Ce terme fils de David devait sans doute rappeler à Joseph les promesses faites à la maison de ce roi d'Israël et qui allaient s'accomplir. Sa foi à la Parole de Dieu devait lui venir en aide dans ses doutes actuels. La prendre auprès de toi, c'est-à-dire l'épouser publiquement, suivant le cérémonial en usage. (Comparer verset 25, note.)
Ta femme, parce que, chez les Hébreux, les fiançailles étaient, avec raison, regardées comme équivalentes au mariage. (verset 24)
Ce fait divin, que l'évangéliste a déjà indiqué (v 18), est révélé à Joseph par un ange de Dieu, dans le but spécial de dissiper tous ses doutes. De ou de par l'Esprit-Saint indique la cause efficiente de l'existence humaine de Jésus. Cet Esprit de Dieu qui "se mouvait sur les eaux" du chaos, Genèse 1.2 pour y créer la vie et l'harmonie, cet Esprit, source de toute existence, fut, par un acte de la puissance créatrice qui lui est propre, l'agent du miracle.
Ce miracle, l'Eglise y a toujours cru, non seulement parce qu'il est si simplement raconté ici et dans l'évangile de Luc comme un fait historique, mais parce qu'il est une donnée nécessaire dans l'œuvre divine de la rédemption du monde. Quiconque croit avec saint Jean que la Parole éternelle a été faite chair, que le Fils de Dieu est devenu fils de l'homme, que Jésus-Christ a été parfaitement saint, que, second Adam, il a été a l'origine d'une humanité nouvelle, admettra aussi qu'il a fallu cette exception unique dans notre race corrompue pour briser la filiation des générations naturelles.
La rédemption, qui est une création nouvelle, ne pouvait pas sortir de notre humanité, bien qu'elle dût s'accomplir en elle par un être qui en fit partie. On voit par là l'importance de ce point de départ et dans la vie de Jésus et dans le christianisme tout entier, comme aussi les conséquences de la négation de cette vérité historique. Il en est une qu'on n'envisage qu'avec une répugnance profonde : c'est que, dans la situation qui nous est ici racontée de la mère du Sauveur, si la parole de l'ange n'est pas vraie,...on touche à un blasphème !