Ce verset relate deux circonstances qui ont beaucoup occupé la sagacité des interprètes et donné lieu à diverses suppositions.
D'abord Jésus prend à part le sourd-muet : pourquoi chercher à ce fait si simple d'autres causes que le désir bien naturel de sortir de la foule empressée et bruyante, pour être seul avec le malade, entrer en rapport personnel avec lui et lui laisser une impression d'autant plus profonde de sa guérison ? Toutefois, Jésus resta en vue de la multitude, puisque le vers. 37 nous montre évidemment qu'elle fut témoin du miracle.
L'autre circonstance de ce récit est plus importante. Jésus,(grec) ayant craché, met ses doigts dans les oreilles, avec de la salive, et touche la langue du muet.
L'Evangile présente divers faits analogues. (Marc 8.23 ; Matthieu 8.3 ; Jean 9.6.)
A l'ordinaire Jésus guérissait uniquement par la parole. En agissant autrement, quel peut être son but ?
Les uns pensent qu'il voulait ainsi suppléer à ce qui manquait à la foi du malade ; l'encourager en lui montrant qu'il s'occupait de lui avec intérêt.
D'autres supposent qu'il avait en vue les témoins de la guérison et s'accommodait à leurs idées sur l'efficacité de certains moyens, afin de prévenir en eux la superstition qui pouvait s'attacher au miracle. Rien de pareil n'est indiqué dans le texte. Il faut simplement admettre que Jésus, qui ne faisait rien d'inutile, trouvait ces moyens nécessaires pour accomplir quelques-uns de ses miracles.
C'était là une sorte d'intermédiaire entre lui et le malade.
Seulement il faut remarquer avec Olshausen que, même là où Jésus ne guérit pas uniquement par la parole, il n'emploie jamais des moyens étrangers à sa personne ; en elle résidait exclusivement la puissance divine qui rendait la santé aux malades et même la vie aux morts.