esaïe 66.7-9). Et surtout la fin de notre verset ne permet pas d'admettre que Michée ait voulu représenter la nation israélite comme la mère du Messie, puisqu'il désigne les membres du peuple comme ses frères. Celle qui enfante ne désigne donc pas un personnage collectif, mais une personne réelle, la femme (encore inconnue de lui) que le prophète contemple en esprit comme déjà prête à enfanter le Sauveur. C'est ici un nouveau et remarquable trait de rapprochement entre Michée et Esaïe 7.14.
La fin du verset commence l'énumération des bénédictions que le Messie apportera à son peuple. La première sera la cessation de la division dont il souffrait depuis plusieurs siècles, la réunion complète de la famille du Messie, que les prophètes ont toujours promise (2.12 ; comparez Esaïe 11.13 ; Osée 3.5 ; Jérémie 3.18).
Le reste de ses frères désigne les dix tribus dispersées, venant après l'exil rejoindre les enfants de Juda sous le sceptre du Messie.
Les fils d'Israël désignent Juda, la tribu royale, demeurée attachée à la maison de David, en face du royaume infidèle des dix tribus. Elle était, au temps de Michée, le vrai corps de la nation, et elle formera un jour le noyau du peuple restauré, auquel se rallieront les autres tribus. Ainsi se réalisera en la personne du Messie le type offert par David, son aïeul, quand, après avoir régné sur Juda seulement, il vit toutes les tribus d'Israël se joindre à lui et le reconnaître pour roi, en lui disant : Nous sommes tes os et ta chair (2Samuel 5.1).