Le péché ; son châtiment et le rétablissement du peuple entier à la fin des temps.
Après avoir annoncé d'une manière générale, dans le chapitre 1, le jugement qui menace les deux royaumes, le prophète remonte à la cause de ce jugement, le péché, et censure tout spécialement les faits scandaleux dont se rendent coupables les grands de Jérusalem ; leurs injustices, l'oppression des petits, qui seront châtiées par l'exil (versets 4 à 5). Puis, en face des faux prophètes qui entretiennent le peuple dans l'illusion et l'affermissent dans son impiété, il justifie ces menaces en ajoutant de nouveaux traits au tableau qu'il vient de tracer de l'état du peuple (versets 6 à 11). Il termine par une brève promesse du rétablissement d'Israël après le jugement (versets 12 et 13).
1 à 5 Les injustices des grands, punies par la perte de leur héritage, c'est-à-dire de la terre de Canaan.
Ce discours de menaces s'adresse spécialement aux hautes classes de la capitale. C'est elles qui donnent au reste du peuple l'exemple des péchés dont le prophète, qui habite à Jérusalem, est le témoin indigné. C'est donc de Juda qu'il s'agit surtout dans tout ce qui suit.
Mallheur à ceux qui... Comparez le discours analogue Esaïe 5.8 et suivants, qui censure les mêmes crimes, si souvent rappelés par les prophètes.
Trois degrés dans le développement de leur injustice : ils emploient la nuit, le temps de la méditation tranquille, Psaumes 4.5, à méditer par quelles manuvres criminelles ils dépouilleront les petits de leurs biens ; puis à préparer les moyens d'exécution (trament) ; enfin, à peine le jour luit, qu'ils exécutent hâtivement les crimes projetés. Ils font donc le mal non par entraînement, mais de propos délibéré ; et rien ne les arrête, car ils ont pour dieu leur bras, c'est-à-dire qu'ils ne connaissent pas de puissance supérieure à leur propre force et n'ont d'autre loi que leur volonté. Comparez Habakuk 1.11.