Cette expression afin que fût accompli, qui revient si souvent dans cet évangile, doit se prendre dans son sens naturel et grammatical, afin que et non en sorte que.
Il fallait que l'événement eut lieu, parce qu'il était dans le plan de Dieu et annoncé à l'avance. Seulement il faut faire deux remarques :
1° Que c'est ce plan de Dieu qui rendait l'accomplissement nécessaire, et que l'évangéliste ne veut pas dire que l'événement n'ait eu lieu que pour accomplir une prophétie et pour manifester ainsi la toute-science et la toute-puissance de Dieu ; en d'autres termes, la prophétie était faite pour l'événement et non l'événement pour la prophétie.
2° Ce qui est indiqué par l'évangéliste comme accompli, ce ne sont pas toujours des prophéties directes dont cet événement fût le premier et l'unique accomplissement ; mais souvent la prophétie se rapportait d'abord à un autre objet et avait eu déjà un premier accomplissement, en sorte que celui que note l'évangéliste n'est qu'un accomplissement typique. Tel est le cas de la prophétie qu'il cite ici comme accomplie. (Voir la note suivante.)