L'ange de l'Eternel. Ce terme ne peut désigner que cet envoyé suprême qui était apparu, en dernier lieu, à Josué sous les murs de Jéricho comme le chef des armées de l'Eternel et qui lui avait ouvert le pays de Canaan. Au moment où le peuple se relâche dans la conquête qu'il aurait dû achever, cet ange apparaît comme un juge. Voir sur l'ange de l'Eternel Genèse, l'appendice à la fin du chapitre 21.
Monta de Guilgal à Bokim. Guilgal avait été sous Josué le grand lieu de rassemblement du peuple (Josué 9.6 ; 10.6,7,15,43 ; 14.6) : il le demeura dans les temps qui suivirent, si du moins c'est bien à ce Guilgal et non à celui qui était situé près de Jéricho qu'il faut appliquer ce qui est dit des assises annuelles que Samuel tenait pour le peuple (1Samuel 7.16). C'était l'endroit central d'Ephraïm, comme Ephraïm lui-même était le centre du peuple. Peut-être est-ce là la raison pour laquelle l'ange apparaît en ce lieu et monte visiblement à Bokim, nom qui ne fut donné que plus tard à cet endroit mais qui désigne un lieu situé dans le voisinage de Guilgal et où probablement le peuple était rassemblé pour une fête. Il y a dans les indications géographiques de ce verset quelque chose d'insuffisant qui montre que nous avons affaire à un extrait ou fragment et que l'auteur de notre livre était avant tout préoccupé du côté spirituel du fait rapporté. Sous quelle forme apparut l'ange ? Il n'est pas probable que ce fût sous une forme humaine comme lorsqu'il s'entretenait avec Josué. mais plutôt dans une nuée, comme au désert. Comment sa voix se fit-elle entendre du peuple ? Peut-être par l'intermédiaire du grand sacrificateur qui fut appelé à recevoir cette communication divine.
Je vous ai fait monter. L'ange ne dit pas : Ainsi a dit l'Eternel : Je vous ai fait monter. C'est l'Eternel lui-même qui parle par sa bouche.
Et j'avais dit. Ce n'est pas l'Eternel qui a failli en ne mettant pas sur le champ et complètement le peuple en possession du pays. C'est Israël qui, une fois établi, a manqué aux conditions de l'alliance et a perdu ses droits aux bienfaits qu'elle lui assurait ; comparez Exode 23.32 ; 34.12 et suivants ; Deutéronome 7.2 et suivants ; Josué 23.12.