Moréseth-Gath, c'est-à-dire Moréseth près Gath : la patrie de Michée (voir à 1.1).
Tu renonceras à tes droits sur... Il y a sans doute ici un jeu de mots, le nom de Moréseth rappelant le mot morasa : fiancée. Plusieurs traduisent : Tu donneras la lettre de divorce à Moréseth-Gath ; c'est-à-dire : Tu avais fait un riche mariage avec Moréseth (la fiancée), en la possédant, tu devras (malgré toi) te séparer d'elle (la céder à l'ennemi). Mais l'hébreu a un autre terme pour désigner la lettre de divorce (sepher cherithouth). Le mot schillouchim (éloignement, renvoi), employé ici, se dit des présents que les parents de la fiancée lui donnent au moment où elle les quitte pour joindre son mari ; ainsi 1Rois 9.16, il désigne la dot de la fille de Pharaon, femme de Salomon. Le sens est donc : Tu donneras des présents à Moréseth (la fiancée), c'est-à-dire : Tu devras la céder à un autre, avec des présents pour son nouveau maître ; tu la donneras, et bien davantage encore, à l'ennemi.
Un autre jeu de mots serait possible encore : comme moréseth signifie héritage, propriété, le sens pourrait être : Tu devras renoncer à la possession de cette ville qui semblait devoir te rester, puisque son nom signifie propriété.
Aczib : probablement aujourd'hui Kussabeh, ruines au sud-ouest de Beit-Jibrin, dans la plaine de Juda (Josué 15.44). Michée fait allusion au sens du mot aczab : mensonge, déception. Voilà ce que cette ville sera pour les rois d'Israël : elle les trompera, comme un torrent desséché trompe en été le voyageur altéré (comparez Jérémie 15.18 ; Job 6.15-20) ; ils attendront vainement d'elle le secours espéré. Le pluriel les rois désigne sans doute les souverains des deux royaumes de Juda et d'Israël, dont le conquérant païen est l'ennemi commun.