1 à 6 Avant de commencer son récit, l'auteur résume l'état des choses au moment où il va le reprendre à l'égard des nations cananéennes ; voir comme morceau parallèle Josué 13.4-6. Il divise ces peuples en deux groupes, l'un formant un demi-cercle autour d'Israël, versets 3 et 4 ; l'autre habitant en commun avec lui dans la Terre Sainte, versets 5 et 6. Le premier groupe comprend les Philistins au sud-ouest, les Cananéens (Josué 13.4, note) et les Sidoniens dans la plaine maritime au nord-ouest, et les Héviens habitant dans le Liban au nord. Les pays appartenant aux peuples de ce premier groupe étaient bien destinés à être un jour la propriété d'Israël ; mais nous avons déjà indiqué la circonstance qui probablement empêcha la conquête primitive de s'étendre jusqu'à eux : ce fut l'établissement d'une partie considérable du peuple, deux tribus et demie, dans les contrées à l'est du Jourdain. Ainsi diminué, le peuple qui avait passé le Jourdain n'était plus assez nombreux pour occuper ces vastes territoires. Dieu aurait pu sans doute, par un acte de sa puissance, détruire ces nations environnantes. Mais en les laissant subsister, il avait un but que l'auteur indique dans les versets 1 et 2. Les nouvelles générations n'avaient pas pris part à la guerre de conquête ; pour entretenir chez elles l'esprit militaire, si nécessaire à un peuple constamment exposé à des invasions, Dieu se servit de l'hostilité continuelle de ces peuples voisins ; Israël dut, vis-à-vis d'eux, se tenir en état constant de défense. Quant au second groupe, il est composé de peuplades habitant en dedans des limites d'Israël. Le narrateur n'excuse point les Israélites de l'infidélité par laquelle ils les laissèrent subsister ; il montre au contraire que ce fut de cette faute que découlèrent toutes leurs infidélités subséquentes.