Application nouvelle de l'image déjà employée Matthieu 7.16-20, mais cette application n est pas sans difficultés.
1° Le verbefaites n'est pas pris dans son sens ordinaire, dans lequel l'image ne serait pas naturelle. En effet, si l'on peut, par la greffe, faire l'arbre bon et par là même son fruit bon, il n'est pas d'usage de faire l'arbre mauvais.
Dès lors, la plupart des interprètes entendent le verbe faire dans ce sens qu'il a aussi en français : représenter comme, supposer. Le Sauveur veut dire : Soyez conséquents ; si vous admettez que le fruit est bon, admettez-le aussi de l'arbre, et l'inverse.
2° A qui Jésus applique-t-il ce principe ? A lui-même, répondent plusieurs interprètes, et ce serait là une réfutation de la fausse accusation des adversaires ; (verset 24) chasser les démons est une bonne œuvre, un bon fruit, comment donc, moi qui le produis serais-je mauvais, animé par l'esprit de ténèbres ? N'est-ce pas au fruit qu'on connaît l'arbre ?
Cette interprétation est en harmonie avec la pensée générale du discours qui est destiné à justifier Jésus de l'accusation portée contre lui. D'autres pensent que Jésus applique ces paroles aux pharisiens et à ceux qui parlent contre le Saint-Esprit. (verset 32) Ils attirent sur eux la condamnation par leur seule parole ; mais ce jugement ne doit pas paraître trop sévère, car leur parole révèle l'état de leur cœur et de tout leur état moral. Ce sens est plus en harmonie avec le contexte immédiat. (versets 34,36)