Les exégètes se sont donné beaucoup de peine pour retrouver la division d'après laquelle l'auteur établissait ces trois séries de quatorze générations. Nous remarquerons seulement que les générations de la première période, d'Abraham à David, sont énumérées, sans omission, conformément à : 1Chroniques 1.34 ; 2.1-15 ; elles sont au nombre de quatorze. Dans la seconde période, l'auteur a retranché quatre rois de Juda : Achazia, Joas, Amazia, entre Joram et Ozias, (verset 8) et Jojakim, entre Josias et Jechonias. (verset 11)
On cherche en vain les raisons de ces retranchements. La liste a de la sorte quatorze noms, si l'on compte Jechonias comme le dernier de cette période. Mais dans ce cas la troisième série, composée en grande partie de noms inconnus, qui n'ont pas été puisés dans des sources bibliques, ne comprendrait que treize noms. On explique cette anomalie par une inadvertance de copiste, car l'auteur de la généalogie, en établissant sa triple division, avait évidemment sous les yeux quatorze noms pour chaque série.
-Les uns pensent que l'omission a été faite dans la dernière série.
-Les autres (Calvin) considèrent Jechonias comme le premier de la troisième série et pensent que le nom omis est celui de Jojakim, dans la seconde série. Ce nom se trouve, en effet, dans quelques manuscrits au verset11.
-Une autre particularité de cette généalogie est la mention de quatre femmes : Thamar, Rahab, Ruth, Bath-Scheba. (versets 3-6)
L'intention de l'auteur Peut avoir été de relever le fait que ces femmes ne furent admises que par une dispensation très exceptionnelle à l'honneur d'être comptées parmi les ancêtres du Messie, leur situation naturelle paraissant les en exclure d'une manière absolue. L'économie de la grâce se montre ainsi en germe dans l'ancienne alliance.
-Le but de notre évangéliste, dans cette récapitulation des membres de la généalogie en trois séries de quatorze, est de faire ressortir le plan suivi par Dieu dans la manière dont il a conduit les destinées du peuple élu. Quatorze générations s'étaient succédé depuis Abraham, à qui la promesse avait été faite, jusqu'à David, à qui elle avait été renouvelée, avec cette affirmation que le Messie naîtrait de sa race. Quatorze générations s'étaient succédées depuis la fondation de la royauté théocratique jusqu'à son effondrement, lors de la déportation à Babylone.
Depuis ce grand châtiment, une nouvelle période de quatorze générations venait de se terminer : n'était-on pas en droit d'attendre quelque événement extraordinaire, voire même la venue de celui qui devait restaurer le trône de David ? l'apparition de Jésus à ce moment précis de l'histoire n'était-elle pas, pour l'Israélite croyant, une preuve qu'il était bien le Christ annoncé par les prophètes ?
-Quant aux rapports non moins difficiles de notre généalogie avec celle qu'a conservée Luc, voir les notes sur cette dernière.