Pourquoi ce silence qui était si peu dans les habitudes de Jésus, et qui dut paraître si dur à cette pauvre femme ? Plusieurs interprètes, depuis les Pères de l'Eglise jusqu'aux Réformateurs et aux modernes, n'ont vu dans ce silence comme dans tout le dialogue qui va suivre, qu'un moyen par lequel Jésus voulait éprouver et affermir la foi de la Cananéenne. (verset 28)
Sans aucun doute, tel fut le résultat de la conduite du Sauveur en cette occasion mais en était-ce bien la raison ? N'y a-t-il pas quelque chose qui répugne à une conscience délicate, dans la pensée d'attribuer à Jésus cette espèce de feinte en présence d'une telle douleur, même dans le but le plus excellent ? Lui-même a tranché la question par la parole la plus claire, (verset 24) et c'est à la lumière de cette parole, prise au sérieux, que les meilleurs exégètes interprètent aujourd'hui la manière dont Jésus agit en cette circonstance.
On a souvent attribué à ces paroles des disciples un sens de pur égoïsme, comme s'ils n'avaient eu d'autre pensée que de débarrasser leur Maître et eux-mêmes de l'importunité de cette femme. Il est évident, par le motif qu'ils expriment, qu'il y avait quelque peu de ces mauvais sentiments dans leurs cœurs.
Mais ils désiraient aussi que Jésus ne la renvoyât qu'après lui avoir accordé sa demande. C'est ce que montre ce mot : ils le priaient : c'est ce que prouve plus clairement encore la réponse de Jésus. (verset 24)