Par cette expression solennelle et douloureuse, le Messie sauveur prend congé de son peuple, jusqu'au moment de son second avènement, où il sera reçu avec joie par cette acclamation qui a retenti autour de lui lors de son entrée à Jérusalem (Matthieu 21.9 ; Psaumes 118.26) et qui retentira de nouveau lorsque le peuple d'Israël converti saluera le Sauveur revenant dans la gloire. (Romains 11.25 et suivants)
Tel est le sens de ces paroles qui se présente le plus naturellement à l'esprit.
D'autres interprètes (Calvin, Meyer) considèrent ces paroles comme adressées exclusivement à la ville de Jérusalem qui devait être détruite, ce qui ne laissait guère lieu à la repentance et à la conversion de ses habitants. Jésus affirmerait simplement que même ses ennemis le reconnaîtront comme Messie quand il viendra dans sa gloire, mais avec terreur en présence du jugement suprême.
Cette interprétation est inadmissible, car l'acclamation : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, ne peut être qu'un cri d'adoration et d'amour dans la bouche de ceux qui ont cru. Et d'ailleurs combien des habitants de Jérusalem furent convertis au Seigneur, déjà dans les quarante années de la patience de Dieu qui leur furent laissées encore, et devinrent ainsi les prémices de leur peuple !
- Ces grandes pensées, par lesquelles Jésus prend un solennel congé de Jérusalem et de son peuple, préparent la prophétie qui va suivre. (Chap. 24.)