On a interprété de diverses manières ces questions des justes. On y a vu un signe de leur modestie, de leur humilité, dont pourtant ils n'avaient pas même conscience. On y a trouvé encore la pensée qu'ils avaient oublié leurs bonnes œuvres pour ne se souvenir que de leurs fautes, n'ayant jamais espéré en quoi que ce soit pour subsister en jugement, si ce n'est en la grâce et la miséricorde de Dieu.
Sans doute, ces suppositions sont fondées, mais la cause principale de l'étonnement des justes, c'est l'idée exprimée par le Sauveur, (versets 35,36) qu'ils aient fait à lui-même ce qu'ils avaient fait pour des malheureux. Ils refusent à leurs œuvres la valeur immense qu'elles acquièrent tout à coup à leurs yeux par le fait que le Roi (verset 34) s'identifie ainsi avec les plus pauvres des hommes.
"Les fidèles n'estiment point leurs bonnes œuvres, ni les impies leurs mauvaises, (verset 44) comme le fait le juge."Bengel.
Du reste l'expression de l'étonnement des justes est destinée à provoquer la réponse du Roi. (verset 40)